Partager
MagPolyFevrier2008_000
Magazine Poly | 2013-06-13 00:00:00
  • Partager
    Page 1

    Magazine intégré de Polytechnique. Poste publications no de convention 41074519 HIVER 2008 Vol. 5, n o 1 Entrevue Caroline Boudoux, nouvelle recrue en génie physique, p. 10 Dossier biomédical : Le glas des invasions barbares, p. 12 Gilbert Drouin, Prix Mérite de l'ADP Bernard Landry, professeur invité, p. 19 Du génie biomédical à la valorisation, portrait d'un pionnier

  • Partager
    Page 2

    www.attentionauxrequins.com 1 800 291-0337 ATTENTION AUX REQUINS. Lorsque vous effectuez un placement, assurez-vous que le fonds soit plus performant que le vendeur ! Vous êtes ingénieur ou vous avez un ingénieur dans la famille ? Vous avez le privilège d'accéder à une gestion professionnelle de haut niveau à tarif préférentiel. Nos huit fonds visent à surpasser, de façon constante, le rendement médian de l'industrie, avec un niveau de risque raisonnable et des frais de gestion parmi les moins chers au Canada, sans frais de transaction ni commission de suivi. Comme nous sommes un organisme sans but lucratif, un avantage unique dans l'industrie de la finance, vous avez l'assurance que nous travaillons dans votre unique intérêt et non pour gagner le prix du meilleur vendeur de fonds de l'année ! Côté performance, nous n'avons rien à envier à la concurrence, plusieurs de nos fonds ayant produit des rendements de premier quartile sur plusieurs périodes depuis leur création. Alors ne servez pas d'appât à des requins qui ne veulent souvent que leur bien. Pour une gestion professionnelle de haut niveau à moindres coûts, optez pour les Fonds FÉRIQUE. FÉRIQUE Rev. court terme Concurrence FÉRIQUE Obligations Concurrence FÉRIQUE Actions Concurrence Rendements au 31 décembre 2007 (%)* Frais ** 1 an quartile 3 ans quartile 5 ans quartile 10 ans quartile 4,1 3,6 2,9 2,2 10,9 8,1 1 3,2 2,9 3,5 2,8 2,4 3,1 er 1er 1er 1er 1 4,2 5,1 5,5 3,2 4,2 4,9 er 1er 1er 1er 1 16,0 17,4 10,5 10,6 12,1 8,1 er 1er 1er 1er 0,50 % 0,92 % 0,53 % 1,42 % 0,66 % 2,06 % Note : Un placement dans un organisme collectif peut donner lieu à des frais de gestion et d'autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d'une année à l'autre. Veuillez lire le prospectus avant de faire un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur. Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Placements Banque Nationale inc. * Rendements annualisés ; Concurrence : médiane de la catégorie, étude PALTrak (Morningstar Research Inc.) ** Ratio de frais de gestion moyen sur 12 mois au 31-12-07 ; les rendements présentés sont nets des frais de gestion POLY Le magazine de l'École Polytechnique de Montréal Vol. 5 no 1 - Hiver 2008 Poly est publié deux fois l'an par la Direction affaires institutionnelles et secrétariat général de l'École Polytechnique. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Tirage 24 000 exemplaires Édition : Service des communications et du recrutement Rédactrice en chef : Chantal Cantin Comité éditorial : Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Annie Touchette, Natalie Villemure Recherche et coordination : Annie Touchette Rédaction : Catherine Florès, Annie Touchette Révision : Johanne Raymond Photo de couverture : Maxime Pilon-Lalande Direction artistique et conception de la grille graphique : Millennium concept & design Ont collaboré à ce numéro : Danielle Ouellet, l'Association des Diplômés de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l'innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d'alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Maintenez à jour vos coordonnées Diplômés Par courriel : adp@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4764 ou (sans frais) 1 866 452-3296 Par le site Web : www.adp.polymtl.ca Autres abonnés Par courriel : communications@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4915 ABONNEMENT GRATUIT Magazine Poly École Polytechnique de Montréal Service des communications et du recrutement C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ommaire 20 Articles et entretiens 24 Du génie biomédical à la valorisation, portrait d'un pionnier Entrevue avec Gilbert Drouin, Prix Mérite de l'ADP > 6 La microscopie confocale endoscopique, vers une « biopsie virtuelle » Entrevue avec Caroline Boudoux, nouvelle professeure au Département de génie physique > 10 Le glas des invasions barbares Dossier génie biomédical > 12 Polytechnique - Leader canadien en recherche et innovation, à l'avant-garde des partenariats avec l'industrie Le point sur la recherche > 16 Les programmes renouvelés font leurs preuves Entrevue avec Pierre G. Lafleur, directeur de l'enseignement et de la formation > 18 Créer tout ce que l'on peut imaginer Entrevue avec Antoine Azar > 22 Démystifier l'aventure de la création d'entreprise Le Centre d'entrepreneurship HEC-Poly-UdeM > 23 Traverser l'Australie à bord d'une voiture solaire... Mission accomplie! Retour en photos sur l'exploit réalisé par le comité étudiant Esteban IV > 24 Rubriques Formation continue > 8 Presses internationales Polytechnique > 9 Ça bouge à Poly > 20 Association des Diplômés de Polytechnique > 25 Fondation de Polytechnique > 28 Agenda > 30 26 POLY Hiver 2008 3

  • Partager
    Page 3

    JOIGNEZ-VOUS AU LEADER DE L'INDUSTRIE Rio Tinto Alcan est le leader de l'aluminium. Nous sommes convaincus que nos employés font la différence. Notre force repose sur nos gens, notre technologie et notre engagement à être les meilleurs. Venez développer votre talent ! www.riotintoalcan.com Le vieillissement de la population... un atout pour POLY? En février 2008, le magazine L'Actualité publiait un sondage CROP-L'Actualité sur les valeurs que les Québécois devraient privilégier pour l'avenir. Saviez-vous que c'est l'éducation que la moitié des Québécois (54 %) ont placée au sommet de leurs valeurs? Les Québécois sondés croient à juste titre que la prospérité d'une nation passe par la connaissance et le savoir. À l'instar des Québécois ayant répondu à ce sondage, les professeurs de Polytechnique misent sur le talent de leurs étudiants et sur leur propre expertise pour faire avancer la science dans des domaines de plus en plus sophistiqués. Prenons, par exemple, le secteur biomédical. Avec une population vieillissante, le Québec aura un besoin pressant de nouvelles technologies innovantes dans le domaine de la santé et des sciences de la vie. Consciente de cette réalité, Polytechnique recevra d'ailleurs les premiers étudiants inscrits au programme de baccalauréat en génie biomédical dès l'automne 2008. C'est le premier programme du genre au 1 er cycle à voir le jour au Québec et le 2 e au Canada. Chers diplômés oeuvrant déjà dans le domaine des technologies de la santé, des stagiaires de Poly seront disponibles très bientôt pour vous aider dans vos nombreux projets. Pour réserver leurs services, vous n'aurez qu'à contacter notre Service des stages et du placement. Certains de nos diplômés, notamment le récipiendaire du Prix Mérite 2007 de l'Association des Diplômés de Polytechnique, M. Gilbert Drouin, Po 66, et de nos professeurs ont fait preuve de vision dans leur cheminement de carrière et d'innovation dans leurs recherches. Faites connaissance avec une figure de proue dans le domaine du biomédical au Québec en parcourant les pages 6 et 7. Que l'on parle de « biopsie virtuelle », de guérisons in situ, de l'œil bionique, de biomécanique, d'intrusion in vivo et de biocompatibilité des nouveaux matériaux, les fruits de recherches fructueuses et porteuses d'avenir pour les générations actuelles et futures sont à notre porte grâce à certains professeurs-chercheurs de Polytechnique, lisez les pages 10 à 15 pour comprendre l'ampleur des retombées de leurs activités. Du côté de l'enseignement, la refonte des programmes de baccalauréat réalisée en 2004 à Polytechnique s'avère très positive. Les inscriptions au premier cycle sont à la hausse (13 %) et le taux de persévérance a, lui aussi, augmenté de façon considérable (10 %). Tous ces résultats probants ne se sont pas réalisés au détriment de la qualité, puisque Polytechnique recrute les étudiants qui ont les meilleures cotes R, ex-aequo avec McGill. Le directeur de l'enseignement et de la formation, Pierre G. Lafleur, a accordé une entrevue que vous pouvez lire aux pages 18 et 19. L'année 2008 coïncide avec deux anniversaires de fondation d'importance, celui du Département de génie physique et celui du Département de génie chimique. Bon 50 e anniversaire et bonne continuation! Finalement, je ne peux passer sous silence l'importance qu'ont nos partenaires et annonceurs dans la réalisation du magazine POLY, votre apport est essentiel, merci! Bonne lecture! Chantal Cantin, rédactrice en chef Chantal Cantin, directrice du Service des communications et du recrutement. «C'est » vous qui le dites Vous désirez réagir à un article, soumettre votre point de vue sur une question de génie ou proposer un sujet? Cet espace vous appartient. Faites-nous parvenir vos commentaires : communications@polymtl.ca ÉDITORIAL POLY Hiver 2008 5

