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MagPolyHiver2014
Magazine Poly | 2014-03-17 14:19:07
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL HIVER 2014 VOLUME 11 NUMÉRO 1 RECHERCHE / COMPOSITES 3D DANS LES MOTEURS D’AVION Grand Dossier / RÉHABILITATION DES OUVRAGES DE GÉNIE CIVIL : PLACE À L’INNOVATION Enseignement / POLYTECHNIQUE INNOVE AVEC DE NOUVEAUX MICROPROGRAMMES Poste publications no de convention 41074519.

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    TCPP TDCR TEDA THT CONNAISSEZ-VOUS LES TROUBLES DE COMPORTEMENT DE L’ÉPARGNANT ? ET SI VOUS ÉTIEZ ATTEINT ? Un article à ne pas manquer dans la dernière édition de l’InfoFÉRIQUE. Pour tout savoir sur : ■ le trouble déficitaire des cotisations de retraite (TDCR) ■ le trouble de concentration du portefeuille de placements (TCPP) ■ les troubles envahissants de diversification des actifs (TEDA) ■ le trouble d’hyperactivité transactionnelle (THT) Disponible en téléchargement au : www.ferique.com/materieleducatif Les Fonds FÉRIQUE: il y a un peu de génie là-dedans. www.ferique.com Note : un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur. Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Services d’investissement FÉRIQUE, à titre de Placeur principal.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Vol 11, n° 1 - Hiver 2014 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Valérie Bélisle, Chantal Cantin,
 Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Stéphanie Oscarson Révision Johanne Raymond Stéphane Batigne Photos Yves Beaulieu (couverture), Denis Bernier, Ferland Photographie, Moviemento, Poly-Photo, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 12 13 16 18 20 22 26 28 BULLETIN HIVER 2014 VOLUME 11 NUMÉRO 1 Sommaire Grand dossier Réhabilitation des ouvrages de génie civil : place à l’innovation Vue d’ailleurs Performer sous le soleil de la Californie Recherche 13 Nous entreprenons pour le maintien de nos infrastructures de recherche 14 Composites 3D dans les moteurs d’avion ENSEIGNEMENT Polytechnique innove avec de nouveaux microprogrammes Carrefour Perfectionnement Déjouer les cyberescrocs et renforcer la sécurité de vos réseaux informatiques grâce à des certificats uniques au Québec TRACEZ VOTRE AVENIR Campus Montréal 20 Une campagne hors des sentiers battus 21 Les projets porteurs d’avenir de Pierre Dufour Stages et placement Que pensent les employeurs de nos stagiaires? Pleins feux sur la relève Les étudiants de Polytechnique rêvent de l’espace Entrepreneuriat De l’invention à l’entreprise : deux chercheurs lancés dans l’aventure de l’entrepreneuriat 24 / Ça bouge à Poly 30 / Association des Diplômés de Polytechnique 33 / Fondation de Polytechnique 35 / Agenda CERT I F IC AT I ON C a m p u s r d u e l a b

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    Des solutions ingénieuses pour vous satisfaire — Votre profession vous demande de vous investir à 200 % et vous ne pouvez pas être partout à la fois. C’est pourquoi nous vous proposons un programme financier complet qui correspond à vos besoins ! Le programme financier pour les ingénieurs et diplômés en génie 1 est un avantage conféré aux détenteurs de la carte de crédit Platine MasterCard MD, 2 de la Banque Nationale associée au programme. Les taux d’intérêt annuels réguliers de la carte Platine MasterCard sont actuellement de 19,99 % (achats) et de 21,99 % (transferts de soldes et avances de fonds). Ce programme vous est offert pour seulement 125 $ 3 par année et comprend : les services d’un conseiller attitré; un compte bancaire 4 en $ CA ou en $ US incluant un nombre illimité de transactions sur certains services automatisés; la marge Manœuvre Personnelle MD1, 5 , votre source de financement offerte à taux avantageux et incluant un nombre illimité de transactions sur certains services automatisés; le Tout-En-Un MD2, 5 , une solution vous permettant d’accéder à du financement hypothécaire, d’effectuer vos transactions bancaires et de gérer vos épargnes; deux comptes commerciaux 6 : un compte courant et un compte épargne, avec tarification réduite sur certaines transactions; et bien d’autres avantages pour vos besoins personnels ou commerciaux ! Pour adhérer, rencontrez vite un conseiller ! — l Trouvez la liste de nos succursales au bnc.ca/trouvez-nous. 514 394-5555 1 888 TelNat-1 (1 888 835-6281) banquedesingenieurs.ca 1 Le programme financier de la Banque Nationale constitue un avantage offert aux ingénieurs et aux diplômés en génie au Canada qui détiennent une carte Platine MasterCard de la Banque Nationale et qui sont citoyens du Canada ou résidents permanents canadiens. Aucune adhésion à une association professionnelle n’est requise. Une preuve de votre statut professionnel vous sera demandée. 