Partager
poly_mag_printemps_2012
Magazine Poly | 2012-03-01 00:00:00
  • Partager
    Page 1

    PolY entRetien / BeRnaRd lamaRRe, l'héRitage d'une gRande figuRe du génie quéBécois Poste publications n o de convention 41074519. RecheRche / Une révolUtion en marche dans les domaines dU diagnostic et dU traitement médical Pleins feux suR la Relève / le virUs de LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL PRINTEMPS 2012 VOLUME 9 NUMÉRO 2 l'entrepreneUriat repéré dans les laboratoires de génie biomédical

  • Partager
    Page 2

    UN PROGRAMME DE GÉNIE Adhérez au programme financier 1 pour ingénieurs et profitez d'avantages dont vous n'avez même pas idée. Passez nous voir et vous verrez. banquedesingenieurs.ca 1 Le programme financier de la Banque Nationale constitue un avantage offert aux ingénieurs et aux diplômés en génie au Canada qui détiennent une carte Platine MasterCard de la Banque Nationale et qui sont citoyens du Canada ou résidents permanents canadiens. Aucune adhésion à une association professionnelle n'est requise. Une preuve de votre statut professionnel vous sera demandée.

  • Partager
    Page 3

    PolY le magaZine de polYtechniQUe montréal Vol. 9, n° 2 - Printemps 2012 Poly est publié trois fois par an par la Direction des affaires institutionnelles et secrétariat général de Polytechnique. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Tirage 26 000 exemplaires Édition Service des communications et du recrutement Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Valérie Bélisle, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Hélène Bénéteau de Laprairie, Catherine Florès, Lina Forest, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Allan Doyle, Catherine Florès, Sylvie Forgues, Stéphanie Oscarson, Tania Trottier- Pérusse Révision Johanne Raymond Stéphane Batigne Photos Yves Beaulieu (couverture), Denis Bernier, Poly-Photo, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L'Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l'innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d'alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et du recrutement C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca CERT I F IC AT I ON C a m p u s d u r a b l e ARTICLES 6 10 12 16 17 20 24 BULLETIN grand dossier Vers un monde sans fil PRINTEMPS 2012 VOLUME 9 NUMÉRO 2 entretien Bernard Lamarre, l'héritage d'une grande figure du génie québécois sommaiRe Pleins feux sur la relève 12 Le virus de l'entrepreneuriat repéré dans les laboratoires de génie biomédical 14 Les premiers diplômés du baccalauréat en génie aérospatial prennent leur envol 15 Poly-Monde 2012 : à la découverte de l'Afrique du Sud stages Comment accroître la notoriété de votre entreprise auprès des futurs diplômés ? Recherche 17 Dépasser les frontières traditionnelles du monde universitaire pour innover 18 Une révolution en marche dans les domaines du diagnostic et du traitement médical enseignement Nouveau certificat en cybersécurité des réseaux informatiques grande campagne Rencontre avec John Parisella, directeur exécutif de la grande campagne Campus Montréal 22 / Ça bouge à Poly 26 / Association des Diplômés de Polytechnique 30 / Fondation de Polytechnique 35 / Agenda

  • Partager
    Page 4

    FIÈRE PARTENAIRE DE L'ADP, GESTION FÉRIQUE EST HONORÉE QUE DEUX DE SES FONDS FIGURENT AU SOMMET DU CLASSEMENT DES PRESTIGIEUX PRIX LIPPER. FÉRIQUE ACTIONS Meilleur fonds d'actions canadiennes sur 5 ans. FÉRIQUE OBLIGATIONS Meilleur fonds de revenu fi xe canadien sur 1 an. Les Fonds FÉRIQUE: il y a un peu de génie là-dedans. 1-800-291-0337 | www.ferique.com/video Note: Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de gestion et d'autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d'une année à l'autre. Veuillez lire le prospectus avant d'effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur. Les Prix Lipper 2012 sont décernés aux fonds offrant les meilleurs rendements ajustés au risque pour les périodes se terminant le 31 octobre 2011. Bien que Lipper déploie tous les efforts possibles pour s'assurer de l'exactitude et de la fiabilité des données contenues aux présentes, elle ne peut en garantir l'exactitude. Les utilisateurs reconnaissent qu'ils ne se sont pas fiés à toute garantie, condition ou déclaration faite par Lipper. Toute utilisation des données à des fins d'analyse, de gestion ou de négociation d'instruments financiers est au propre risque de l'utilisateur. Il ne s'agit pas d'une offre d'achat ou de vente de titres. Certains fonds peuvent être exclus de la présélection de Lipper Research. Lipper inc. est une société de Thomson Reuters.

