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MagPolyJuin2017
Magazine Poly | 2017-06-08 11:30:35
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL JUIN 2017 VOLUME 14 NUMÉRO 2 GRAND DOSSIER / AU CŒUR DU LABORATOIRE VIVANT DE L’INSTITUT TRANSMEDTECH FIN DE MISSION POUR CHRISTOPHE GUY À LA TÊTE DE POLYTECHNIQUE : UN BILAN GRAND DOSSIER / DU GÉNIE DANS NOS POUBELLES Poste publications no de convention 41074519. Ekat Kritikou, Directrice-adjointe aux affaires scientifiques et universitaires, Centre LES P RS de recherche du CHU Sainte-Justine NADIA LAHRICHI ET P ANDREA r Carl-Éric Aubin, directeur exécutif et LODI, DEUX SPÉCIALISTES scientifique de l’Institut TransMedTech DU BIG DATA Neila Kaou, associée de recherche, Polytechnique Montréal

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    FAITES UN PAS DE PLUS VERS VOTRE INDÉPENDANCE FINANCIÈRE CONSEILS OBJECTIFS ET ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISÉ À CHAQUE ÉTAPE DE VOTRE VIE SOLUTIONS DE PLACEMENT CONÇUES POUR UNE DIVERSIFICATION OPTIMALE DE VOTRE PORTEFEUILLE PLATEFORME DE SERVICES COMPLÈTE, FLEXIBLE ET ACCESSIBLE À DES FRAIS PARMI LES PLUS BAS DE L’INDUSTRIE* La différence FÉRIQUE | Moins de frais. Plus de conseils. ferique.com * Selon Fundata. FÉRIQUE est une marque enregistrée de Gestion FÉRIQUE et est utilisée sous licence par sa filiale, Services d’investissement FÉRIQUE. Gestion FÉRIQUE est un gestionnaire de fonds d’investissement et assume la gestion des Fonds FÉRIQUE. Services d’investissement FÉRIQUE est un courtier en épargne collective et un cabinet de planification financière, ainsi que le placeur principal des Fonds FÉRIQUE. Veuillez noter qu’à des fins commerciales, Services d’investissement FÉRIQUE est aussi identifié en langue anglaise sous le nom de FÉRIQUE Investment Services. Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de courtage, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL JUIN 2017 VOLUME 14 NUMÉRO 2 SOMMAIRE Vol 14, n° 2 - JUIN 2017 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin,
Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Patrice- Guy Martin, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Sophie Beauregard, Catherine Florès, Stéphanie Oscarson Révision Stéphane Batigne, Chantal Lemieux, Johanne Raymond Photos Caroline Perron (couverture), Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche de l’innovation et des affaires internationales de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 10 16 22 23 24 26 BULLETIN Christophe Guy achève sa mission à la tête de Polytechnique GRAND DOSSIER Du génie dans nos poubelles RECHERCHE 16 Au cœur du laboratoire vivant de l’Institut TransMedTech 20 Répondre aux nouveaux usages de la consommation électrique 21 Innover et améliorer la productivité dans l’industrie de la construction ENTREPRENEURIAT Bientôt la fin du casse-tête du recyclage des déchets avioniques ? ENGAGEMENT SOCIAL Le Robin des Bois des technologies ENSEIGNEMENT Former plus d’ingénieurs experts en simulation numérique LA RELÈVE EN VEDETTE Rencontre inspirante à Transat Tours 28 / Ça bouge à Poly 30 / Association des Diplômés de Polytechnique 33 / Fondation de Polytechnique CERT I F IC AT I ON C a m p u s r d u e l a b

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    Forfait exclusif pour les diplômés de Polytechnique Économisez jusqu’à 2 000 $* annuellement en adhérant au forfait adapté aux diplômés de Polytechnique. Fière partenaire bnc.ca/ingenieur * Certaines conditions s’appliquent. Ce forfait est exclusif aux professions admissibles au forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Calculé sur une économie annuelle d’une valeur de 299 $ sur les transactions au comptoir et électroniques incluses dans le forfait Le Virtuose MD ; un rabais annuel de 810 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 6,0 % pour une marge de crédit personnelle moyenne de 13 500 $ (taux pouvant varier selon le dossier de crédit); un rabais annuel de 1 125 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 0,75 % pour une marge de crédit Tout-En-Un Banque Nationale MD volume moyen de 150 000 $ dans le forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Vous devez être détenteur de la carte de crédit Platine, World ou World Elite MasterCard MD pour être éligible au forfait pour les ingénieurs et les diplômés en génie. Il se peut que l’économie potentielle ne représente pas l’économie nette que vous obtiendrez, elle varie selon votre situation financière. MD Le Virtuose et Tout-En-Un Banque Nationale sont des marques déposées de la Banque Nationale du Canada. MasterCard est une marque déposée de MasterCard International inc., utilisée sous licence. © 2016 BANQUE NATIONALE DU CANADA. Tous droits réservés. MC RÉALISONS VOS IDÉES est une marque de commerce de la Banque Nationale du Canada.