2 Carte octroyée sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. Délai de grâce : aucun intérêt n’est imputé sur les achats effectués pendant le mois si le détenteur acquitte le montant intégral de son compte dans les vingt et un (21) jours suivant la date du relevé de compte. Ce délai de grâce ne s’applique pas aux avances de fonds et aux transferts de solde. Paiement minimum : le paiement minimum devant être effectué à la Banque pour chaque période correspond à 3 % du solde du compte, plus tout montant en souffrance, ou à 10 $, soit le montant le plus élevé des deux (sauf si le solde du compte est inférieur à 10 $, auquel cas c’est ce solde qui doit être payé). En cas de dépassement de la limite de crédit, le paiement minimum exigible sera de 3 % du solde du compte ou le montant dépassant la limite de crédit, soit le plus élevé des deux montants. Relevé de compte : un relevé de compte est envoyé mensuellement. Exemple de frais de crédit calculés sur une période de trente (30) jours en date du 1 er juin 2013 : SOLDE MOYEN Taux d’intérêt annuel 500 $ 3 000 $ 19,99 % (taux régulier pour les achats) 8,22 $ 49,29 $ 21,99 % (taux régulier pour les transferts de solde et avances de fonds) 9,04 $ 54,22 $ 3 Les frais annuels du programme seront facturés et inscrits sur le relevé mensuel de la carte de crédit Platine MasterCard associée au programme. 4 Compte bancaire avec privilège de chèques. 5 Financement octroyé sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. 6 L’accès aux avantages liés aux solutions commerciales ne nécessite pas l’adhésion à la carte de crédit Platine associée au programme. MD MasterCard est une marque déposée de MasterCard International inc. Usager autorisé : Banque Nationale du Canada. Marque déposée d’Interac inc. Tout-En-Un Banque Nationale est une marque déposée de la Banque Nationale du Canada. MD1 MD2 Le présent document est offert par la Banque Nationale et les entités de son groupe à titre informatif seulement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale et les entités de son groupe, et le contenu des programmes et des conditions qui y sont décrits est sujet à changement. © 2013 Banque Nationale. Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale.

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    Éditorial DES INNOVATEURS CENTRÉS SUR LES SOLUTIONS D’AVENIR En avril 2013, le ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, M. Stéphane Bédard, a dévoilé le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2013-2023. Le PQI a été développé notamment dans le but, fort louable, de freiner l’érosion de dépassements de coûts substantiels dans certains projets d’infrastructures d’envergure. La collectivité peut compter sur l’expertise et l’innovation dont font preuve nos chercheurs à Polytechnique en matière de réhabilitation des ouvrages de génie civil. Ils travaillent sur diverses solutions plus efficaces, rapides, économiques et durables. Que ce soit en matière de réhabilitation des infrastructures, de béton, de renforcement sismique, de l’apport de la modélisation, de la simulation hybride, de la performance des réseaux pour l’eau potable, découvrez en page 6 nos innovateurs. L’aérospatiale est un secteur stratégique pour Montréal, le Québec et le Canada, permettant à plusieurs de nos entreprises actives dans ce domaine une reconnaissance sur l’échiquier mondial. Les industries de l’aérospatiale et de l’espace du Canada représentent plus de 170 000 emplois et injectent plus de 27 milliards de dollars annuellement dans l’économie canadienne. En décembre dernier, Polytechnique Montréal, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et Safran ont inauguré la Chaire industrielle CRSNG-Safran sur les nouveaux matériaux composites 3D pour l’industrie aérospatiale, comme vous pourrez le lire à la page 14. Avec l’octroi de cette chaire, qui bénéficiera d’investissements totalisant plus de 2,4 M$, Polytechnique Montréal, grâce aux talents du P r Edu Ruiz et de son équipe, devient l’un des premiers établissements universitaires au monde à mettre en œuvre un laboratoire de