  • Partager
    Page 4

    POLY Hiver 2008 ENTREVUE 6 Gilbert Drouin, Prix Mérite de l'ADP Du génie biomédical à la valorisation, portrait d'un pionnier Par Catherine Florès Figure marquante du génie biomédical au Québec, Gilbert Drouin s'est aussi beaucoup investi dans la valorisation de la recherche. Portrait d'un homme qui a laissé une empreinte profonde à Polytechnique. Gilbert Drouin a obtenu son baccalauréat en génie mécanique de Polytechnique en 1996, puis une maîtrise en génie mécanique de l'Université Cornell et un doctorat en génie biomédical de l'Université de Virginie. D'abord chargé d'enseignement, il connaîtra une carrière remarquable à Polytechnique durant plus de trente années : professeur agrégé, professeur titulaire, directeur de l'Institut de génie biomédical (institut conjoint avec la Faculté de médecine de l'Université de Montréal), en plus d'être directeur de la recherche à l'Institut de réadaptation de Montréal, et enfin, directeur des études et de la recherche à Polytechnique. En 1996, il quitte Polytechnique pour se joindre à Orthofab à titre de vice-président au développement technologique, fonction qu'il cumule l'année suivante avec la présidence d'un consortium de cinq PME visant le développement et la commercialisation d'aides techniques pour les personnes en perte d'autonomie. À partir de 1999, il préside aux destinées de Valorisation- Recherche (VRQ); il y jouera un rôle fondamental pour la profession d'ingénieur et la société québécoise. Sous sa houlette, quatre sociétés de valorisation ont été mises sur pied pour donner naissance à une quarantaine d'entreprises de haute technologie, 250 brevets ont été déposés et près de 200 M $ ont été investis en cinq ans avec différents partenaires financiers. VRQ a aussi créé six consortiums de recherche dans des domaines prioritaires pour le Québec. Enfin, l'organisme a subventionné 9 plates-formes technologiques et 37 grands projets de recherche impliquant les utilisateurs, dans des domaines aussi variés que la réussite scolaire, l'aquaculture ou la lutte contre le cancer. Promoteur de l'innovation, Gilbert Drouin est aussi un scientifique qui a concentré ses activités dans les domaines de la biomécanique, des biomatériaux et de la réadapta- Photo : Maxime Pilon-Lalande tion. Il détient par ailleurs sept brevets sur des produits orthopédiques. Il a également participé à la création de douze chaires industrielles, en plus de contribuer à quelque 200 articles et présentations. Il est coauteur de l'ouvrage Éléments de machine, largement utilisé dans les universités du Québec. Il a aussi siégé aux conseils d'administration de plusieurs organismes publics, comme le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et le Fonds québécois de recherche sur la Nature et la Technologie, et a dirigé plusieurs groupes d'études dans des domaines de recherche les plus divers. Aujourd'hui retraité, Gilbert Drouin ne se laisse pas séduire par l'oisiveté. Toujours actif au sein d'associations professionnelles et de conseils d'administration, ce natif de Lotbinière se voue également à son autre passion : l'acériculture, qu'il pratique sur les terres familiales. Lorsque vous avez reçu votre diplôme d'ingénieur en génie mécanique en 1966, le génie biomédical en était encore à ses balbutiements au Québec. Qu'est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans cette voie? Mon cœur a longtemps balancé entre les études de génie et la médecine. Le génie biomédical, que j'ai découvert durant mon doctorat à l'Université de Virginie, m'a permis de concilier ces deux intérêts. À mon retour au Québec, l'Institut de génie biomédical, créé à la fin des années 60, commençait à attirer l'attention avec les travaux qui y étaient menés sur le système cardio-vasculaire. Je me souviens de notre enthousiasme, à nous, jeunes chercheurs ou chirurgiens de l'époque. Nous nous sentions comme des «...nous avons les connaissances et le talent nécessaires pour que le domaine biomédical devienne un » secteur phare de notre économie. pionniers. Plus tard sont arrivés les outils technologiques qui ont donné un grand élan à notre domaine. Par exemple, à la fin des années 80, alors que je dirigeais l'Institut de réadaptation de Montréal, Polytechnique a fait l'acquisition du logiciel de conception assistée par ordinateur CATIA. J'y ai vu l'opportunité de lancer un projet de main artificielle biomécanique, qu'on m'avait proposé quelques temps plus tôt et que j'avais écarté à regret, faute d'outils pour le développer. Sur le plan technique, notre prototype était satisfaisant. Le projet coûtait cependant trop cher pour espérer une commercialisation. Toutefois, au point de vue de l'avancée des connaissances en biomécanique qu'il nous a permis d'acquérir, nous pouvons le considérer comme une réussite. Aujourd'hui, quels débouchés s'offrent au Québec aux étudiants en génie biomédical? Je suis convaincu que nous avons les connaissances et le talent nécessaires pour que le domaine biomédical devienne un secteur phare de notre économie. Le problème réside en une masse critique industrielle encore insuffisante. Certes, nous avons près de 400 d'entreprises qui œuvrent dans ce domaine, mais ce sont de petites PME. Ce qu'il nous faudrait, c'est un « Bombardier biomédical », un important donneur d'ordre qui jouerait un rôle de locomotive dans la commercialisation d'applications innovantes. Je pense aussi que le Gouvernement peut encore jouer un rôle de levier, en faisant des investissements adéquats. Cela dit, pour se trouver des débouchés, cela dépend aussi de la motivation de chacun. Du temps où j'étais professeur, la première question que je posais à mes étudiants, c'était : « Que veux-tu faire dans la vie? » Certains ne voulaient pas faire carrière en génie biomédical, mais appréciaient la formation multidiscipinaire. Quant à ceux qui savaient vouloir travailler dans le génie biomédical, ils ont fini par y trouver leur voie, quitte pour certains à créer eux-mêmes leur emploi. Lorsqu'on possède les compétences et la créativité, je crois sincèrement qu'on peut faire sa place en génie biomédical. D'ailleurs, je serais ravi si l'un de mes petitsenfants me déclarait souhaiter étudier dans ce domaine! Parallèlement à votre carrière de professeur et de scientifique, vous êtes reconnu au Québec comme « M. Valorisation ». De quoi êtes-vous le plus fier? Dans tous les projets auxquels j'ai participé, ce qui me rend le plus fier, c'est, en bout de piste, la progression des connaissances et de l'innovation qui en découle, ainsi que la qualité de la formation des étudiants que ces projets ont permis d'atteindre. Pendant ses sept ans d'existence, Valorisation- Recherche Québec, que vous avez dirigé, a influencé considérablement les orientations de la recherche universitaire. Quel héritage cet organisme a-t-il laissé? VRQ a induit un changement de culture dans le milieu de la recherche universitaire au Québec. Les universités jouent aujourd'hui un rôle plus actif sur la scène du transfert technologique, et notamment en prenant part à des consortiums, comme le CRIAQ, Prompt Québec, Nano Québec, etc., qui ont une influence sensible sur les rapports recherche-industrie. Au niveau des individus aussi, le changement culturel est tangible : les jeunes chercheurs font preuve d'un esprit entrepreneurial, autant pour la recherche de fonds et la gestion de leurs ressources que pour leurs travaux proprement dits. Et beaucoup veulent aussi jouer un rôle dans les applications en aval de leurs travaux. Je pense que les rapports entre l'industrie et les chercheurs se sont éclaircis : alors qu'on craignait un certain assujettissement de la recherche à l'industrie et à ses besoins, les chercheurs n'agissent pas en subordonnés, mais en collaborateurs dans les projets de valorisation. Est-ce qu'il vous a été difficile de vous éloigner des milieux de la valorisation et de l'innovation pour prendre votre retraite? En fait, je n'ai pas entièrement décroché. Je préside un comité qui finance des projets de développement économique et d'innovation, et je me tiens toujours au courant de ce qui se passe dans les consortiums de recherche et les universités. D'ailleurs, je suis avec intérêt les changements qui ont eu lieu ces dernières années dans les programmes de formation à Polytechnique; ça me semble très prometteur. Et puis, sur mes terres, je trouve beaucoup à m'occuper. L'acériculture n'est certes pas un domaine où il y a le plus d'innovation, mais je peux vous assurer qu'on y trouve beaucoup à apprendre! ENTREVUE POLY Hiver 2008 7

