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MagPolyFe-vrier2009FINAL
Magazine Poly | 2013-06-13 00:00:00
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    Magazine intégré de Polytechnique. Poste publications n o de convention 41074519 HIVER 2009 Vol. 6, n o 1 Marc Parent, chef de l'exploitation de CAE, p. 10 Patrice M. Pelletier, PDG de l'Administration portuaire de Montréal, p.18 Parcours d'Arach Tchoupani, Po 06, dans la communauté technologique, p. 22 Ingénieurs demandés Pour répondre aux défis du Québec, Polytechnique innove dans la formation

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    ENFIN LIBRE ... d'impôt ... de frais* ... de réaliser vos projets! Découvrez le Celi FÉRIQUE Le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) FÉRIQUE vous permet de mettre jusqu'à 5000$ à l'abri de l'impôt chaque année (sujet à certaines conditions). Vos rendements ne sont pas imposables, et vos retraits non plus. C'est le parfait outil pour: * optimiser vos revenus de placement en les soustrayant à l'impôt * financer d'autres projets que la retraite * ajouter à votre épargne-retraite si vous avez atteint votre plafond REER, par exemple * bien d'autres usages. Le CELI FÉRIQUE: il y a un peu de génie là-dedans * Aucuns frais annuels d'administration * Aucuns frais de transaction ou de cotisation * Aucun investissement minimum requis * Toute la gamme des Fonds FÉRIQUE * Des frais de gestion parmi les plus bas au Canada www.celiferique.com 1 800 291-0337 Gagnez votre CIEL CELI! Détails et règlements du concours sur www.celiferique.com > Placements > Planification de la retraite > Fiscalité > Finances personnelles > Assurances > Gestion des risques > Succession * Le compte CELI FÉRIQUE (ouvert par l'entremise du Placeur principal ou de Services d'investissement FÉRIQUE) ne comporte aucuns frais autres que les frais de gestion des Fonds FÉRIQUE qui sont déduits du rendement obtenu. Ce compte s'adresse aux personnes de 18 ans et plus admissibles aux Fonds FÉRIQUE. Consultez les conditions d'admissibilité au www.ferique.com. Note: un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de gestion et d'autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d'une année à l'autre. Veuillez lire le prospectus avant d'effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur. Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Placements Banque Nationale inc., à titre de Placeur principal, et par Services d'investissement FÉRIQUE.

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    POLY Le magazine de l'École Polytechnique de Montréal Vol. 6, no 1 - Hiver 2009 Poly est publié deux fois l'an par la Direction des affaires institutionnelles et secrétariat général de l'École Polytechnique. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Tirage 24 000 exemplaires Édition : Service des communications et du recrutement Rédactrice en chef : Chantal Cantin Comité éditorial : Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Annie Touchette, Natalie Villemure Recherche et coordination : Catherine Florès Rédaction : Catherine Florès, Danielle Ouellet Révision : Johanne Raymond Photo de couverture : Normand Rajotte Direction artistique et conception de la grille graphique : Millennium concept & design Ont collaboré à ce numéro : L'Association des Diplômés de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d'alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Maintenez à jour vos coordonnées Diplômés Par courriel : adp@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4764 ou (sans frais) 1 866 452-3296 Par le site Web : www.adp.polymtl.ca Autres abonnés Par courriel : communications@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4915 ABONNEMENT GRATUIT Magazine Poly École Polytechnique de Montréal Service des communications et du recrutement C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca SW-COC-002343 En couverture : de g. à d. : les professeurs Clément Fortin, Louise Millette et Guy Leclerc. ommaire 13 Articles et entretiens Ingénieurs demandés Grand dossier > 6 23 Marc Parent, vice-président exécutif et chef de l'exploitation de CAE Entretien > 10 Les calculs au service des turbines Recherche > 13 Maîtrise Gestion des projets d'ingénierie civile Nouveau programme > 14 Microprogramme en ingénierie de la sécurité du travail Nouveau programme > 16 Patrice M. Pelletier, président-directeur général de l'Administration portuaire de Montréal Entretien > 18 Génération ambitieuse Parcours d'un jeune diplômé > 22 Des idées pour le transport en commun Propos de Marie-Christine Desharnais, Po 07 > 23 Jean-Pascal Foucault, Po 1990, père de MAESTRO Vue d'ailleurs > 28 Rubriques Formation continue > 12 Presses internationales Polytechnique > 12 Ça bouge à Poly > 26 Association des Diplômés de Polytechnique > 29 Fondation de Polytechnique > 32 Agenda > 34 28 POLY Hiver 2009 3

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    TÉLÉPHONE INTELLIGENT BLACKBERRYMD CURVEMC SAMSUNG INSTINC 8330 MC SANYO 7050 Appelez un conseiller au 1 800 361-0040 afin de vous informer sur les services qui vous sont offerts par Bell Mobilité. Quand faire partie de l'Association des Diplômés de Polytechnique a des avantages Samsung Instinct est une marque de commerce de Samsung Electronics Co. Ltd. et de ses sociétés affiliées. BlackBerry, RIM, Research In Motion, SureType et les marques de commerce, noms et logos associés sont la propriété de Research In Motion Limited et sont des marques déposées aux États-Unis et dans d'autres pays.