composites 3D de grandes dimensions pour l’industrie aérospatiale. Soulignons que la Chaire bénéficie également de l’infrastructure de recherche octroyée ces dernières années par la Fondation canadienne pour l’innovation, le Gouvernement du Québec et d’autres partenaires. Ces équipements de pointe représentent un investissement total de 5,4 M$. Le lancement du volet communautaire de la grande campagne de financement de Campus Montréal, avec un objectif de 500 M$, s’est déroulé le 10 mars dernier. Nous vous invitons à participer en grand nombre en faisant un don. Pour plus de détails : campus-montreal.ca Enfin, vous êtes de plus en plus nombreux à lire les publications sur vos appareils mobiles. Sachez que l’application mobile gratuite du magazine Poly, pour Ipad et Iphone ainsi que pour Android est maintenant disponible. Vous pouvez la télécharger sur iTunes Store et sur Google Play. À tous nos partenaires, merci pour votre contribution. Bonne lecture ! Chantal Cantin Rédactrice en chef HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1 / POLY 5

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    GRAND DOSSIER RÉHABILITATION DES OUVRAGES DE GÉNIE CIVIL : PLACE À L’INNOVATION Par Catherine Florès La réhabilitation et l’entretien des ouvrages de génie civil représentent un enjeu majeur pour les ingénieurs, que ce soit sur les plans technique, économique ou environnemental. Ils font aussi l’objet de l’attention de nombre de chercheurs, notamment ceux du Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique (CGM). Le béton, un matériau sans cesse réinventé Qui pense ouvrages de génie civil pense béton. Matériau phare des projets d’infrastructures, il est soumis à rude épreuve par le climat québécois, ce qui explique sa détérioration sur de nombreuses structures. « Nos conditions climatiques imposent de nombreux cycles de gel-dégel ainsi que des intempéries dommageables pour les structures. L’eau s’infiltre dans la microstructure du béton et peut provoquer la création de fissures lors des phases de gel. De plus, la présence de chlorures dans les sels fondants employés pour améliorer la sécurité sur les routes peut amorcer la corrosion des armatures», explique le P r Jean-Philippe Charron, spécialiste en technologie du béton et des structures en béton et responsable du Groupe de recherche en génie des structures (GRS). « Pour nous, chercheurs, les principaux enjeux des infrastructures de béton dans le contexte québécois sont l’augmentation de leur durabilité, la rapidité et la qualité de leur construction ou de leur réparation, ainsi que leur impact environnemental. » Utilisé depuis l’Antiquité, le béton n’a eu de cesse d’évoluer au fil des époques. Depuis une quinzaine d’années, une vague d’innovations a permis de produire des bétons aux qualités distinctes, tels que les bétons fibrés à haute et ultra-haute performance, beaucoup plus résistants et durables que le béton conventionnel, les bétons autoplaçants, qui requièrent moins de main-d’œuvre, les bétons à empreinte carbone réduite, etc. 6 POLY / HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1

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    L’équipe du P r Jean-Philippe Charron mène ses travaux sur le développement de bétons fibrés à haute et à ultra-haute performance ainsi que sur la conception d’éléments structuraux réalisés avec ces types de béton, tels les dalles et les parapets de ponts. « Nous avons la chance à Polytechnique de disposer du plus grand laboratoire de structures au Canada, qui nous permet d’étudier expérimentalement le comportement d’éléments structuraux à échelle réelle soumis à des chargements de service et des chargements extrêmes. Avec mon équipe, je réalise par exemple des essais sur des dalles en béton fibré à haute et ultra-haute performance, que je compare aux résultats obtenus dans les mêmes conditions avec des dalles en béton armé conventionnel. Idem avec des sections de parapets », explique-t-il. Ses recherches montrent que le remplacement du béton armé conventionnel par des bétons fibrés à haute et ultra-haute performance permet d’augmenter la durabilité des éléments structuraux respectivement de 30 à 40 % et de 50 à 100 %. Ces bétons permettent en outre de restreindre la quantité d’armatures dans un ouvrage et d’amincir les sections des éléments structuraux. « Ces matériaux sont plus coûteux que le béton conventionnel, mais les coûts d’entretien et