  • Partager
    Page 5

    POLY Hiver 2008 8 Qualité et gestion Technique Traitement des eaux usées * Gestion du personnel : une approche et un accompagnement adaptés pour les ingénieurs - 19-26 mars, 9-23 avril, 7-21 mai et 4 juin * Kaizen : le bureau au régime - 20 mars * CCÉG (Coalition canadienne de l'énergie géothermique) - Conception de systèmes géothermiques pour les bâtiments commerciaux - du 25 au 28 févr. ou du 28 avril au 1er mai * Méthodologie de conception des installations électriques industrielles BT, MT et HT - 17 et 18 mars * Étude géotechnique et reconnaissance des sols et du roc - 27 mars * Acoustique : gestion du bruit en environnement et transport - 28 mars * Les géomatériaux appliqués au génie civil - 31 mars à Montréal ou 16 avril à Québec * Stabilité de pente et glissement de terrain - 2 avril * Barrages, crues de rupture et protection civile - 10 et 11 avril * Techniques d'amélioration des sols en place avec études de cas - 18 avril * Module I : Caractéristiques et contraintes des sites et analyses des sols - du 11 au 13 févr. * Module II : Interprétation et application du règlement Q-2, r.8 - 14 et 15 févr. Tous ces cours peuvent être adaptés et offerts dans votre entreprise. Du 30 juin au 15 août 2008 Cours intensifs offerts à l'hiver-printemps 2008 Description complète des cours : www.polymtl.ca/cfc * Tél. : (514) 340-4387 Thématiques 2008 * Exercer du leadership : une approche adaptée pour les ingénieurs - 3 et 4 avril * Kaizen : pour une amélioration continue - 14 et 15 avril * Auditeur interne - 5 et 6 mai * Conception des lignes électriques aériennes, partie I - 21 et 22 avril * Parafoudres pour réseaux de transport électrique - 24 avril * Disjoncteurs pour réseaux de transport électrique - 25 avril * Relais et coordination de protection des installations électriques BT, MT et HT - 8 et 9 mai * Simulation énergétique des bâtiments - 2 et 3 juin * Analyses de risques FMEA/Design - 15 mai et FMEA/Procédés - 16 mai * Qualité de l'onde, composantes symétriques et harmoniques - 26 et 27 mai * Comprendre et résoudre vos problèmes d'odeurs - 29 et 30 mai * Module III : Conception de systèmes pour les débits > 3240 L et < 50 000 L en respect de l'article 32 - du 18 au 20 févr. * Conception d'ouvrages de traitement des boues d'épuration - 22 et 23 mai Folie technique le camp scientifique de Polytechnique Sous le soleil depuis 17 ans! Camp scientifique d'été pour les jeunes de 9 à 15 ans offert à Polytechnique Construire une voiture guidée par la lumière et un jeu de pinball, programmer un jeu informatique, sauver l'environnement en créant son propre papier recyclé... Chaque été, Folie Technique permet à quelque 700 jeunes de découvrir l'étonnant univers des sciences à travers de grands projets. Le camp se déroule dans les laboratoires de Polytechnique, sous la supervision d'étudiants qui profitent de l'occasion pour partager leur passion du génie et des sciences. À toute vitesse * Environnement et catastrophes terrestres Robotique/informatique * Construis ta ville Renseignements et inscription en ligne : www.folietechnique.qc.ca Faites vite! Toute inscription reçue avant le 8 avril 2008 bénéficiera d'un rabais de 15 $. Renseignements : 514 340-5856 VIENT DE PARAÎTRE Vous avez dit développement durable? par Corinne Gendron 142 p. ISBN : 978-2-553-01416-3 34,95 $ UN MONDE DE POSSIBILITÉS À LA HAUTEUR DE VOTRE POTENTIEL. L'ouvrage propose une réflexion sur les changements que suppose le développement durable. Bien que l'expression développement durable soit de plus en plus connue, le concept lui-même suscite encore de nombreux débats quant à son application et à l'articulation qu'il implique entre l'activité économique, la préservation de l'environnement et le développement individuel et social. Ce livre s'adresse aux décideurs des sphères économique et politique qui souhaitent comprendre les débats entourant le concept de développement durable et approfondir leur réflexion en vue de mieux cibler leur action en faveur d'un tel développement. Et parce qu'il offre des clefs pour comprendre comment nos sociétés tentent de prendre en charge la problématique environnementale, il intéressera aussi vivement tous ceux qui s'en préoccupent et désirent aller au-delà des visions simplistes pour participer de façon éclairée à l'effort collectif. dessau.com Dans le même domaine Pierre André, Claude E. Delisle et Jean-Pierre Revéret préparent la 3 e édition de Évaluation des impacts sur l'environnement _ Processus, acteurs et pratique pour un développement durable, à paraître à l'automne 2008. Est également attendu à la même période, Études de cas en gestion et responsabilité d'entreprise, par Emmanuel Raufflet et Pierre Batellier. Les Presses seront présentes à Québec les 1 er et 2 avril, au Salon 2008 des technologies environnementales du Québec, stand 300. http://steq.reseau-environnement.com www.polymtl.ca/pub Et vous, quand commencez-vous ? www.hydroquebec.com/emplois Branchée sur la relève ! POLY Hiver 2008 9