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    Poly : le génie en première classe! Dans la campagne de recrutement de Polytechnique qui est actuellement en cours dans les transports en commun (wagons de métro et trains de banlieue), on peut constater, par le biais du message diffusé, que les étudiants de Polytechnique accèdent rapidement lorsqu'ils arrivent sur le marché du travail à des postes de gestion (carrière à ascension rapide). Nos diplômés sont d'ailleurs prisés par les grandes et moyennes organisations. Polytechnique est une véritable pépinière de talents. À titre d'exemple, la cote R moyenne chez nos étudiants provenant du collégial est de 29,24 pour l'automne 2008. Et de 32,8 pour nos étudiants ayant accédé au premier programme canadien de baccalauréat en génie biomédical (programme contingenté). Preuves tangibles et irréfutables du talent et de la qualité de nos étudiants. Dans le contexte de la crise économique actuelle et de la pénurie de main-d'œuvre qui sévit déjà dans certains secteurs d'activités comme, par exemple, en génie informatique, en génie logiciel, en génie civil, il appert que les meilleurs talents seront une denrée prisée par de futurs employeurs. C'est d'ailleurs dans cet esprit que le tout nouveau baccalauréat en génie aérospatial, premier programme québécois du genre, qui sera offert à Polytechnique dès l'automne 2009, a été façonné. Polytechnique veut former les leaders de cette industrie par le biais de son programme qui allie la formation en aéronautique pour les ingénieurs qui travaillent à la construction d'avions et l'astronautique pour les ingénieurs du domaine spatial. S'ajoute à cette initiative un programme s'adressant davantage à vous, chers diplômés, qui cumulez plus de trois années d'expérience pertinente, soit une maîtrise en génie civil, option Gestion des projets d'ingénierie civile. Avec les investissements majeurs annoncés par le gouvernement du Québec, plus de 40 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, dans l'entretien, la réfection, la rénovation ou la construction d'infrastructures, nul doute que les besoins sont concrets. Je vous invite à lire l'article de notre collaboratrice Danielle Ouellet, en page 6. En cette période difficile où la morosité économique gagne du terrain au Québec, nos étudiants et nos diplômés doivent, encore plus que jamais, se surpasser. Et ce n'est pas fini. D'ici 2016, la population active va commencer à diminuer tant à Montréal que dans les régions. On se battra pour les meilleurs talents. Il faut tout mettre en œuvre pour permettre à nos ingénieurs de raffiner leurs talents et d'être en mesure de l'exporter. L'internationalisation de la profession et de la formation est aussi un facteur de réussite pour tous les étudiants et ingénieurs de Polytechnique et du monde entier. En terminant, je vous invite à participer à la journée de la recherche de Polytechnique initiée par la Direction de la recherche et de l'innovation, le jeudi 28 mai 2009 à compter de 8 h 30. Chers lecteurs, je vous souhaite un printemps magnifique. Chantal Cantin, rédactrice en chef Chantal Cantin, directrice du Service des communications et du recrutement. N.D.L.R. : L'insertion d'un dépliant d'information sur la nouvelle maîtrise en gestion de projets d'ingénierie civile nous oblige à expédier exceptionnellement ce numéro de POLY sous pellicule plastique à nos abonnés. ÉDITORIAL POLY Hiver 2009 5

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    POLY Hiver 2009 GRAND DOSSIER 6 Ingénieurs demandés : les choix de Poly Par Danielle Ouellet Au Québec, le besoin d'ingénieurs est à la hausse pour les prochaines décennies. L'École Polytechnique y répond et mise sur l'innovation avec des cours repensés en profondeur, de nombreuses activités de formation en tandem avec les entreprises et, surtout, la création, en 2009, de deux programmes uniques au Québec : la maîtrise en gestion de projets d'ingénierie civile (MAGESPIC) et le baccalauréat en génie aérospatial. Gestionnaires de génie Les grands projets des années 1960 et 1970, comme la construction du métro de Montréal, Expo 1967 et le développement hydroélectrique à la baie James, ont propulsé les ingénieurs québécois sur la scène internationale tout autant que nationale. Ces derniers avaient démontré avec brio leur capacité à gérer efficacement de grands projets de génie. Par la suite, l'informatique a occupé le