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    ÉDITORIAL Je suis fière... français d’origine, québécois d’adoption et polytechnicien dans le cœur, christophe guy, notre directeur général depuis plus d’une décennie, termine son mandat dans les prochaines semaines. il dresse son bilan en page 6. en lisant l’article, vous constaterez tout ce qui a été accompli sous sa gouverne, avec la collaboration étroite de tous les membres de notre communauté. merci christophe pour cette volonté que tu as tou jours eue de faire progresser ton alma mater. je te souhaite une belle continuation de ta carrière. Fière, je l’étais le 24 avril dernier, lors de l’inauguration officielle de l’Institut TransMedTech, qui a eu lieu en présence des ministres Dominique Anglade, Gaétan Barrette et Hélène David ainsi que de nombreux partenaires, collaborateurs et dignitaires. Cet institut sera voué à la conception des prochaines générations de technologies médicales de diagnostic, de pronostic, d’interventions et de réadaptation pour aborder des maladies complexes, particulièrement les cancers, les maladies musculosquelettiques et cardiovasculaires. Les patients et les cliniciens peuvent s’en réjouir, car ils seront au cœur des activités, leurs besoins seront pris en compte dès le début des réflexions menant à la conception d’une nouvelle technologie. À cet égard, un laboratoire vivant sera implanté au CHU Sainte-Justine. Je vous invite à lire les pages 16 à 19 pour en connaître davantage sur le travail qui avait été réalisé par le P r Carl-Éric Aubin et M mes Neila Kaou et Ekat Kritikou en amont du concours du Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada. On se souviendra que les résultats avaient été dévoilés en septembre 2016 par le gouvernement fédéral, confirmant l’octroi à Polytechnique de 35,6 M$ pour concrétiser la vision du P r Aubin. « L’avenir nous rapproche », affirmait le P r Aubin en avril dernier. Avec lui à la barre de l’Institut et avec le dynamisme des chercheurs et de tous les partenaires associés au projet, c’est, selon moi, un gage de succès ! Fière, je l’étais aussi lors du dévoilement des résultats de la grande campagne de financement Campus Montréal, réunissant Polytechnique, HEC et l’Université de Montréal, car plus de 581 M$ sur un objectif de 500 M$ ont été amas sés. Merci à tous les précieux donateurs pour ce beau succès. J’étais aussi très fière lors des inaugurations des chaires industrielles des P rs Miguel Anjos et Mario Bourgault. Pour les partenaires industriels, les attentes sont élevées, vous le devinerez, mais l’expertise des équipes est au rendez-vous, voir pages 20 et 21. Et ma fierté a été à son comble lors de la désignation de l’amphithéâtre de l’édifice principal de Polytechnique en l’honneur de Bernard Lamarre. Merci à la famille Lamarre, à notre Fondation et à tous les artisans. Voilà une belle façon de s’assurer que le parcours de ce pilier du génie québécois demeure près des générations futures qui changeront le monde à leur tour. Finalement, permettez-moi de remercier notre coordonnatrice-rédactrice du magazine POLY, M me Catherine Florès, qui fait un travail remarquable. Que la période estivale vous procure des moments de détente bien mérités. Un bel été à vous, chers lecteurs ! Chantal Cantin Rédactrice en chef JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2 / POLY 5

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    CHRISTOPHE GUY ACHÈVE SA MISSION À LA TÊTE DE POLYTECHNIQUE PAR CATHERINE FLORÈS le p r christophe guy, ing., ph. d., facg, c.m., o.q., terminera prochainement son mandat de directeur général de polytechnique montréal. à l’heure de tourner la page sur dix années consacrées à hisser polytechnique au rang des écoles de génie les plus réputées au canada, il se livre sereinement, bien qu’avec émotion, à l’exercice du bilan. POLYTECHNIQUE DE PLUS EN PLUS ATTRACTIVE L’un des premiers objectifs de M. Guy était de développer l’attractivité des programmes de Polytechnique, au Québec comme à l’extérieur. Les efforts menés en ce sens par ses