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MagPolyDecembre2016
Magazine Poly | 2016-12-14 11:44:17
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL DÉCEMBRE 2016 VOLUME 13 NUMÉRO 4 GRAND DOSSIER / LE VENT DE L’ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE SOUFFLE SUR POLYTECHNIQUE RECHERCHE / UNE UNITÉ MOBILE POUR LA RECHERCHE SUR LES SYSTÈMES GÉOTHERMIQUES ENSEIGNEMENT / UNE PLATEFORME D’ESSAIS D’AÉRONEFS POUR LA FORMATION AÉROSPATIALE Poste publications no de convention 41074519. PIERRE LELIÈVRE, NURY ARDILA, MOUNIA ARKOU, FÉLIX BOURASSA- LES P RS NADIA LAHRICHI ET MOREAU ET ILYASS ANDREA LODI, DEUX SPÉCIALISTES TABIAI, DE JEUNES ENTREPRENEURS DU BIG DATA QUI INNOVENT.

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    MAINTENANT DISPONIBLES DÉCOUVREZ DEUX NOUVEAUX FONDS FÉRIQUE ■ REVENU DIVERSIFIÉ ■ MARCHÉS ÉMERGENTS 1 ̌ Diversification géographique du portefeuille ̌ Potentiel de revenu ou de croissance supérieur ̌ Approche multigestionnaire ̌ Frais de gestion parmi les plus bas de l’industrie 2 ➥ À la recherche d’une solution clés en main ? Informez-vous aussi sur la famille des Fonds FÉRIQUE Équilibrés. MOINS DE 3 MOIS POUR COTISER À VOTRE REER POUR 2016 Pour plus de détails ou pour investir dans ces Fonds, communiquez avec notre Service-conseil. 514 788-6485 | 1 800 291-0337 ferique.com 1 Gestion FÉRIQUE estime que la volatilité de ce Fonds est élevée. 2 Les ratios de frais de gestion médians des Fonds FÉRIQUE sont parmi les plus bas si on les compare à leur univers de référence au Canada selon Morningstar. FÉRIQUE est une marque enregistrée de Gestion FÉRIQUE et est utilisée sous licence par sa filiale, Services d'investissement FÉRIQUE. Gestion FÉRIQUE est un gestionnaire de fonds d'investissement et assume la gestion des Fonds FÉRIQUE. Services d'investissement FÉRIQUE est un courtier en épargne collective et un cabinet de planification financière, ainsi que le placeur principal des Fonds FÉRIQUE. Veuillez noter qu'à des fins commerciales, Services d'investissement FÉRIQUE est aussi identifié en langue anglaise sous le nom de FÉRIQUE Investment Services. Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de courtage, des commissions de suivi, des frais de gestion et d'autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL ARTICLES DÉCEMBRE 2016 VOLUME 13 NUMÉRO 4 SOMMAIRE Vol 13, n° 4 - Décembre 2016 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin,
Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Patrice- Guy Martin, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Jean- François Ferland, Virginie Ferland, Mario Masson, Stéphanie Oscarson Révision Stéphane Batigne, Chantal Lemieux, Johanne Raymond Photos Yves Beaulieu (couverture), Ferland photographie, Victor Diaz, Denis Bernier, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca CERT I F IC AT I ON 6 17 20 21 22 24 26 28 30 32 33 GRAND DOSSIER Le vent de l’entrepreneuriat technologique souffle sur Polytechnique ! PORTRAIT Gilles Savard : l’équilibre en mouvement VUE D’AILLEURS Au cœur de la création de nouveaux produits chez Microsoft POINT DE VUE Regard d’un économiste sur l’innovation technologique mondialisée ENSEIGNEMENT 22 Enseigner le génie à l’heure numérique : Polytechnique 3.0 23 Une plateforme d’essais d’aéronefs pour la formation aérospatiale RECHERCHE Une unité mobile pour la recherche sur les systèmes géothermiques RECHERCHE Un mandat qui m’a rendu heureux, fier et reconnaissant ENGAGEMENT SOCIAL Des chercheurs de Polytechnique coopèrent avec l’Afrique LA RELÈVE EN VEDETTE Se dépasser, dans ses études et sur deux roues STAGES Nos stagiaires en action CARREFOUR CARRIÈRE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL FORMATION CONTINUE Bonnes nouvelles pour nos étudiants en cybersécurité, mauvaises nouvelles pour les cybercriminels ! C a m p u s r d u e l a b BULLETIN 34 / Ça bouge à Poly 36 / Association des Diplômés de Polytechnique 39 / Fondation de Polytechnique