haut du pavé pendant deux décennies tandis que le génie civil s'effaçait quelque peu : « La gestion des travaux d'ingénierie a alors été de plus en plus confiée à des administrateurs, remarque Guy Leclerc, professeur au Département des génies civil, géologique et des mines. En ingénierie civile, les décisions ont vu leurs critères évoluer, réduisant l'importance des considérations techniques au profit des considérations socio-économiques, financières et environnementales. » C'est dans l'optique de former des décideurs de haut niveau en ingénierie civile qu'a été développé le programme de maîtrise en gestion de projets d'ingénierie civile. Promoteur du programme, Guy Leclerc entrevoit de nouvelles générations d'ingénieurs civils aptes à gérer efficacement la complexité : « Nous voulons former des gens avec une vision large de projets complexes qu'ils géreront en intégrant tous leurs aspects, de l'idée au montage et à la réalisation, avec une perspective aussi bien technique que financière, sociale, économique et environnementale. » « Nous avons besoin de gens capables de poser les bonnes questions, de prendre des décisions et de les justifier », poursuit Guy Leclerc, qui rappelle que des délais de réalisation peuvent se traduire par des augmentations importantes de coûts. Développé depuis plus de deux ans, le programme de maîtrise s'adresse à des ingénieurs qui possèdent au moins trois ans d'expérience et qui souhaitent devenir les « leaders de demain ». Les premiers étudiants seront admis à l'automne 2009 : « Il s'agit d'un programme unique au Québec, et les perspectives d'emploi sont excellentes », de préciser M. Leclerc. S'ajoutent à cela d'autres formations de 2 e cycle, notam-

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    «Je souhaite vivement réussir à attirer plus de filles en génie [...] Pour les ingénieures, les possibilités sont nombreuses de faire une différence dans la société. Louise Millette, directrice du Département des génies civil, géologique et des mines. » ment la maîtrise en gestion de projets technologiques et différents programmes de maîtrise modulaires adaptés à des intérêts précis. Le gouvernement du Québec compte par ailleurs investir quelque 40 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans l'entretien, la réfection, la rénovation ou la construction d'infrastructures. En 2008, les ingénieurs civils représentaient 60 % des prévisions d'embauche des entreprises. Dans ce contexte, le président de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Zaki Ghavitian, prévoit beaucoup de pain sur la planche pour les ingénieurs civils : « Au cours des dix ou quinze prochaines années, nous devrons rattraper le retard accumulé au cours de décennies d'inaction et répondre à l'évolution des besoins, notamment dans le domaine des transports. Ce sera le cas pour les routes et les structures routières, très importantes pour l'économie, mais aussi pour les bâtiments publics, plus particulièrement les infrastructures municipales. Les besoins sont grands en gestion de projets de toutes tailles. » Les professeurs de l'École Polytechnique ont compris les nouveaux besoins engendrés par l'éclatement de la bulle informatique et la baisse d'intérêt pour ce secteur, et par le vieillissement inquiétant des infrastructures négligées. Ils ont revu la formation : « À partir de 2004, rappelle Louise Millette, directrice du Département des génies civil et géologique et des mines, nous avons entrepris une grande refonte des programmes. Les cours de mathématiques et de physique sont désormais répartis tout au long du baccalauréat, ce qui permet aux étudiants d'avoir accès à des cours de leur spécialisation dès la première année. De nombreux projets en équipe sont à l'horaire, un projet intégrateur annuel est prévu et cette approche culmine en dernière année avec un projet majeur de 6 crédits équivalant à 270 heures de travail. » Les cours sont aussi mieux adaptés aux problèmes actuels, aux changements climatiques, par exemple, qui ont des effets sur les matériaux et sur les différentes structures. Le président de l'Association des ingénieurs municipaux du Québec, François Pépin, déclarait l'automne dernier qu'il fallait désormais construire de nouvelles infrastructures qui auraient une durée de vie de 100 ans! Pour atteindre un tel objectif, il faut intégrer les notions les plus à jour. Les étudiants en génie civil de l'École