  • Partager
    Page 6

    POLY Hiver 2008 ENTREVUE 10 Photo : Denis Bernier Caroline Boudoux La microscopie confocale endoscopique, vers une « biopsie virtuelle » Par Catherine Florès Regarder le vivant d'encore plus près, c'est le défi que s'est donné Caroline Boudoux, arrivée à Polytechnique l'automne dernier pour poursuivre ses recherches en imagerie médicale au Département de génie physique et enseigner la biophotonique aux étudiants du baccalauréat. Elle se consacre au développement d'outils de diagnostic optique non invasif, et plus particulièrement à la microscopie confocale endoscopique, une technique très récente de détection. « Aujourd'hui, rappelle Caroline Boudoux, les médecins disposent de diverses techniques d'imagerie non invasives, comme la tomographie, la résonance magnétique ou l'échographie, pour observer le fonctionnement d'organes ou d'organismes entiers. Mais la biopsie est souvent une étape obligatoire à l'établissement d'un diagnostic fiable, l'observation d'échantillons au microscope à haute résolution étant encore le moyen le plus efficace de déterminer ce qui se passe au niveau cellulaire ou moléculaire. Ce qui n'est pas sans inconvénients, que l'on pense aux risques liés au prélèvement, à la durée du processus : prélever, fixer, trancher et colorer un échantillon pour l'observer peut prendre plusieurs heures, voire quelques jours, mais surtout à la limite de l'observation, qui ne peut se faire que sur une toute petite section de l'organe. La microscopie confocale, couplée à l'endoscopie, est une nouvelle technique qui vient pallier ces désavantages. Grâce à elle, on peut analyser un organe à l'échelle microscopique à quelques centaines de microns de profondeur, à la manière d'un scanner, en réalisant des coupes virtuelles successives de quelques µm d'épaisseur.» La technique consiste à éclairer un tissu in vivo par un laser, à l'aide d'une fibre optique et d'un ensemble de lentilles miniatures. La lumière rétrodiffusée par l'organe étudié est focalisée sur la même fibre optique, qui recueille uniquement les informations du plan sélectionné. La lumière provenant des autres plans est supprimée optiquement, ce qui permet d'obtenir des coupes virtuelles, dont l'information est transmise à l'ordinateur puis traitée. « La «Je crois que lorsqu'on est professeur, il faut savoir » investir dans le potentiel des étudiants. microscopie confocale endoscopique est très prometteuse, s'enthousiasme Mme Boudoux, mais il faut perfectionner le procédé, et notamment améliorer l'apparence mouchetée des images obtenues ainsi que leur contraste. Les expertises de mes collègues de Polytechnique, comme celles de Suzanne Lacroix et de Nicolas Godbout en coupleurs de fibres optiques, de Maksim Skorobogatiy en fibres micro-structurées ou encore de Romain Maciejko en tomographie par cohérence optique, ainsi que les équipements de pointe dont nous bénéficions ici, me permettent de développer plusieurs projets allant dans ce O Nouvelle recrue du Département de génie physique, Caroline Boudoux est ici photographiée au Laboratoire de biophotonique du professeur Romain Maciejko. C P A sens. Mes projets actuels visent la création de nouvelles fibres conçues pour l'endoscopie, ainsi que de coupleurs, faits de ces fibres novatrices, dont la robustesse permettra une utilisation hors laboratoire. » Ces innovations permettront, entre autres, d'améliorer l'instrument miniature d'endoscopie confocale à balayage spectral que la jeune chercheuse avait développé durant ses études doctorales au MIT, sous la supervision des professeurs Brett Bouma et Guillermo Tearney. Cet instrument, qui comprend un laser à balayage spectral ultra-rapide dans l'infrarouge proche, une console d'acquisition pour la détection, l'analyse et la visualisation en temps réel des tissus observés, ainsi qu'un microscope sous forme de sonde portable fournissant des images à très haute résolution (de l'ordre d'un micron) a déjà fait ses preuves en clinique, où les praticiens ont pu apprécier la légèreté de l'appareillage et la facilité de sa manipulation. « La sonde a maintenant la taille d'un crayon; j'espère parvenir à la miniaturiser davantage », précise-t-elle. Le transfert de ses projets en milieu médical compte beaucoup aux yeux de Caroline Boudoux, qui travaillera en collaboration avec des médecins de l'Hôpital Sainte- Justine. « Si nos innovations n'avaient pas d'utilisation en clinique, j'aurais l'impression de perdre mon temps », assure la chercheuse, qui se réjouit de trouver à Montréal un bassin important de cliniciens habitués à s'associer à des projets de recherche. Médecins et patients bénéficieront des avantages très concrets de l'aboutissement des travaux de l'équipe de la P re Boudoux : une visualisation très fine des organes ou tissus observés, tout en évitant les radiations inhérentes aux techniques radioscopiques, la possibilité d'un diagnostic rapide et fiable, sans recourir au prélèvement de tissu. Quant on sait à quel point le temps est un facteur critique en matière de détection et d'analyse de tissus suspects, on comprend d'autant mieux les espoirs soulevés par ces projets. Ceux-ci devraient attirer de nombreux étudiants, comme l'espère Caroline Boudoux. « Je souhaite avoir des étudiants de chaque cycle dans mon équipe, et même des stagiaires en début de baccalauréat. Dès ma première année de baccalauréat en génie physique, j'ai eu cette chance de collaborer à un projet en physique biomédicale du D r Christian Moisan durant un stage au CHUQ à Québec. Je veux à mon tour en faire profiter à de jeunes étudiants, car c'est une source d'apprentissage inestimable et un tremplin fantastique pour les études supérieures. Je crois que lorsqu'on est professeur, il faut savoir investir dans le potentiel des étudiants. » Exemple d'image obtenue par microscopie confocale. Cette image d'une chrysalide (C) de mouche permet de distinguer clairement les organes : œil (O), patte (P) et aile (A). ENTREVUE POLY Hiver 2008 11