de maintenance seront réduits et la durée de vie d’un ouvrage dépassera 75 à 100 ans plutôt que 50 à 60 ans. L’investissement à long terme est donc réduit, en particulier pour un ouvrage très exposé comme un pont. » L’usage de nouveaux bétons entraîne des changements dans la production des structures. On se tourne, par exemple, vers la préfabrication en usine d’éléments structuraux, pour une meilleure qualité de construction. On y gagne aussi du temps en chantier, d’où un impact moindre sur le trafic routier. L’utilisation massive de ces bétons innovateurs est-elle imminente ? « Certaines applications sont déjà faites en Europe et en Amérique du Nord et nous travaillons sur des projets pilotes ici même à Montréal », répond M. Charron. Une limitation actuelle P r Jean-Philippe Charron (à droite) et son étudiant Frédéric Lachance. >>> HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1 / POLY 7

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    GRAND DOSSIER RÉHABILITATION DES OUVRAGES DE GÉNIE CIVIL : PLACE À L’INNOVATION de leur utilisation est l’adaptation requise de certaines normes de construction à la réalité de ces bétons. Les travaux scientifiques présentement réalisés vont contribuer à faire évoluer les normes. « De plus, les gestionnaires d’ouvrages ont un grand rôle à jouer pour inciter les firmes de génie à utiliser ces matériaux dans leur conception. Les gestionnaires sont de plus en plus sensibilisés à l’importance de considérer les coûts d’ensemble d’une structure et ils travaillent souvent en partenariat avec les chercheurs universitaires sur des projets pilotes », estime le chercheur qui pense aussi que la formation continue nouvellement exigée par l’OIQ va pousser les ingénieurs à se familiariser encore plus avec les avancées scientifiques dans leur domaine. rapide et d’une durabilité relative. Un procédé innovateur de renforcement sismique développé par l’équipe du P r Massicotte, à l’aide du béton fibré ultra-performant développé par le P r Charron, présente une solution beaucoup plus efficace, rapide, économique et durable. « Il s’agit de souder entre elles des barres d’armatures grâce au béton fibré à ultra-haute performance », explique M. Massicotte. « On retire le béton existant autour des barres d’armatures, sur une épaisseur équivalente au diamètre d’une barre. On insère le béton fibré dans l’espace créé. Comme c’est un béton autonivelant facile à mettre en place, l’opération ne nécessite pas de main-d’œuvre spécialisée. » Les essais de charges au Laboratoire de L’apport de la modélisation La plupart des structures vieillissantes au Québec ont été conçues selon d’anciennes normes, avec peu ou pas de règles parasismiques. D’où la nécessité actuelle de réévaluer leur comportement sismique. Mais l’évaluation des structures complexes se bute à des difficultés de calculs et à des incertitudes, d’où le besoin d’outils de prédiction plus efficaces. « Les méthodes de calcul des anciennes normes n’étaient pas toujours basées sur un lien démontré avec le comportement sismique réel d’une structure. À l’heure de la réhabilitation des structures, la préoccupation concernant les séismes est plus grande. On cherche à prédire le comportement sismique de façon Essais sur dalles en béton menés au laboratoire de structures. Procédé innovateur de renforcement sismique Les ponts du Québec ont décidément la vie dure. Outre les intempéries et les sels fondants, ils ont à craindre des événements sismiques. « La vallée du Saint-Laurent est une zone sismique très active. Comme 75 % des ponts ont été construits avant l’adoption des normes sismiques modernes, ils sont vulnérables », indique le P r Bruno Massicotte, spécialiste de la conception, de la modélisation et de l’évaluation des ponts. Les piles de ponts sont des éléments particulièrement exposés en cas de séisme. Étant renforcées de barres d’armatures longitudinales et transversales, c’est à la jonction entre deux barres qu’elles présentent leur zone la plus vulnérable. Traditionnellement, on renforce une pile en la gainant avec une épaisse couche de béton, une opération assez coûteuse, peu structures ont montré que lorsqu’on atteint la rupture, ce sont les barres d’acier qui cassent et non le béton fibré. L’équipe du P r Massicotte, qui collabore à des projets du ministère des Transports du Québec, devrait prochainement voir son procédé mis en application. Toutes les structures vieillissantes