équipes ont été récompensés par l’accroisse ment significatif des effectifs étudiants. Entre 2006 et 2016, le nombre d’étudiants inscrits au baccalauréat est passé de 3 101 à 4 884 pour le trimestre d’automne, soit une augmentation d’environ 57 %. Polytechnique enregistre également une hausse du nombre d’étudiants au baccalauréat qui viennent de l’étranger. Leur proportion a crû de 14,6 % en 2006 à 19,3 % en 2016. M. Guy se réjouit de la contribu tion notoire de Polytechnique à l’ouverture de la profession d’ingénieur aux femmes durant cette période, où la proportion d’étudiantes au premier cycle a connu une hausse, passant de 19,9 % à 26,5 %. « Un tel taux dans une école de génie se démarque au Québec. Nous en sommes plutôt fiers, dans le contexte où Ingénieurs Canada vise 30 % de femmes parmi les nouveaux ingénieurs en 2030. Je crois aussi que cette ouverture aux femmes permet de changer l’image traditionnelle de l’ingénieur au Québec. » Lorsqu’il est devenu directeur général, l’une de ses préoccupations était de voir augmenter le nombre d’étudiants au doctorat, qui plafonnait à environ 450. Aujourd’hui, ils sont quelque 700, dont plus de la moitié en provenance de l’international. M. Guy souligne que c’est avant tout la réputation des professeurs de Polytechnique, qui dépasse largement les frontières canadiennes, qui permet à l’établissement d’attirer les meilleurs étudiants du monde entier. Le maintien et le soutien de la qualité du corps professoral de Polytechnique se sont traduits, entre autres, par l’embauche de nouveaux professeurs afin d’accompagner l’augmentation des effectifs étudiants, ainsi que par le 6 POLY / JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2

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    développement des services du Bureau d’appui pédagogique. « Après la refonte de ses programmes de baccalauréat réalisée sous mon prédécesseur, Polytechnique a continué d’affirmer son caractère innovateur en enseignement. Par exemple, des initiatives de développement de pédagogies actives et innovantes ont été mises en place, et cela, à tous les cycles. Sans oublier le lancement de nos premiers MOOC* sur la plateforme Edulib, ou encore la création récente de deux chaires en enseignement et en apprentissage du génie. » L’ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE A FAIT SON ENTRÉE PAR LA GRANDE PORTE En matière de formation, un autre changement marquant s’est opéré sous la direction de Christophe Guy : une large ouverture à l’entrepreneuriat technologique étudiant. « Il est manifeste que l’envie d’entreprendre gagne de plus en plus d’étudiants. La collaboration des équipes de la recherche et de la formation, ainsi que l’appui de nos partenaires et de nos diplômés ont permis le développement et la mise en œuvre d’une stratégie entrepreneuriale qui commence à porter de beaux fruits. La création du poste de conseillère à l’entrepreneuriat soutient cette nouvelle dynamique. » La stratégie a donné lieu à la renaissance du centre de services pour l’entrepreneuriat étudiant sur le campus, aujourd’hui dénommé Centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM, qui soutient chaque année le développement de plusieurs projets d’entreprises technologiques créées par des étudiants de tous les cycles. Parmi ses programmes, le Centre en propose un visant spécifiquement les étudiants de fin de baccalauréat et des cycles supérieurs : le profil Technopreneur. « C’est un programme initialement inspiré d’une initiative de l’Université de l’Utah. Il prépare et accompagne les étudiants du campus dans la planification de la commercialisation d’une technologie issue de la recherche universitaire. Il encourage ainsi le développement d’un vivier de chercheurs-entrepreneurs sur notre campus », précise M. Guy, partisan de longue date des transferts technologiques. Lui-même a contribué à la création et à l’essor d’entreprises technologiques issues de la recherche. De nouvelles initiatives étudiantes telles que le Club d’entrepreneuriat Poly-E participent à cette effervescence. L’enracinement d’une culture entrepreneu ria le à Polytechnique bénéficie en outre d’une contribution importante : le PolyFab Normand Brais. Inauguré l’an dernier, il fournit à tous les étudiants les services et les équipements nécessaires pour leur permettre de fabriquer leurs prototypes. En matière d’entrepreneuriat, M. Guy pense que les professeurs eux-mêmes * MOOC : Acronyme de « Massive Open Online Courses », en français « CLOT » (cours en ligne ouverts à tous) JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2 / POLY 7