  • Partager
    Page 7

    POLY Hiver 2008 12 DOSSIER BIOMÉDICAL Le glas des invasions barbares Par Danielle Ouellet Évacuer les médications et les chirurgies invasives de la pratique médicale : voilà ce que plusieurs chercheurs de l'École Polytechnique s'emploient à réaliser. Qu'il s'agisse de réparer des cartilages, de permettre aux aveugles de voir, de relier l'activité électrique de membres blessés avec le cerveau, de contrôler la croissance des os, ou de cibler avec une précision nanométrique la livraison de médicaments dans le corps, ils innovent et posent les jalons d'une nouvelle médecine. Patience et persévérance font partie de leur quotidien. Mais certains résultats commencent déjà à être commercialisés, premières indications de la fin des invasions barbares en médecine et en chirurgie. Guérir les lésions in situ En 2003, le célèbre hockeyeur Serge Savard faisait la manchette avec une première médicale. Victime de plusieurs accidents aux jambes au cours de sa carrière, il a réussi à éviter une intervention chirurgicale majeure pour remplacer l'articulation de son genou gauche. Comme le cartilage articulaire d'un adulte ne se régénère pas, une telle opération était jusqu'alors la seule solution. Serge Savard est au nombre des 33 patients auxquels Santé Canada a accordé une permission spéciale de traitement avec un nouveau biomatériau avant la fin des essais cliniques actuellement en cours dans plusieurs hôpitaux canadiens et européens. Une injection de CarGel (TM) a permis de régénérer le cartilage de son genou. Partenaires dans la vie comme dans le labo, Michael D. Buschmann et Caroline D. Hoemann sont au cœur de ce succès. Ils ont mis au point une technique de régénération du cartilage articulaire unique au monde. Titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Biosyntech sur les biomatériaux hybrides pour les technologies régénératrices novatrices, Michael Buschmann a fabriqué, avec son équipe, un biogel qui adhère à l'os et au cartilage. Au moment de l'opération, un polymère appelé chitosane, obtenu à partir des carapaces des crustacés, est mélangé avec le sang du patient. Il est ensuite appliqué directement sur la lésion au cours d'une opération très peu invasive. Une fois en place, le biogel remplit les lésions, s'installe comme un échafaudage 3-D et utilise des cellules de l'os derrière le cartilage. Enfin, avantage ultime, il se dégrade complètement pendant le processus de guérison. « Il s'agit d'une technologie très innovatrice, affirme Caroline Hoemann, biologiste et professeure au Département de génie chimique et à l'Institut de génie biomédical. Nous sommes les premiers à avoir pensé à guérir les cartilages directement sur le lieu de la lésion avec un tel biogel. » Mais le travail est loin d'être terminé : « Pour garantir le succès de la thérapie, nous étudions les interactions entre le polymère de chitosane et les cellules impliquées dans la guérison des blessures. Il reste encore beaucoup de recherche fondamentale à effectuer. » Le partenaire industriel de l'équipe de recherche, BioSyntech, développe une famille d'hydrogels liquides à basse température et solides à la température du corps pour réparer localement des cartilages, mais aussi des os et d'autres blessures chroniques. Partenaires dans la vie comme dans le labo, les professeurs Michael D. Buschmann et Caroline D. Hoemann ont mis au point une technique de régénération du cartilage articulaire unique au monde, qui a déjà permis à plusieurs patients d'éviter la chirurgie. Photo : Canadian Arthritis Network Le professeur Mohamad Sawan travaille à la mise au point de divers dispositifs médicaux intelligents destinés à compenser une perte de fonction ou d'organe chez des individus atteints de pathologies chroniques. Son projet d'« oeil bionique » suscite beaucoup d'enthousiasme, mais il faudra encore attendre une quinzaine d'années avant de l'implanter chez un patient aveugle. L'avènement d'un corps nouveau « L'idée d'un homme bionique est séduisante, car les gens s'attendent à des résultats bien ficelés. Mais le processus de recherche est long, et les résultats tout cuits dans le bec ne sont que de la science-fiction », remarque Mohamad Sawan, ce chercheur qui fait tout de même rêver les futuristes. Il a déjà réalisé des implants pour contrôler des bras et des jambes paralysés à partir du système nerveux. De plus, les personnes paraplégiques et quadraplégiques qui ont subi des lésions de la moelle épinière lui doivent un implant urinaire leur permettant de retrouver le contrôle de leur vessie. Il lui a fallu de 15 à 20 ans pour réaliser ce projet, une première mondiale. L'implant urinaire utilise des techniques de neurodétection et de neurostimulation pour obtenir une miction sur demande, et cela sans nuire aux fonctions sexuelles non atteintes. Une section du stimulateur actuel permet d'évacuer l'urine efficacement et l'autre maintient la vessie en bonne condition. Dans le Laboratoire de neurotechnologie Polystim qu'il a fondé en 1994, le professeur Sawan et ses collaborateurs raffinent actuellement cette technologie en tentant d'intégrer ce simulateur sur une même puce. Par ailleurs, l'« oeil bionique » suscite déjà beaucoup d'enthousiasme, et cela même si on ne prévoit pas l'implanter Photo : Normand Rajotte « chez un patient aveugle avant une quinzaine d'années. L'idée de communiquer directement avec le cortex visuel dans le cerveau plutôt que de rétablir une rétine ou un nerf optique déficient est révolutionnaire : « En remplaçant L'idée d'un homme bionique est séduisante (...) mais le processus de recherche est long et les résultats tout cuits dans le bec ne sont que de la science-fiction. » l'œil par une caméra, explique Mohamad Sawan, on peut envoyer les informations directement dans la zone du cerveau qui analyse les données pour en faire des images, sans passer par le nerf optique. » Des puces implantées dans le cortex reçoivent l'information d'une caméra placée sur la branche d'une paire de lunettes. La caméra est reliée à un processeur d'images qui transmet à son tour des commandes à la partie implantable. Cette dernière comprend une puce portée sur le dos d'une matrice d'électrodes qui permettent, lorsqu'elles sont activées ou non en fonction des données reçues, de recomposer une image. Basse résolution et sans couleurs, l'image est tout de même efficace : « Avec 625 électrodes, nous parvenons à former une image de 25 sur 25 pixels. Mais nous voulons placer 1000 électrodes. Pour cela il faut implanter environ 60 microdispositifs. Nous travaillons à miniaturiser l'équipement et à développer des outils pour mieux décoder le type d'information que le nerf optique apporte au cerveau. Il y a encore beaucoup à comprendre. C'est un projet de carrière. » Les travaux réalisés à Polystim ont mené à une dizaine de brevets et à plus de 400 publications : « Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier », assure Mohamad Sawan qui poursuit avec un autre projet fascinant, celui du contrôle de l'épilepsie. Lors d'une crise d'épilepsie, une tempête électrique d'activité neuronale est déclenchée : « Nous cherchons tout d'abord à localiser cette tempête, qui a tendance à se répéter au même endroit. Ensuite nous pourrons implanter un microsystème dans le cerveau qui détectera le début de la tempête et l'empêchera de se déclarer. » Le même principe pourra aussi s'appliquer aux personnes qui souffrent d'apnée du sommeil : un dispositif pourra détecter l'arrêt respiratoire et activer un générateur de stimuli qui indiquera au corps de recommencer à respirer. La famille de Mohamad Sawan le voyait médecin, rêve qu'il n'a pas pu réaliser au Liban, son pays natal, en raison de la guerre. Mais il a tout de même choisi la voie de la guérison, par le détour du génie biomédical. DOSSIER BIOMÉDICAL POLY Hiver 2008 13