au Québec pourraient bénéficier de cette technologie, notamment les gros échangeurs autour de Montréal qui arrivent en fin de cycle. Ils y gagneraient une nouvelle durée de vie supérieure à vingt ans, avec une diminution des coûts d’entretien. rationnelle et précise et à optimiser les interventions pour les rendre plus performantes, tout en réduisant la marge d’incertitude dans les calculs afin d’éviter les coûts inutiles », mentionne le P r Najib Bouaanani, chercheur en génie parasismique et spécialiste en modélisation numérique et expérimentale du comportement des structures du GRS. Son équipe développe des techniques de modélisation numérique avancées, plus performantes et plus raffinées, ainsi que des méthodes simplifiées permettant de mieux comprendre l’évolution des structures et des 8 POLY / HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1

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    matériaux en considérant différentes variables : effets sismiques et thermiques, dégradations des matériaux, etc. À l’avant-garde de la simulation hybride Grâce aux équipements exceptionnels de son Laboratoire de structures, le GRS est devenu un des principaux leaders en matière de simulation hybride. « Cette nouvelle technique associe simultanément les données issues de l’expérimentation d’une composante structurale au laboratoire et celles fournies par le modèle numérique de l’ensemble de la structure. Elle constitue une solution efficace pour évaluer expérimentalement le comportement sismique des spécimens de grande échelle », souligne le P r Bouaanani. « En raison de l’effet germicide des rayons UV de longueurs d’onde comprises entre 250 et 260 nm, les systèmes UV sont reconnus comme une solution efficace et économique pour inactiver la majorité des microorganismes dans l’eau destinée à la consommation », rapporte le P r Benoît Barbeau, Essais sur dalles et parapets de pont menés au laboratoire de structures. « Les méthodes développées de calcul par éléments finis permettent de tenir compte davantage de la complexité des phénomènes en jeu lors d’un séisme. Par exemple, dans le cas d’un barrage, la pression exercée par la vibration de l’eau ou encore l’absorption d’une partie des ondes par la couche de sédimentation au fond du réservoir sont des variables qui étaient négligées dans les anciennes méthodes de calcul et que nos méthodes peuvent maintenant intégrer », détaille le chercheur, qui souligne que les méthodes proposées sont compatibles avec les outils utilisés couramment par les ingénieurs praticiens. Les recherches du P r Bouaanani couvrent également la caractérisation des sollicitations sismiques sur les structures. Il voit cette contribution comme un pont entre les sismologues, avec qui il collabore pour mieux cerner les données sismiques applicables aux structures, et les ingénieurs qui utilisent ces données pour évaluer le comportement sismique. Selon lui, la communication entre les deux disciplines est primordiale dans le développement des nouvelles normes parasismiques. Récemment, une équipe du GRS a réalisé la première simulation hybride au Canada pour déterminer le comportement d’un pont doté d’isolateurs sismiques en cas de tremblement de terre. Le projet, dirigé par les P rs Najib Bouaanani et Robert Tremblay, a consisté à solliciter physiquement des isolateurs du pont avec des vérins dynamiques de haute performance du Laboratoire de structures et à utiliser simultanément (en temps réel) les données recueillies dans la modélisation numérique du reste des éléments du pont. Eau potable : UV, filtres membranaires et suivi de la performance des réseaux Le domaine du traitement de l’eau potable a lui aussi été récemment transformé par des percées technologiques. Deux procédés ont gagné les faveurs des ingénieurs pour la modernisation des usines de traitement : les systèmes UV et les filtres membranaires. directeur du Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés de traitement des eaux (CREDEAU). Depuis une dizaine d’années, le procédé connaît un engouement majeur en Amérique du Nord. Dans la région de Montréal par exemple, les usines de traitement des eaux Atwater, Charles-J.-Des Baillets et Pierrefonds s’équipent avec ce type de systèmes, de même que les municipalités de Terrebonne et de Saint-Eustache. L’émergence de la filtration membranaire a été observée durant les années 90. « Ce sont des ultrafiltres qui ont des pores de l’ordre de 10 à 25 nm, soit une taille inférieure aux virus, bactéries et parasites », précise le P r Barbeau. « Leur efficacité est supérieure à celle des filtres traditionnels au sable et à l’anthracite. Leur usage se répand largement en Amérique du Nord. » HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1 / POLY 9