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    CHRISTOPHE GUY ACHÈVE SA MISSION À LA TÊTE DE POLYTECHNIQUE (SUITE) sont inspirants. « Ici, être professeur, c’est comme diriger une PME ! Il faut obtenir des fonds, gérer les demandes de subventions, développer des liens avec le secteur industriel… et on est évalué aux résultats. » DES SUCCÈS MAJEURS EN RECHERCHE Chercheur lui-même et précédemment directeur de la recherche et de l’innovation, Christophe Guy n’a jamais caché ses ambitions scientifiques pour Polytechnique : amener l’établissement à être considéré comme un chef de file canadien en matière de recherche et d’innovation dans le domaine du génie et faire reconnaître internationalement l’impact majeur de celui-ci sur la société. « Aujourd’hui, les universités forment des talents pour la planète, nous devons faire de la recherche pour la planète ! » Cette vision est unanimement partagée par les équipes de Polytechnique, notamment celles relevant aujourd’hui de la Direction de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales (DRIAI). « Je leur suis extrêmement reconnaissant pour leur soutien, grâce auquel Polytechnique a fait des gains considérables », fait valoir M. Guy. Sous sa direction, le budget de la recherche est passé en 10 ans de 43,2 à 66,3 millions de dollars par an, en excluant les infrastructures. Les subventions de recherche et les partenariats ont connu une hausse de 50 % et de 85 % respectivement. Aujourd’hui, 31 % du financement de la recherche menée à Polytechnique provient de partenaires industriels. « Au Québec, Polytechnique se démarque depuis longtemps par ses partenariats avec l’industrie, mais nous avons implanté un modèle de partenariat bien plus stratégique, donnant lieu à des projets à fort impact, largement multidisciplinaires et rassemblant plusieurs organisations qui ne sont pas en concurrence entre elles. Qu’il s’agisse de Huawei, de Safran, de Pratt & Whitney, d’Hydro-Québec, entre autres, nous développons des innovations avec des leaders mondiaux dans leurs domaines. La contribution significative de nos partenariats à l’écosystème mondial de R et D nous permet aussi de faire connaître nos partenaires industriels locaux auprès de ces grands joueurs mondiaux. » Le succès est au rendez-vous : en 10 ans, le nombre de chaires est passé de 36 à 46, avec aujourd’hui 25 Chaires de recherche du Canada dans les domaines les plus porteurs pour l’avenir de la société : biomédical, énergie, transports, télécommunications, nouveaux matériaux, etc. Polytechnique a notamment obtenu, il y a deux ans, une Chaire d’excellence en recherche du Canada – la première sur le campus – sur la science des données pour la prise de décision en temps réel, pour laquelle elle a recruté en Italie un expert de renommée mondiale, le P r Andrea Lodi. Le dernier chapitre du mandat de M. Guy se clôt avec le lancement de deux grands projets stratégiques créés sur le campus, dont Polytechnique est partie prenante : l’Institut TransMedTech et l’Institut de valorisation des données (IVADO). Le premier dans le domaine des technologies médicales de demain, l’autre dans celui des données et de l’optimisation, sont tous deux soutenus par le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada et ses partenaires. « Ces deux écosystèmes technologiques représentent notre vision de la collaboration entre des équipes scientifiques et des partenariats structurants, entre des industries, des établissements, des gouvernements et des patients, dans le cas de TransMedTech. Ils