  • Partager
    Page 5

    éditoRial M. Bernard Lamarre, un pilier du génie québécois la profession a toujours été une préoccupation pour m. lamarre et elle le demeurera. je me permets donc de le remercier pour son engagement profond à l'égard de notre établissement. Ce numéro coïncide avec la fin du mandat à la présidence de son alma mater d'une grande figure du génie québécois, M. Bernard Lamarre. Sa contribution à Polytechnique est inestimable. Cet homme chevronné, doté d'une générosité et d'une chaleur incomparables, a su paver la voie aux futures générations d'ingénieures et d'ingénieurs. La profession a toujours été une préoccupation pour M. Lamarre et elle le demeurera. Je me permets donc de le remercier pour son engagement profond à l'égard de notre établissement. Au fil des ans, il a partagé avec nous ses compétences, son leadership, sa clairvoyance et sa pertinence. M. Lamarre, ce n'est qu'un au revoir, vous serez toujours le bienvenu en nos murs. L'univers du sans-fil n'a plus de limites quant à ses nombreuses possibilités, et c'est loin d'être fini. Notre rédactrice Catherine Florès a rencontré plusieurs de nos professeurs experts dans le domaine. Un incontournable dossier de fond à lire. Chers diplômés et employeurs potentiels, M. Allan Doyle, directeur du Service des stages et du placement, signe un article en page 16. Il partage avec vous quelques trucs qui vous permettront d'accroître la notoriété de votre entreprise auprès des futurs diplômés. Pour les grandes entreprises, ce volet du recrutement est déjà fort bien organisé. Mais pour plusieurs PME, un plan d'action s'impose. Deux des plus grands défis de l'oncologie sont aujourd'hui la détection précoce des cellules cancéreuses et leur traitement de façon individuelle. À cet égard, le P r Michel Meunier et son équipe mènent de front plusieurs projets de recherche. Pour découvrir un aperçu de leur première mondiale de transfection cellulaire par un scalpel de lumière, lisez l'article en page 18. Depuis le retour de M. John Parisella à Montréal, on le voit sur plusieurs tribunes publiques. On comprend mieux ce qui a motivé l'homme à accepter de prendre la barre de ce qui risque de devenir un des défis les plus emballants au Québec actuellement. Pour en connaître davantage, lisez l'entrevue de M. John Parisella en page 24. Des remerciements à nos annonceurs s'imposent. Par le biais de votre présence publicitaire, vous permettez la diffusion du magazine POLY. Votre apport est précieux. Bonne lecture et bon été ! Chantal Cantin Rédactrice en chef

  • Partager
    Page 6

    gRand dossieR « C'est sans doute un manque d'information qui alimente les peurs. » veRs un monde sans fil PAR CATHERINE FLORèS elles sont dans notre environnement naturel depuis toujours et nous savons les maîtriser depuis près d'un siècle. elles font aujourd'hui tellement partie de notre quotidien que certains redoutent la surexposition. ce sont les ondes électromagnétiques, qui n'ont pas fini d'accompagner notre progrès technologique. inquiétudes et faits scientifiques Au Québec, les ondes se sont trouvées au cœur de la récente polémique sur les compteurs électriques dits « intelligents ». En Europe, des associations militent pour le retrait des antennes de téléphones mobiles. Et depuis quelque temps, une étrange maladie a fait son apparition : l'hypersensibilité électromagnétique, au sujet de laquelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne reconnaît pas de critères diagnostiques clairs, ni de base scientifique permettant 6 PolY / Printemps 2012 / Volume 9 / Numéro 2 de relier les symptômes à une exposition aux ondes. Que savons-nous aujourd'hui des interactions entre les ondes et l'organisme ? Certaines études expérimentales, dont une menée dans les années 80 par les P rs Cevdet Akyel et Renato Bosisio 1 , membres du Centre de recherche en électronique radiofréquence (CRÉER) et du Centre de recherche avancée en micro-ondes et en électronique spatiale (POLY-GRAMES), ont montré des effets des ondes radioélectriques sur des mécanismes cellulaires. Mais ces études n'ont pas démontré que ces perturbations pouvaient causer des maladies chez les humains. Le P r Akyel souligne que la relation entre la pollution électromagnétique et des maladies est très difficile à établir : « De multiples facteurs peuvent causer des symptômes comme les maux de tête, voire des cancers. Comment en attribuer sans équivoque la res- P R Jean-Jacques lauRin, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE ponsabilité aux ondes radiofréquences ? De plus, une étude demanderait un groupe témoin soumis à aucune exposition, ce qui est aujourd'hui difficilement concevable. » Rappelons que sur le spectre des ondes électromagnétiques, ce sont les ondes de fréquences extrêmement élevées (de 300 PHz à 300 EHz), dites ionisantes, qui peuvent casser des liaisons atomiques. Elles sont capables de modifier l'ADN des cellules et de provoquer des cancers. Il s'agit des ultraviolets, des rayons X et gamma. Les ondes radiofréquences, inférieures à 3 000 GHz (télévision, téléphonie mobile, micro-ondes, sans-fil...), n'ont pas démontré cette capacité de faire muter l'ADN. Elles ont cependant un effet thermique sur la matière, qui varie selon la puissance de l'onde, la distance de la source d'émission, la durée d'exposition et la masse de matière qui absorbe l'énergie.