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    GRAND DOSSIER RÉHABILITATION DES OUVRAGES DE GÉNIE CIVIL : PLACE À L’INNOVATION Sur le plan de la performance des réseaux de distribution d’eau potable, le P r Barbeau note que par rapport à d’autres secteurs, l’industrie de l’eau accuse un certain retard en ce qui concerne l’informatisation de ses opérations de contrôle et de surveillance. « Cependant, souligne-t-il, une évolution s’opère : Septembre 2001 a donné lieu aux États-Unis à une prise de conscience de la vulnérabilité des infrastructures, et en particulier de celles de l’eau. Le développement de meilleurs outils de contrôle de la qualité de l’eau, tels que des capteurs et des systèmes informatisés d’optimisation de la gestion des réseaux, s’en est trouvé accéléré. Le Québec s’engage dans cette tendance. Depuis 2012, un nouveau règlement sur la qualité de l’eau potable exige, par exemple, que les municipalités de plus Former les ingénieurs à tenir compte du contexte « La construction et le maintien des infrastructures sont deux des principaux défis des ingénieurs civils. Aujourd’hui comme hier, les ingénieurs ont à défendre auprès des décideurs le principe que la majeure partie de l’investissement dans un ouvrage doit être affectée à sa maintenance », affirme la P re Louise P re Louise Millette, directrice du Département des génies civil, géologique et des mines. « Aujourd’hui comme hier, les ingénieurs ont à défendre auprès des décideurs le principe que la majeure partie de l’investissement dans un ouvrage doit être affectée à sa maintenance. » P re Louise Millette de 20 000 habitants s’équipent d’un logiciel d’évaluation en continu de la performance de la désinfection. » L’introduction de ces nouvelles technologies n’est pas sans défis. La vétusté des installations de certaines villes rend complexe l’intégration des outils informatisés de suivi sur les réseaux. En outre, le processus de prise de décision quant au choix d’une technologie est de plus en plus ardu, remarque Benoît Barbeau. « Bien sûr, il y a les coûts, qui dépassent ceux du simple remplacement des équipements existants. Mais aux critères technicoéconomiques traditionnels s’en sont ajoutés de nouveaux, liés aux enjeux de développement durable et de changements climatiques. Les décideurs ont besoin de nouvelles méthodologies pour intégrer tous ces nouveaux éléments de décision. Les universités et les ingénieurs ont ici un rôle essentiel à jouer, en sensibilisant les décideurs à l’intérêt des nouvelles technologies et en développant des outils pour la prise de décision. Ils doivent aussi aider les municipalités à utiliser efficacement les immenses masses de données générées par l’instrumentation des infrastructures de traitement et des réseaux de distribution. » Millette, directrice du Département CGM, qui considère que le mauvais état actuel d’un certain nombre d’infrastructures vient d’une maintenance insuffisante au cours des décennies. Un autre grand défi pour les ingénieurs civils réside, selon elle, dans l’évolution du contexte d’utilisation des ouvrages. « Nous avons hérité une grande partie de nos infrastructures civiles de l’essor économique du Québec durant les années 50-60. Depuis, les territoires où ces infrastructures sont installées se sont densément peuplés. Que ce soit pour construire de nouveaux ouvrages ou pour réparer des ouvrages existants, les interventions sont aujourd’hui complexes à mettre en œuvre, car on ne peut bloquer tout le trafic routier pendant les travaux », constate-t-elle. Rappelons qu’aujourd’hui environ 30 % du budget d’une construction routière ou d’un pont est relié à la mitigation et à la gestion de la circulation entravée. M me Millette souligne que la formation donnée aux futurs ingénieurs dans son département insiste sur le fait qu’intervenir sur des infrastructures demande de tenir compte du bâti existant. « Nos étudiants prennent conscience qu’un projet de réhabilitation ou de construction d’ouvrage doit toujours être 10 POLY / HIVER 2014 / Volume 11 / Numéro 1

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