seront à la fois créateurs de connaissances, d’innovations et d’entreprises, sans compter qu’ils contribueront à attirer et à retenir de grands talents à Montréal, et à y générer des investissements. » RAYONNEMENT ACCRU DANS LE MONDE Ce Français d’origine incarne bien la vocation internationale de Polytechnique et il s’est considérablement impliqué durant son mandat pour augmenter la notoriété de Polytechnique à l’in ter national. « Je souhaitais que Polytechnique cesse d’être le secret bien gardé du Québec ! » Il a notamment été très présent auprès des représentants du gouvernement fédéral, ainsi que dans les réseaux universitaires canadiens et étrangers. C’est d’ailleurs pour sa contribution au rayonnement et à l’excellence universitaire qu’il a dernièrement été fait Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques par la France. Sous sa direction, Polytechnique a intensifié son influence au sein de la Francophonie, notamment en tant que membre du Réseau d’excellence des sciences de l’ingénieur de la Francophonie (RESCIF) visant à réduire la fracture scientifique Nord-Sud. En Europe, où elle était déjà bien présente grâce à ses liens de recherche, Polytechnique a réussi à augmenter le nombre d’étudiants réalisant un double diplôme et à envoyer davantage d’étudiants en échange. Elle développe actuellement de nouvelles ententes de doubles diplômes avec des établissements européens, moins pénalisantes sur le plan de la durée des études. 8 POLY / JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2

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    UN NOUVEAU SOUFFLE POUR POLYTECHNIQUE La grande campagne Campus Montréal qui vient de se terminer donne un nouveau souffle à Polytechnique, estimet-il. Lui-même a veillé à faire progresser le projet commun avec l’Université de Montréal qui vise à implanter de nouveaux pavillons sur le site Outremont et à fournir à Polytechnique, sur le nouveau site ou sur l’actuel campus, les espaces supplémentaires dont elle a besoin. « Nous sommes à l’étroit dans nos locaux actuels. Nous avons également besoin de nouveaux laboratoires de haute technicité et nos anciens pavillons seraient trop coûteux à mettre à niveau. » Certes, c’est un exercice de patience, mais M. Guy est confiant : « Le projet chemine au sein de l’appareil public. Je pense que dans un an, le gouvernement s’engagera dans la réalisation du projet. Ce sera assurément un des grands dossiers de la personne qui me succèdera ! » À titre de gestionnaire, Christophe Guy était soucieux de rétablir la santé financière de Polytechnique, car lorsqu’il est arrivé à la Direction générale, l’École était en déficit. Deux ans plus tard, Polytechnique a retrouvé un budget équilibré et s’y maintient depuis, malgré la pression exercée par les coupes imposées par le gouvernement pendant plusieurs années. « Notre attitude de "bon élève" nous donne aujourd’hui plus de latitude pour lancer des initiatives et obtenir du soutien gouvernemental. » Il salue aussi l’agilité organisationnelle de Polytechnique, qui la rend capable de réagir rapidement devant les défis. Il ajoute que la motivation des employés et le bon climat de travail régnant au sein de Polytechnique fondent une base solide pour bâtir les projets d’avenir. Un sentiment que vient confirmer le classement, cette année, de Polytechnique parmi les meilleurs employeurs montréalais, selon la firme Mediacorp Canada inc. RECONNAISSANCE ET FIERTÉ « En plus d’être mon alma mater, Polytechnique m’a donné la chance de me réaliser professionnellement et personnellement, comme professeurchercheur et comme gestionnaire. Je me suis senti profondément honoré de la diriger et de la voir participer au développement intellectuel des étudiants, ainsi qu’au développement technologique et économique du Québec et du Canada », confie Christophe Guy. Il attribue avant tout le mérite des avancées réalisées durant son mandat à l’engagement et au leadership de toutes les équipes de Polytechnique. « Faire grandir une université ne se conçoit que collectivement et je suis très