  • Partager
    Page 8

    POLY Hiver 2008 14 DOSSIER BIOMÉDICAL Dans le domaine de la biomécanique, les professeurs Isabelle Villemure et Carl-Éric Aubin travaillent à mettre au point de nouvelles techniques pour permettre aux personnes atteintes d'une déformation de la colonne vertébrale de conserver un maximum de mobilité. Souplesse et scoliose, un nouveau paradigme Les personnes souffrant d'une scoliose suffisamment sévère pour devoir être opérées se retrouvent en général avec une longue tige attachée à leur colonne vertébrale pour fusionner certaines vertèbres. Cette technique permet à la colonne de se redresser, mais implique aussi une perte de souplesse parfois importante, sans compter la lourdeur de l'intervention elle-même. Carl-Éric Aubin, biomécanicien et titulaire de la Chaire de recherche du Canada Innovations CAO en génie orthopédique et de la chaire CRSNG-Medtronic en biomécanique de la colonne vertébrale, tente d'adoucir le traitement : « Nous nous efforçons de développer une technique sans fusion des vertèbres et ainsi de conserver le maximum de mobilité. » L'utilisation d'agrafes est une technique très prometteuse : « Un petite agrafe en forme de fer à cheval est installée de manière à venir comprimer deux vertèbres voisines. Au cours de l'enfance, la croissance de la colonne vertébrale s'effectue au niveau des plaques de croissance localisées entre les vertèbres et les disques intervertébraux. La pression contrôlée et induite par l'agrafe oblige l'os à se corriger pour diminuer la scoliose », explique le professeur Aubin qui s'emploie à raffiner cette méthode, en collaboration avec la professeure Isabelle Villemure, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mécanobiologie du système musculosquelettique pédiatrique, qui conduit des recherches très prometteuses sur l'action des efforts mécaniques sur la croissance des tissus osseux. Photo : Normand Rajotte La pratique actuelle de pose d'agrafes est empirique et se base sur l'appréciation d'information bidimensionnelle provenant de radiographies. Pour aider les chirurgiens, des logiciels informatiques développés par l'équipe de recherche des professeurs Aubin et Villemure permettent des simulations d'opérations basées sur les données personnelles de chaque patient. Des agrafes virtuelles permettent aussi de prévoir l'effet à long terme sur la colonne selon leur nombre, leur grosseur, leur position et leur orientation. S'ajoute à cela une salle d'opération virtuelle grâce à laquelle les chirurgiens peuvent mettre au point tous les détails de leur travail avant de l'exécuter. Et pour rendre l'opération le moins invasive possible, Carl-Éric Aubin et ses collaborateurs orthopédistes et biologistes développent des microagrafes qui se logent directement sur la plaque de croissance : « On truque ainsi le processus biologique très localement, sans traverser le disque intervertébral, ce qui permet de conserver la mobilité de la colonne tout en minimisant l'impact sur les fonctions biologiques. Les premières expériences sur des rats ont dépassé nos attentes : en générant des scolioses au niveau de la queue, nous avons obtenu une courbure de 30 degrés en moins de trois semaines. » Ces agrafes de deux à trois millimètres sont très difficiles à poser, sur des plaques de moins de 1 mm par exemple. Farida Cheriet, professeure au Département de génie informatique et génie logiciel, développe des techniques d'imagerie médicales pour mieux voir à l'intérieur du corps. L'objectif : superposer des images 3-D obtenues à partir des données personnelles du patient aux images 2-D de la minuscule caméra endoscopique qui guidera éventuellement les outils pour la pose des agrafes à l'intérieur du corps. « Tous ces travaux multidisciplinaires nous permettent de développer des traitements qui amélioreront la qualité de vie des patients atteints de déformations de la colonne vertébrale », conclut Carl-Éric Aubin. Circuler dans le corps : une première mondiale Au printemps 2007, Sylvain Martel et son équipe ont fait la une des nouvelles scientifiques à travers le monde, propulsant la robotique médicale en avant-plan : ils ont fait voyager un microdispositif à l'intérieur d'une artère d'un animal en le dirigeant de l'extérieur, sans fil, le tout in vivo. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en conception, fabrication et validation de micro/nanosystèmes et directeur du Laboratoire de NanoRobotique, Sylvain Martel a injecté une sphère de 1,5 mm de diamètre dans l'artère carotide d'un porc de 25 kilos, lui-même soumis à un système d'imagerie par résonance magnétique (IRM). À l'aide de programmes informatiques qui permettaient de varier le champ magnétique autour de la sphère, les chercheurs ont pu propulser et guider en temps réel le minuscule engin. Celui-ci se déplaçait en moyenne de 10 cm par seconde tout en corrigeant sa course 24 fois par seconde. Un cathéter a permis de récupérer le microdispositif en fin de course. Au printemps 2007, le professeur Sylvain Martel et ses collaborateurs sont parvenus à faire voyager un microdispositif à l'intérieur de l'artère d'un animal en le dirigeant de l'extérieur, sans fil, et in vivo. Une avancée scientifique qui pourrait notamment permettre le transport ciblé de médicaments vers les tumeurs à travers les vaisseaux sanguins, une solution de remplacement à la chimiothérapie actuelle. Sylvain Martel s'attaque maintenant à la miniaturisation : « À l'échelle nanométrique, explique-t-il, les comportements diffèrent et il est possible d'éviter les variations indésirables du champ magnétique. Nous avons déjà effectué la synthèse de nanoparticules que l'on insère à l'intérieur d'un polymère biodégradable. La moitié de son contenu sera le moteur, soit les nanoparticules ferromagnétiques guidées de l'extérieur, et l'autre moitié sera le médicament. Le corps humain contient quelque 100 000 kilomètres de vaisseaux sanguins, et pour voyager dans certains d'entre eux, l'ensemble du dispositif devrait être de 2 micromètres, soit environ 1/40 e de l'épaisseur d'un cheveu . » La chimiothérapie actuelle, qui atteint aussi bien des tissus sains que les tumeurs indésirables, pourrait par exemple être remplacée par des médicaments transportés directement dans le système sanguin vers la tumeur, éliminant ou à tout le moins réduisant les effets secondaires désagréables. Le chercheur s'emploie notamment à trouver les meilleurs nanomatériaux, différents selon qu'on envoie des médicaments vers le cerveau, le cœur ou ailleurs. Prudence dans le labo Lui-même passionné par les nanostructures, L'Hocine Yahia, professeur au Département de génie mécanique, lance toutefois un appel à la prudence : « Nous devons nous assurer de la biocompatibilité des nouveaux matériaux que nous implanterons dans le corps humain. » Les nanotubes de carbone, ces « briques du futur » selon le professeur Yahia, sont parmi les nanostructures susceptibles de devenir des véhicules performants dans le corps humain. Nouvelle forme du carbone, le nanotube de carbone est constitué d'un feuillet de graphène roulé sur lui-même pour former une molécule cylindrique d'un diamètre de quelques nanomètres et d'une longueur de plusieurs micromètres. Cette structure unidimensionnelle confère aux nanotubes de carbone des propriétés excep- Photo : Denis Bernier tionnelles : « Les nanotubes de carbone possèdent une élasticité remarquable, sont très légers et extrêmement résistants, explique la doctorante Stefania Polizu. Très bons conducteurs électriques et dotés d'une grande surface spécifique qui leur confère une bonne capacité d'adsorption, ces nanomatériaux favorisent l'attachement des cellules vivantes, particulièrement les cellules neuronales, et stimulent leur croissance. Leur petite taille en fait un support idéal pour des applications médicales très peu invasives. » Mais il y a une ombre au tableau : le risque de toxicité des nanotubes de carbone, surtout sous la forme de poudre, n'est pas encore élucidé. Des travaux sur cette question sont en cours depuis plusieurs années aux États-Unis, en Europe et au Japon : « Nous manquons dramatiquement de connaissances fondamentales quant à la manière dont notre système immunitaire réagira aux nanomatériaux », prévient L'Hocine Yahia qui collabore avec son collègue Sylvain Martel pour trouver des nanomatériaux avec des propriétés magnétiques. Il pense notamment à des nanoparticules magnétiques porteuses de médicaments qu'il dirigera de l'extérieur du corps vers les poumons. Mais il insiste pour s'assurer de leur biocompatibilité avec l'organisme : « Pour éviter des investissements inutiles, il faut s'attaquer à ce problème dès le départ. » Ainsi, il étudie les propriétés physico-chimiques des matériaux à l'échelle du nanomètre. Il les met ensuite en culture avec des cellules dont il observe les réponses. L'Hocine Yahia pousse plus loin sa préoccupation de sécurité biomédicale et s'attaque à un problème fort complexe, celui des bactéries qui s'accrochent aux nanoparticules qui se retrouvent ensuite dans le corps humain : « Il faut détruire la bactérie sans détruire l'instrument. » D'ici quelques années, les remplacements de genoux et de hanches, la chimiothérapie, les opérations à cœur ouvert sembleront peut-être aussi barbares à nos enfants que l'application de sangsues nous apparaît aujourd'hui. Une nouvelle ère biomédicale est en train de se dessiner dans les laboratoires de l'École Polytechnique. Le professeur L'Hocine Yahia s'intéresse aux questions que pose la biocompatibilité des nouveaux matériaux. En compagnie de la doctorante Stefania Polizu, il effectue actuellement des recherches sur les nanotubes de carbone, un support prometteur pour les nouvelles applications médicales moins invasives. Photo : Normand Rajotte DOSSIER BIOMÉDICAL POLY Hiver 2008 15