Polytechnique doivent obligatoirement suivre un cours sur le développement durable, et des exemples d'application sont partout à l'honneur : « La construction d'un bâtiment doit être adaptée à la situation particulière d'un pays, explique Louise Millette. Ici nous avons accès à des équipements sophistiqués. Ailleurs, l'utilisation de pelles pourra être préférable en raison d'une main-d'œuvre abondante et de moyens technologiques restreints. Nous initions rapidement les étudiants à des situations pratiques. » Les industries qui réclamaient à la fois des ingénieurs mieux préparés aux réalités concrètes du milieu du travail et un plus grand nombre de diplômés peuvent déjà constater des résultats : « Le recrutement a le vent dans les voiles, se réjouit Louise Millette. Le nombre de nouveaux inscrits est passé de 35 en 1997 à près de 100 en 2004 pour atteindre 204 en 2008. Les 15 diplômés de l'année 2004 étaient nettement insuffisants pour répondre aux besoins du marché, alors que les quatre années du baccalauréat en génie civil comptaient au total 93 étudiants. Quatre ans plus tard, ce total s'élève à 629. » Les cris d'alarme de l'Ordre des ingénieurs du Québec, de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec et des entreprises ont été entendus. Il faudra maintenant maintenir ce niveau de diplomation pendant plusieurs années encore, de cinq à dix ans au moins. Il reste cependant des problèmes, liés notamment au sousfinancement, comme l'explique Louise Millette : « Je viens du secteur privé, et je peux constater qu'à l'université, il existe une inadéquation entre les attentes et l'argent disponible. Nous avons rationalisé en augmentant la taille des groupes que nous subdivisons en petits groupes pour les laboratoires et nous embauchons plus de chargés de cours. Le ministère de l'Éducation a par ailleurs mis sur pied des programmes de financement pour l'embauche de professeurs de premier cycle et, avec les travaux d'infrastructures en perspective, le génie civil est favorisé. Heureusement. Et qui plus est, les professeurs sont extrêmement dévoués à leur travail. Ils règlent les problèmes, parce qu'il le faut. On assiste à des minimiracles! » Quel autre défi pour le génie civil? « Je souhaite vivement réussir à attirer plus de filles en génie, ajoute Louise GRAND DOSSIER POLY Hiver 2009 7

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    POLY Hiver 2009 8 GRAND DOSSIER Millette. Elles ne composent que 20 % de l'ensemble des futures ressources. Pourtant, pour les ingénieures, les possibilités sont nombreuses de faire une différence dans la société. Ce message n'atteint malheureusement pas encore suffisamment les filles. » Nouvel envol pour les ingénieurs Les craintes liées aux événements dramatiques de septembre 2001, qui ont éloigné les voyageurs des avions et fait bouder les classes de génie par les étudiants, semblent révolues. D'ici 2025, les prévisions sont à la hausse quant au nombre de passagers et au transport de marchandises, tandis que l'embauche d'ingénieurs par les constructeurs va bon train. Le Québec se classe au 5 e rang mondial de l'industrie aérospatiale pour les ventes, après les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, et Montréal compte parmi les trois premières villes au monde pour l'importance de ses activités. Suzanne Benoît est directrice générale d'Aéro Montréal qui coordonne les activités de la grappe aérospatiale. Elle insiste sur l'importance pour la métropole de garder son avantage concurrentiel : « Pour l'instant, l'Inde forme 400 000 ingénieurs par année et la Chine avance rapidement. Pour demeurer compétitifs, il faut cibler la valeur ajoutée, notamment en gardant nos activités de design et les meilleurs cerveaux chez nous. Pour cela, il faut former des ingénieurs de classe mondiale. Et pour les retenir, les entreprises doivent leur présenter des défis intéressants. » « » Il faut cibler la valeur ajoutée, notamment en gardant nos activités de design et les meilleurs cerveaux chez nous. Suzanne Benoît, directrice générale d'Aéro Montréal. Après quelques années de valse hésitation en raison de l'incertitude des marchés, Bombardier a finalement pris la décision de lancer la production d'une nouvelle ligne d'avions, appelée Série C, qui exigera à elle seule l'emploi de 1 000 ingénieurs au cours des quatre prochaines années. La demande est grande aussi du côté d'autres entreprises, notamment