reconnaissant du soutien que les professeurs et les employés m’ont offert durant ces dix dernières années, ainsi que de la confiance que le Conseil d’administration m’a témoignée. » Son travail de professeur et de chercheur lui a-t-il manqué pendant toutes ces années ? « Sans doute, mais j’ai pu conserver quelques activités, dont la codirection d’étudiants au doctorat avec le P r Jamal Chaouki. Je lui en suis d’ailleurs reconnaissant. Échanger avec un doctorant, je trouve que c’est aussi bénéfique pour la santé et l’esprit qu’une heure de sport ! » / JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2 / POLY 9

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    GRAND DOSSIER DU GÉNIE DANS NOS POUBELLES PAR CATHERINE FLORÈS l’image de l’île henderson, dans le pacifique, recouverte de 38 millions de débris plastiques a récemment fait le tour des médias. elle nous rappelle tristement que plus de 300 millions de tonnes de plastique produites chaque année dans le monde ne sont pas recyclées et que huit millions d’entre elles sont déversées dans les océans. or les déchets représentent un gisement de ressources précieuses ! la situation appelle un nouveau mode de gestion de nos matières résiduelles dans une perspective de développement durable et d’économie circulaire. Comment la recherche en génie contribue-t-elle à réaliser cet objectif ? ENJEUX DE L’ENFOUISSEMENT AU QUÉBEC Les bacs de recyclage, d’ordures ménagères et, tout récemment, de matières organiques, qui s’alignent sagement devant nos maisons les jours de collecte pourraient nous faire croire que, chez nous, la gestion des déchets domestiques est complètement résolue. Une apparence trompeuse, puisqu’au Québec, en moyenne, près de 40 % de déchets recyclables échappent au recyclage et que plus de 700 kilos de déchets par habitant, ni recyclés ni compostés, aboutissent chaque année dans des sites d’enfouissement. L’enfouissement a été, jusqu’à ce jour, la solution favorisée au Québec. Cachés à notre vue, les déchets posent néanmoins des problèmes : les sites d’enfouissement n’ont pas une capacité illimitée, or certains déchets mettent beaucoup de temps à se décomposer. Cela prend entre 100 et 1000 ans pour les matières plastiques. Les matières organiques présentes dans les déchets enfouis disparaissent plus rapidement, plus rapidement, mais la décomposition de cette matière organique génère des gaz à effet de serre comme le méthane et le CO2. Malgré le fait que les sites d’enfouissement au Québec soient équipés de systèmes de collecte des gaz et des liquides (lixiviat) générés, il existe tout de même des émissions fugitives de ces effluents. Plus d’une dizaine de millions de tonnes de matières résiduelles sont produites chaque année au Québec. Ces matières recèlent aussi un réel potentiel industriel, notamment en termes de ressources matérielles et de production d’énergie et le gouvernement tient compte de ces enjeux dans ses orientations environnementales. C’est ici qu’entre en scène la recherche en génie, qui vise à développer, en collaboration avec les décideurs publics, des solutions viables permettant une meilleure gestion des matières résiduelles afin d’éviter le gaspillage, les problèmes environnementaux et sanitaires, ainsi que des pertes économiques. INCINÉRATION : FAUSSE BONNE SOLUTION ? Pour se débarrasser des ordures ménagères, certaines villes, en particulier en Europe, ont opté pour l’incinération, qui permet de produire de l’énergie et de l’électricité. Tandis qu’au Québec, cette pratique considérée comme polluante pour l’atmosphère voit son usage assez restreint. Cependant, les technologies actuelles permettent de mieux contrôler les émissions nocives des déchets incinérés et d’augmenter les performances des incinérateurs. De plus, dans la plupart des villes occidentales où l’incinération des déchets a été choisie, des politiques de réduction, de recyclage et de compostage de déchets sont appliquées parallèlement à l’incinération. / 10 POLY / JUIN 2017 / Volume 14 / Numéro 2

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