  • Partager
    Page 9

    POLY Hiver 2008 RECHERCHE 16 Polytechnique Leader canadien en recherche et innovation À l'avant-garde des partenariats avec l'industrie Dans les années 60, l'École Polytechnique était essentiellement une école professionnelle et la recherche y était encore embryonnaire. Depuis ce temps, l'École a considérablement investi dans la recherche et la formation aux cycles supérieurs. Où en est Polytechnique aujourd'hui, et quelle est sa position sur l'échiquier canadien? Une analyse comparative portant sur la recherche dans les 15 principales facultés et écoles de génie au Canada positionne Polytechnique au sommet de plusieurs indicateurs clés dont le nombre d'étudiants au doctorat, le financement en partenariat avec l'industrie et le financement octroyé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), l'organisme national chargé d'effectuer des investissements stratégiques dans la capacité scientifique et technologique du Canada. Bien arrimée à l'industrie, et notamment aux grandes grappes industrielles de la région montréalaise (les technologies de l'information et des communications, l'aérospatiale et les sciences de la vie, et bientôt l'environnement), c'est à partir de la lecture des besoins sociaux et économiques que Polytechnique oriente son plan stratégique de recherche et qu'elle développe ses programmes de formation aux cycles supérieurs. Les deux tableaux cidessous démontrent que Polytechnique et la Faculté de génie de l'Université de Toronto se disputent la tête du classement quant aux subventions totales octroyées par le CRSNG, et que Polytechnique est loin devant en ce qui a trait au financement de projets en partenariat avec le CRSNG et l'industrie. Un résultat qui n'a rien d'étonnant puisque 30 % des 61 M$ consacrés annuellement à la recherche à Polytechnique proviennent de l'industrie. Rappelons que l'École Polytechnique a été la première institution universitaire québécoise à mettre sur pied, en 1971, un bureau de liaison-entreprise. Le Bureau de la recherche et Centre de développement technologique (BRCDT) est aujourd'hui soutenu par une équipe multidisciplinaire d'une vingtaine de personnes qui a notamment pour mandat d'entretenir des liens étroits et fructueux avec les entreprises, les organismes subventionnaires et la communauté scientifique. Par les travaux de recherche de ses professeurs et de ses étudiants, l'École Polytechnique contribue non seulement 1 Sommaire exécutif de l'Analyse comparative de la recherche dans 15 écoles et facultés d'ingénierie au Canada de 1999 à 2006. www.polymtl.ca/recherche Photo : ADRIQ à la création de connaissances, mais également à la mise au point de nouveaux produits et procédés, à leur transfert vers les utilisateurs et à leur commercialisation. Toujours à l'avant-garde, Polytechnique a été la première université québécoise à mettre sur pied une société de valorisation de la recherche dédiée à l'exploitation commerciale des technologies développées par ses chercheurs. Créée en 1997 en partenariat avec le Fonds de solidarité de la FTQ, Polyvalor, qui travaille en étroite collaboration avec le BRCDT, est aujourd'hui associée aux sociétés de valorisation de HEC Montréal et de l'Université de Montréal et de ses hôpitaux affiliés, sous la société de gestion Univalor. Soulignons que, depuis 2001, les chercheurs de Polytechnique ont produit 149 déclarations d'invention (80 technologies sont présentement en commercialisation) et que les entreprises essaimées de Polytechnique ont créé Le jury du 17 e gala de l'Association de la recherche industrielle du Québec (ADRIQ), le plus prestigieux événement du milieu de l'innovation industrielle au Québec, a décerné le prix PARTENARIAT 2007 à l'École Polytechnique et à l'entreprise Biosyntech. Fondée par Amine Selmani, un ancien professeur de Polytechnique, BioSyntech se spécialise dans le développement et la commercialisation d'hydrogels utilisés dans la régénération des tissus tels le cartilage, les os et le traitement des plaies chroniques. Biosyntech a été l'une des toutes premières entreprises du portefeuille de Polyvalor. Elle est aujourd'hui cotée à la Bourse de Toronto (TSX). Amorcées en 1997, les collaborations entre BioSyntech et Polytechnique se concrétisent aujourd'hui dans le cadre des activités de la Chaire de recherche industrielle CRSNG- BioSyntech sur les biomatériaux hybrides pour les technologies régénératives novatrices, mise sur pied à 430 emplois directs et indirects et générés des investissements de 88 M$ en capital de risque et en financement boursier. Le prix Partenariat de l'ADRIQ remis à Biosyntech et Polytechnique Biosyntech, l'une des toutes premières entreprises du portefeuille de Polyvalor, est aujourd'hui cotée à la Bourse de Toronto De g. à d. Claude Demers (ADRIQ), Christophe Guy et Michael D. Buschmann (Polytechnique), Pierre Lapointe (INRS), Claude Leduc (BioSyntech), et Alain Coulombe (SolVision). Polytechnique par le professeur Michael D. Buschmann. BioSyntech participe activement aux collaborations scientifiques : elle fournit les polymères de base et contribue à orienter les travaux vers les domaines de recherche et d'exploitation les plus utiles. En contrepartie, elle bénéficie directement des découvertes et des brevets de l'équipe du professeur Buschmann, en vue d'en assurer la mise en marché. Ce partenariat fécond a permis à BioSyntech de déposer dans plusieurs pays plus de 110 demandes de brevet, (70 brevets ont déjà été émis), et de disposer d'une avance technologique appréciable sur ses principaux concurrents internationaux. Quant à Polytechnique, ce partenariat lui donne l'occasion de développer son expertise tout en formant une relève scientifique hautement qualifiée en nano-biotechnologie et dans le domaine biomédical, relève dont les entreprises québécoises ont grand besoin. RECHERCHE POLY Hiver 2008 17