Bell Helicopter, qui doivent actuellement recruter à l'étranger, France, Inde, Brésil, Russie et ailleurs. L'industrie a besoin d'ingénieurs mécaniques, électriques, électroniques et d'ingénieurs en aéronautique. Les quelque 236 entreprises de la région de Montréal sont en mesure de fabriquer pratiquement toutes les pièces d'un avion ou d'un hélicoptère. Les trois quarts de la production sont exportés et les pays émergents comme la Chine et l'Inde sont acheteurs. En novembre dernier, lors du Sommet sur la formation d'ingénieurs et de spécialistes pour l'industrie aérospatiale organisé par Aéro Montréal, le directeur général de l'École Polytechnique, Christophe Guy, insistait sur l'importance d'une formation de grande qualité car les défis sont grands pour les constructeurs : « Notre capital humain et la relève qui l'appuiera doivent être outillés pour relever les défis de l'industrie aérospatiale du 21 e siècle. Ces défis, ajoutait-il, comprennent notamment "les exigences de la diminution de l'empreinte environnementale, le respect des normes et des certifications à l'égard de la sécurité, l'amélioration continue de la production et la hausse de la productivité et du rendement". » Serge Tremblay, directeur général du Comité sectoriel de la main-d'œuvre en aérospatial du Québec (CAMAQ), résume situation de l'embauche : « Nous avons encore besoin de recruter à l'étranger car nous avons aussi besoin d'ingénieurs d'expérience. Les nouveaux ingénieurs représentent 20 % des effectifs. Et comme la moyenne d'âge des ingénieurs qui travaillent dans ce domaine est de 40 ans, nous avons du temps devant nous pour bien former la relève. » À l'École Polytechnique, le lancement, à l'automne 2009, d'un baccalauréat en génie aérospatial arrive donc à point nommé : « Jusqu'à maintenant, explique le directeur du Département de génie mécanique, Clément Fortin, une formation dans ce domaine constituait une option à l'intérieur du cours de génie mécanique. Le nouveau programme donnera une plus grande visibilité au secteur et permettra de former de 50 à 60 ingénieurs de grande qualité chaque année. » Le génie aérospatial regroupe la formation en aéronautique pour les ingénieurs qui travaillent à la construction d'avions et l'astronautique pour les ingénieurs du domaine spatial. Pour Suzanne Benoît, l'École Polytechnique a une longueur d'avance : « Elle est en mesure de fournir une réponse à un besoin criant de l'industrie, notamment à celui de systèmes embarqués, ces systèmes électroniques et informatiques autonomes dédiés à une tâche précise. » En effet, les étudiants auront accès à un contenu directement

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    « » Nous voulons former les leaders de cette industrie. Clément Fortin, directeur du Département de génie mécanique. relié à l'aérospatial dès la première année, et les cours sont arrimés aux besoins de l'industrie, comme le précise Clément Fortin : « Le programme est organisé en collaboration avec le génie électrique qui offre une concentration « système et orientation spatiale » avec MacDonald Dettwiler Associates (MDA), l'entreprise responsable des deux plus importants programmes spatiaux canadiens, Radarsat et Canadarm. » La collaboration est un moteur important dans l'organisation du programme de baccalauréat en génie aérospatial. Depuis plus de vingt ans, Bombardier Aéronautique appuie l'École Polytechnique et quelque 400 de ses diplômés y travaillent actuellement. L'entreprise a contribué à la conception des cours pour former des ingénieurs qui répondent le mieux possible à ses besoins et elle a bien l'intention d'embaucher des finissants. Les futurs ingénieurs devront notamment organiser et superviser l'intégration des composantes fournies par différents sous-traitants en génie électrique, informatique, électronique et mécanique. « Les ingénieurs en aérospatial doivent être très flexibles, explique Clément Fortin. Leur formation doit être suffisamment large et générale pour pouvoir comprendre les contraintes de chacune de ces spécialités. » Outre l'étude des systèmes aéronautiques complexes et des plus récentes technologies spatiales, le programme favorise l'apprentissage de la responsabilité sociale et environnementale, la communication et le travail d'équipe. Appuyés par l'Institut d'innovation et de conception en aérospatial de l'École Polytechnique, les étudiants travailleront sur