  • Partager
    Page 7

    Quand la source est éloignée, le critère de mesure communément utilisé est la densité de puissance (DP) (quantité de puissance d'un rayonnement qui traverse une surface plane par unité de cette surface). Ainsi, pour les antennes de cellulaires, la DP limite est fixée à 5,3 W/m 2 pour des fréquences de 800 MHz et à 10 W/m 2 pour des fréquences de 1900 et 2100 MHz. Une récente étude de la Direction de la santé publique de Montréal 2 montre que l'exposition aux radiofréquences des antennes cellulaires est 1000 fois inférieure à ces limites. Dans le cas des compteurs « intelligents », la DP est 100 000 fois inférieure à la limite recommandée. L'impact des appareils mobiles sur le corps est, quant à lui, mesuré avec le débit d'absorption spécifique (DAS) (énergie absorbée par unité de temps et de masse). Santé Canada a adopté les recommandations de la Commis- sion internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), en fixant le DAS maximum admissible à 1,6 W/kg pour la tête et le torse, moyenné sur 1 gramme de tissu. « Cette limite d'exposition, ainsi que celle mentionnée ci-dessus sur la densité de puissance, tient compte d'une marge de sécurité importante » signale le P r Jean-Jacques Laurin, également membre de POLY-GRAMES et du CRÉER. « Les ondes électromagnétiques radiofréquences sont intangibles et souvent confondues avec les radiations ionisantes. C'est sans doute un manque d'information qui alimente les peurs », croit le chercheur, qui rappelle que l'OMS mentionne l'absence de corrélation entre l'exposition aux ondes électromagnétiques et l'apparition des symptômes de l'hypersensibilité électromagnétique (HSEM). Il craint que PR cevdet akYel, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE les réactions alarmistes non fondées rapportées récemment par les médias, en marge de l'installation de compteurs électriques intelligents dans le quartier Villeray et en Estrie n'aient pour effet d'augmenter l'incidence d'HSEM. Et de conclure que les ondes des antennes cellulaires n'ont pas démontré plus de dangerosité que celles émises par les stations de télévision et de radio, pourtant beaucoup plus puissantes. L'OMS va dans son sens : « On estime que le Printemps 2012 / Volume 9 / Numéro 2 / PolY 7 >>>