  • Partager
    Page 10

    POLY Hiver 2008 ENSEIGNMENT 18 Les programmes renouvelés font leurs preuves Par Annie Touchette En 2004, Polytechnique se lançait dans un vaste chantier pédagogique. L'objectif était de taille : réviser en profondeur ses 11 programmes de baccalauréat afin de tenir compte de la réalité actuelle des ingénieurs tout en maintenant la rigueur scientifique qui a toujours fait la réputation de sa formation. Deux ans après l'ouverture des programmes renouvelés, le taux de persévérance des étudiants après une année a bondi de 10 %, les étudiants de première année réussissent plus de crédits, les inscriptions au premier cycle ont connu une hausse de 13 % et Polytechnique attire les meilleurs étudiants du Québec. Survol des changements apportés et premier bilan. Les changements Avis aux nostalgiques... Le tronc commun, ce passage obligé de matières fondamentales qui a mis à l'épreuve la motivation des aspirants ingénieurs pendant plusieurs décennies, n'existe plus. Depuis l'automne 2005, les étudiants sont intégrés dans leur spécialité dès leur arrivée à Polytechnique. Est-ce dire qu'on n'enseigne plus les cours de base aux futurs ingénieurs? « Les composants du tronc commun n'ont pas disparu », assure Pierre G. Lafleur, directeur de l'enseignement et de la formation. « Ils sont plutôt répartis dans les premières années de la formation, de manière plus pertinente, selon la formule du « juste à temps ». Donnons l'exemple d'un cours de mathématiques qui était donné en première session, mais qui n'était réellement utile à l'étudiant qu'en troisième session. Il est Comme le souligne Pierre G. Lafleur, les inscriptions au premier cycle ont connu une hausse de 13 % depuis la mise en place des programmes renouvelés et Polytechnique attire les meilleurs étudiants du Québec. maintenant offert au bon moment et la matière est mise en contexte. Un même cours peut avoir jusqu'à quatre versions, selon le programme où il est enseigné. » En outre, les nouveaux programmes proposent chaque année aux étudiants l'expérience d'un projet intégrateur. Pour intégrer les notions vues en classe, certes, mais également pour donner aux étudiants l'occasion de travailler en équipe à un projet concret d'ingénierie. Un bon moyen d'acquérir des habiletés personnelles et relationnelles (HPR), essentielles à l'ingénieur qui doit de nos jours savoir s'exprimer correctement à l'écrit et à l'oral, organiser des groupes de travail, débloquer des situations conflictuelles, recevoir et donner de la rétroaction, etc. À l'hiver 2008, Polytechnique pousse encore plus loin la logique des cours intégrateurs, en réunissant des étudiants en provenance de diverses spécialités du génie autour d'un projet réel de développement durable : la conception d'une coopérative d'habitation intégrant des logements, des activités commerciales et des espaces communautaires dans un contexte juridique et d'urbanisme défini, selon une approche soucieuse de l'environnement, de la société et de l'économie. Autre nouveauté à faire l'unanimité tant chez les étudiants que les employeurs : l'introduction d'un stage obligatoire dans tous les programmes de premier cycle. « L'an prochain, lorsque nous aurons atteint notre régime de croisière, plus de 1 000 stages par année seront offerts aux étudiants de Polytechnique, souligne Pierre G. Lafleur. À ce chapitre, nous comptons sur l'appui de l'industrie et des diplômés. Ils ont un rôle important à jouer dans la formation de la relève. » Pour permettre aux étudiants de partir en stage l'automne et l'hiver, Polytechnique offre maintenant dans certains programmes une pleine session de cours à l'été. On a également profité de la refonte des programmes pour bonifier l'appui offert aux étudiants du premier cycle. Le Centre de consultation en mathématiques a ouvert ses portes aux étudiants de toutes les disciplines à l'automne 2005. On peut y obtenir des explications, consulter des manuels, des notes de cours et d'anciens examens. On y offre également une série d'ateliers gratuits pour réviser des notions de base. En outre, les étudiants de première année ont accès à un programme gratuit de tutorat offert par des étudiants de 3 e et 4 e année qui ont reçu une formation pédagogique appropriée. En phase avec la mondialisation des marchés et la réalité des futurs ingénieurs, les programmes offrent de nouvelles possibilités de formation à l'international. En plus du programme d'échange étudiant, Polytechnique intègre directement dans ses programmes des formations spécifiques offertes dans des établissements partenaires à l'étranger. Les étudiants en génie géologique peuvent, par exemple, suivre une formation spécifique en géologie informatique à l'École nationale supérieure de géologie de Nancy en plus d'y réaliser un stage rémunéré, alors que les étudiants de génie mécanique se voient offrir des spécialisations de dernière année en génie automobile et en génie ferroviaire à l'École Supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (Paris) et à l'Institut des arts et métiers (Lille). Le bilan Premier constat. Depuis l'introduction des programmes renouvelés, le taux de persévérance des étudiants au baccalauréat a connu une hausse de près de 10 % après la première année et on note qu'un plus grand nombre de crédits sont réussis en première année. Le fait que les étudiants soient accueillis dans leur spécialité dès la première année et l'enseignement des notions fondamentales selon les principes du « juste à temps » n'y sont certainement pas étrangers. En outre, les sondages annuels réalisés auprès des étudiants indiquent qu'ils ont maintenant plus de plaisir à étudier à Polytechnique, même si, selon leur perception, la charge de travail n'a pas diminué. Deuxième constat. Les nouveaux programmes offerts par Polytechnique ont la cote. Depuis les changements apportés à l'automne 2005, les inscriptions au baccalauréat ont connu une hausse de 13 %, alors que le bassin dans lequel les écoles et les facultés de génie recrutent ne cesse de diminuer. « Et cette hausse ne s'est pas réalisée au détriment de la qualité, tient à préciser Pierre Lafleur. « Au Québec, nous recrutons les cégépiens qui ont les meilleures cote R, ex-equo avec McGill, et nous sommes l'institution choisie par le plus grand nombre de candidats de haut calibre (cote de rendement collégial de 32 et plus). » Forte de ce bilan positif, est-ce que Polytechnique compte apporter de nouveaux changements à son offre de formation d'ici les prochaines années? « Nous évaluons la possibilité d'offrir certains cours de premier cycle en anglais, répond M. Lafleur. Les étudiants auraient bien entendu la possibilité de les suivre en français, mais leur version anglaise nous permettrait d'intéresser des étudiants en provenance de la Chine, de l'Inde, des États-Unis et du Canada anglais, pour lesquels la langue est souvent un frein ou un obstacle ». Bernard Landry enseigne les enjeux du commerce international aux futurs ingénieurs Polytechnique a invité Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, à donner un cours de trois crédits sur la globalisation et les firmes internationales. Ce cours s'insère dans la nouvelle orientation thématique, Projets internationaux, lancée à l'automne 2007, qui permet aux futurs ingénieurs de se familiariser avec les problématiques socio-économiques et technologiques de la mondialisation. « En politique depuis les années 70, j'ai été un témoin privilégié de l'essor des grandes firmes québécoises d'ingénierie », explique M. Bernard Landry. « Avec les vastes chantiers des années 60 et 70, ces entreprises ont eu l'occasion de parfaire leur expertise, de développer un remarquable savoir-faire en gestion de projet et surtout, de faire valoir leurs compétences. Fortes de ces expériences, elles sont aujourd'hui très actives à l'international, et la formation des jeunes ingénieurs se doit de refléter cette réalité. Il me fait extrêmement plaisir d'avoir aujourd'hui l'occasion d'initier les futurs ingénieurs aux enjeux de la mondialisation et de les préparer aux défis qui les attendent sur l'échiquier mondial. » Le cours de M. Landry, qui a débuté en janvier, fait salle comble. « C'est une chance pour nos étudiants de pouvoir être initiés aux problématiques du commerce international par une personnalité de l'envergure de M. Landry, souligne Mario Bourgault, professeur au Département de mathématiques et génie industriel de Polytechnique et responsable de l'orientation Projets internationaux. L'engouement pour le cours a été immédiat. M. Landry nous a d'ailleurs confié être impressionné par la qualité de l'attention des étudiants et la pertinence de leurs interventions. » ENSEIGNEMENT POLY Hiver 2008 19

© École Polytechnique de Montréal
Bottin | Plan du site | Recherche | Conditions

Un moment SVP