des projets industriels et réaliseront des stages dans des entreprises de la région. « Nous voulons former les leaders de cette industrie », souligne Clément Fortin. Bell Helicopter fournira pour sa part des spécialistes qui assureront des charges d'enseignement au cours des cinq prochaines années au moins. L'École nationale d'aérotechnique du Collège Édouard-Montpetit à Montréal, qui forme une main-d'œuvre technique spécialisée en construction aéronautique, en maintenance technique et en avionique, mettra des ressources à la disposition des étudiants de l'École Polytechnique : avions, hélicoptères, laboratoire de turbopropulseurs. Une passerelle a aussi été établie pour permettre une entrée rapide et coordonnée à l'université des techniciens formés au collégial. Le président de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Zaki Ghavitian, salue ce nouveau programme, unique au Québec et qui compte parmi les quatre existant au Canada : « L'aéronautique est un secteur industriel vital pour le Québec, qui doit pouvoir compter sur un bassin de spécialistes qualifiés. Leur présence est un facteur majeur lorsque des entreprises décident de s'établir ici, et permet de conserver et de développer chez nous des activités de conception à haute valeur ajoutée. » De plus, la maîtrise en génie aérospatial, offerte depuis quelques années conjointement avec d'autres universités québécoises et en collaboration par les entreprises d'ici, permet d'aller encore plus loin dans ce secteur en pleine explosion. GRAND DOSSIER POLY Hiver 2009 9

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    ENTRETIEN POLY Hiver 2009 10 Les horizons de l'aérospatiale au Québec Par Catherine Florès Marc Parent, diplômé en génie mécanique en 1984, vice-président exécutif et chef de l'exploitation de CAE, et président du conseil d'administration d'Aéro Montréal, nous livre sa vision de l'industrie aérospatiale québécoise. M. Parent, quels sont, d'après vous, les défis qui se profilent pour l'industrie aérospatiale montréalaise? Ils sont multiples. Tout d'abord, il faut affronter la pression de la concurrence internationale. Si Montréal est au premier rang mondial du secteur aérospatial, avec Seattle et Toulouse, plusieurs pays font leur entrée dans l'industrie à un rythme rapide : Chine, Corée, Japon et Inde. Pour se démarquer et maintenir sa position de chef de file, notre industrie doit continuellement développer de nouveaux produits, de nouvelles technologies et de nouveaux procédés plus performants, plus économiques, plus sécuritaires et plus « verts ». De plus, le contexte économique mondial difficile va rendre la bataille plus ardue, même si pour l'instant, l'industrie a encore été peu touchée. Nous devrons nous battre pour conserver la R-D au pays et garder les gens de talent ici. Se pose également le problème de la disponibilité et du développement de la main-d'œuvre, avec le départ à la retraite de nombreux baby-boomers au cours des prochaines années. La demande pour les services d'ingénierie est très forte partout dans le monde et les entreprises se livrent une concurrence serrée pour combler leurs besoins en maind'œuvre. Le rôle des universités et collèges techniques dans la formation d'une relève qualifiée est par conséquent crucial pour notre industrie. Comment se prépare l'industrie pour y faire face? Et quels sont ses meilleurs atouts? Aujourd'hui, l'information se transmet à la vitesse de l'éclair, la question géographique joue un rôle mineur dans notre industrie. Lorsque les entreprises cherchent à investir pour développer de nouveaux produits, elles cherchent avant tout une main-d'œuvre qualifiée, de la stabilité et de l'aide gouvernementale. Pour maintenir une industrie aérospatiale forte au Canada, nous misons donc sur le travail en partenariat avec le gouvernement, sur l'innovation et l'investissement dans la R-D et sur la flexibilité. Par exemple, chez CAE, pour notre nouvelle série de simulateurs, la Série CAE 5000, nous avons choisi des fournisseurs québécois qui étaient capables de s'adapter aux différents rythmes de production et d'offrir de la valeur ajoutée : ingénierie, savoir-faire, innovation et solutions intégrées. Notre meilleur atout, c'est cette capacité d'innovation hors du commun qui fait de notre industrie un véritable modèle d'excellence de renommée internationale. Nous sommes

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