  • Partager
    Page 8

    gRand dossieR vers un monde sans fil corps humain absorberait cinq fois plus de signaux de la radio FM et de la télévision que des antennes cellulaires. Or, aucun effet indésirable sur la santé n'a été constaté au sujet des stations de diffusion de la radio et de la télévision qui fonctionnent, quant à elles, depuis au moins 50 ans. » des antennes ultRaPeRfoRmantes Les craintes envers les technologies sans fil ne sauraient en ralentir le succès. Les appareils offrent l'accès à une gamme de services qui s'élargit sans cesse : Internet, télévision, téléphone, ordinateur..., sans compter l'essor de la nuagique. « On va retrouver des antennes partout, dans les fibres de nos vêtements et dans une quantité d'objets, pour en assurer par exemple la traçabilité. Il y en aura aussi associées à des réseaux de capteurs intelligents, notamment dans les avions, pour transmettre en temps réel et en continu des informations sur la température et la pression atmosphérique à bord », commente le P r Laurin, dont les travaux visent, entre autres, le développement d'antennes plus performantes. « D'ici cinq ans, les quantités de données transmises par les réseaux sans fil devront être multipliées par 18 pour répondre à la demande », rapporte son 8 PolY / Printemps 2012 / Volume 9 / Numéro 2 collègue Jean-François Frigon. Cette boulimie de bande passante entraîne une saturation des réseaux, le spectre des radiofréquences n'étant pas extensible. Une des solutions passe par l'installation de systèmes à antennes multiples sur des appareils émetteurs ou récepteurs. Ces systèmes, dits MIMO (Multiple-Input Multiple-Output), permettent des transferts de données à plus longue portée et à plus grande vitesse. « Le défi, explique le P r Frigon, est de parvenir à augmen- PR Jean-Jacques lauRin, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE ter et à mieux contrôler les débits sans augmenter la puissance et le spectre électromagnétique utilisé. On a besoin de développer des algorithmes fiables de décision globale. » Pour augmenter la performance des systèmes MIMO multiusagers qu'elle développe, l'équipe du P r Frigon collabore avec celle de la Chaire de recherche du Canada sur les futurs métamatériaux radiofréquences, intelligents, dirigée par le P r Christophe Caloz. « Nous intégrons à ces systèmes des antennes reconfigurables directionnelles. Notamment, celle développée par l'équipe du P r Caloz, qui permet de contrôler de façon dynamique l'orientation du faisceau d'ondes. On améliore ainsi l'efficacité des transmissions tout en contribuant à diminuer la pollution électromagnétique », rapporte le P r Frigon. Ces travaux conjoints ont donné naissance à un projet de valorisation avec Univalor et à l'appui du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Une autre voie pour augmenter la capacité de transfert des données sans fil est l'utilisation des espaces blancs, ces bandes d'ondes hertziennes laissées momentanément vacantes dans certaines zones par les télédiffuseurs ou radiodiffuseurs. On parle ici de radio cognitive, autre axe de recherche de l'équipe du P r Frigon. « Le but est de développer des solutions suffisamment agiles et intelligentes pour identifier les besoins des utilisateurs, détecter des fréquences laissées libres et en disposer sans perturber les communications des diffuseurs qui en détiennent les licences. » l'aPPaReil sans fil de demain : un couteau suisse numéRique « Le mot téléphone ne convient plus, il va falloir trouver un autre vocable plus représentatif de l'intégration très prochaine d'une foule de services sur une même plate-forme mobile, dont la télé HD, la 3D et la réalité augmentée grâce à des lunettes connectées sans fil », affirme le P r Ke Wu, directeur de POLY-GRAMES et du CRÉER, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en ingénierie des radiofréquences et

  • Partager
    Page 9

    « D'ici cinq ans, les quantités de données transmises par les réseaux sans fil devront être multipliées par 18 pour répondre à la demande. » des ondes millimétriques. Ke Wu estime que, dans un avenir assez proche, on sera capable d'utiliser des bandes de fréquences bien plus nombreuses pour le fonctionnement des appareils mobiles. Il s'intéresse en particulier aux rayonnements térahertz (THz), une plage de fréquences s'étendant entre 100 GHz et 30 THz, située entre les micro-ondes et l'infrarouge. Peu énergétiques et non ionisants, les rayonnements térahertz ont cependant un fort pouvoir pénétrant, au point de traverser de nombreux matériaux opaques et non conducteurs, dont la peau et les vêtements. « Les térahertz étendent le spectre du visible à la radiofréquence. De plus, ils permettent de multiplier par au moins 1000 la quantité d'informations aujourd'hui transportées par les gigahertz. Leur utilisation va révolutionner les technologies de la communication, de l'imagerie et de la détection. À côté, les technologies 4G paraissent archaïques ! », s'enthousiasme le P r Wu. La technologie térahertz donnera naissance à des applications qui vont transformer nos façons de vivre. La télémédecine devrait, par exemple, connaître un bond énorme. « On va pouvoir intégrer des détecteurs biochimiques sur P R Jean-fRanÇois fRigon, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE des appareils mobiles, qui seront aussi capables de prendre des images médicales. Ces appareils communiqueront instantanément à des médecins, où que ce soit dans le monde, ces informations sur le patient, leur permettant de valider un diagnostic à distance. Voilà qui devrait contribuer à réduire les files d'attente dans les hôpitaux ! De plus, des médecins pourront apporter une assistance virtuelle lors d'opérations chirurgicales », déclare le chercheur. Dans les laboratoires de ce chercheur PR Jean-fRanÇois fRigon, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE PR ke Wu, DÉPARTEMENT DE GÉNIE ÉLECTRIQUE visionnaire sont développées des fonctions encore jamais vues. Parmi ces projets, un radar miniature, intégrable à un appareil mobile, qui sera capable de détecter la présence d'une personne grâce à ses battements de cœur. Un outil très utile pour des équipes de secours. Ke Wu s'intéresse aussi à l'aspect énergétique de la transmission par les ondes. « Le sans-fil transmet des données, mais on oublie qu'il transmet aussi de l'énergie. Actuellement, on n'utilise pas celleci, qui se perd dans l'environnement. Je recherche des solutions pour récupérer cette énergie ambiante et la convertir en énergie utilisable à grande efficacité. Nous pourrons alors nous passer de batteries pour une multitude d'appareils, résolvant du même coup les problèmes d'autonomie de ces appareils et celui du recyclage des batteries. » Le chercheur annonce que dans un horizon de 20 ans, cette plus grande maîtrise des ondes va nous faire vivre une révolution technologique « aussi importante que l'a été la découverte des antibiotiques pour la médecine ». / 1 / Model for the growth of bacteria under electromagnetic radiation. C. Akyel, R. Bosisio, 1981. 2 / Radiofréquences émises par certaines antennes cellulaires dans l'arrondissement d'Outremont : évaluation de l'exposition et effets sur la santé, 2010. « ... une révolution technologique, aussi importante que l'a été la découverte des antibiotiques pour la médecine » P R ke Wu Printemps 2012 / Volume 9 / Numéro 2 / PolY 9 >>>

  • Partager
    Page 10

    entRevue l'héRitage d'une gRande figuRe du génie quéBécois PAR CATHERINE FLORèS Bernard Lamarre, Po 52, achève cette année son mandat de président du Conseil d'administration de Polytechnique Montréal, fonction qu'il occupe depuis 2002. C'est l'occasion pour cette grande figure du génie québécois de partager son regard sur les nouvelles générations d'ingénieurs. avez-vous l'imPRession que le génie quéBécois vit actuellement une PéRiode assez moRne, comPaRée à l'effeRvescence des années 60 ? Les années 60-70 furent une époque spectaculaire et enthousiasmante, qu'on pense à l'inauguration du métro, Expo 67 ou la construction du stade pour les Jeux olympiques de Montréal. Difficile de rivaliser avec de tels projets ! Cependant, il se crée de bons projets aujourd'hui, mais ils reçoivent moins d'attention médiatique. Pourtant, ils ont aussi un impact important sur les communautés concernées. Pour prendre un exemple proche de nous : les pavillons Lassonde. Leur certification Leed « or » en fait un emblème du leadership universitaire québécois en matière de développement durable et il est clair qu'elle renforce le pouvoir d'attraction de Polytechnique auprès des étudiants. 10 PolY / Printemps 2012 / Volume 9 / Numéro 2 De plus, il faut tenir compte de l'évolution du contexte. Dans les années 60, les ingénieurs avaient des mandats extraordinaires au Québec, mais rien hors des frontières. La crise financière à la fin des années 80 a changé la donne. C'est à l'international que se développent dorénavant les grands projets. La compétence des ingénieurs québécois, et notamment celle des diplômés de Polytechnique, s'y est rapidement fait reconnaître. Aujourd'hui, nos ingénieurs sont appelés sur de grands projets en Asie, en Afrique ou en Amérique latine. C'est un fait qui est encore peu reconnu. quelles difféRences notezvous entRe les ingénieuRs de votRe généRation et ceux de la nouvelle ? La principale différence est la liberté d'aller travailler où bon leur semble. D'une part, parce qu'aujourd'hui avoir une famille n'est plus un gros obstacle pour partir réaliser des projets à l'étranger. D'autre part, les jeunes s'adaptent très facilement à un environnement international, car ils baignent dans un milieu interculturel depuis l'enfance. Autre différence de taille : l'arrivée d'un plus grand nombre de femmes dans la profession. C'est intéressant, car je trouve qu'elles ont un plus grand souci d'allier les aspects pratiques et esthétiques, et qu'elles sont très sensibles à l'environnement. J'aimerais que dans les années à venir, elles soient encore plus nombreuses à embrasser la profession. Qui sait, elles pourraient amener une petite révolution dans le domaine du génie ! Puisque vous mentionnez l'esthétisme, diRiez-vous que votRe amouR de l'aRt, PouR lequel vous êtes connu, a influencé votRe manièRe de considéReR le génie ? Je dirais que cela m'a encore plus sensibilisé à la qualité des projets. Jusqu'aux années 60, l'art abstrait était décrié en dehors des sphères artistiques. Avec le temps, on a fini par apprécier ces propositions nouvelles. On doit penser un peu de la même façon avec les projets d'ingénierie sortir des sentiers battus, prendre le parti de l'audace, même si cela coûte plus cher à réaliser, ne pas avoir une vision purement comptable. Dotée de beaux ouvrages durables car de qualité, la société y gagne à long terme. Je regrette d'ailleurs qu'en génie civil, la politique du plus bas prix l'emporte

© École Polytechnique de Montréal
Bottin | Plan du site | Recherche | Conditions

Un moment SVP