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    Forfait exclusif pour les diplômés de Polytechnique Toutes nos excuses aux mascottes FIère partenaire Économisez jusqu’à 2 000 $* annuellement en adhérant au forfait adapté aux diplômés de Polytechnique. bnc.ca/ingenieur * Certaines conditions s’appliquent. Ce forfait est exclusif aux professions admissibles au forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Calculé sur une économie annuelle d’une valeur de 299 $ sur les transactions au comptoir et électroniques incluses dans le forfait Le Virtuose MD ; un rabais annuel de 810 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 6,0 % pour une marge de crédit personnelle moyenne de 13 500 $ (taux pouvant varier selon le dossier de crédit); un rabais annuel de 1 125 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 0,75 % pour une marge de crédit Tout-En-Un Banque Nationale MD volume moyen de 150 000 $ dans le forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Vous devez être détenteur de la carte de crédit Platine, World ou World Elite MasterCard MD pour être éligible au forfait pour les ingénieurs et les diplômés en génie. Il se peut que l’économie potentielle ne représente pas l’économie nette que vous obtiendrez, elle varie selon votre situation financière. MD Le Virtuose et Tout-En-Un Banque Nationale sont des marques déposées de la Banque Nationale du Canada. MasterCard est une marque déposée de MasterCard International Inc., utilisée sous licence. © 2016 BANQUE NATIONALE DU CANADA. Tous droits réservés.

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    ÉDITORIAL Une saison riche depuis que je suis arrivée à polytechnique il y a plus de 13 ans à titre de directrice du service des communications, j’ai assisté à des activités et à des événements marquants de toutes sortes : découvertes et innovations de nos professeurs-chercheurs, inaugurations de nouvelles infrastructures, collations des grades, conférences et j’en passe. mais, l’un des plus beaux moments que j’ai vécus jusqu’à présent s’est déroulé le 28 octobre dernier. ce jourlà, j’étais à la conférence que notre directeur général, m. christophe guy, a donnée à la chambre de commerce du montréal métropolitain. il avait eu la générosité de partager cette tribune avec certains de vos collègues diplômés devenus des entrepreneurs technologiques d’envergure. Polytechnique est une pépinière de talents dont la formation d’ingénieur est reconnue au-delà des frontières, mais elle est aussi un terreau fertile pour l’éclosion d’entrepreneurs technologiques, comme la conférence a permis de le constater. Quelle fierté, quel vent d’optimisme ! Le grand dossier de ce numéro de décembre traite d’ailleurs de l’entrepreneuriat technologique et dresse quelques portraits inspirants, à lire à partir de la page 6. Les professeurs Benoît Courcelles et Philippe Pasquier se sont aussi illustrés cet automne. Grâce à leurs travaux et aux collaborations qu’ils ont su tisser, nous avons inauguré, le 1 er novembre dernier, l’Unité de recherche en géothermie. Cette unité, unique en son genre, servira à valider des modèles d’analyse et de conception de systèmes géothermiques pour des bâtiments commerciaux et institutionnels en milieu urbain dense. Le secteur de l’aérospatiale de Polytechnique n’a pas été en reste, puisque le 18 novembre, nous avons souligné, en collaboration avec tous les partenaires, l’ouverture officielle du LESIAQ (Laboratoire d’enseignement des systèmes intégrés en aérospatiale du Québec). Depuis ce trimestre, les étudiants en génie aérospatial de Polytechnique et de l’Université Concordia peuvent apprendre et expérimenter à l’aide de plateformes d’essais d’aéronefs grandeur nature. À découvrir en pages 23 et 24. Cette saison a aussi été marquée par l’annonce du départ de M. Gilles Savard, directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales de Polytechnique. Il quittera ses fonctions à la fin de décembre 2016 pour diriger IVADO (Institut de valorisation des données) dès janvier 2017. Merci, Gilles, pour ta contribution à l’essor de notre établissement en matière de recherche et d’excellence universitaire. Et un merci bien spécial pour tout ce que tu as fait en matière de stratégie entrepreneuriale, avec une vision de précurseur puisque aujourd’hui, plus de 40 % des Québécois de 18 à 34 ans sont tentés par l’entrepreneuriat, selon l’Indice entrepreneurial québécois 2016. Enfin, en ce mois de décembre, je profite de l’occasion pour vous souhaiter une période de réjouissances des plus agréables. Profitez-en pour vous ressourcer et pour vous amuser avec vos proches. Le temps passe si vite... Que la nouvelle année vous apporte joies et beaux défis ! Chantal Cantin Rédactrice en chef DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4 / POLY 5

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    GRAND DOSSIER LE VENT DE L’ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE SOUFFLE SUR POLYTECHNIQUE ! PAR CATHERINE FLORÈS ils sont jeunes, créatifs, audacieux, nourris aux technologies, aspirant à la liberté et à l’accomplissement personnel. ils bousculent les modèles traditionnels de l’entreprise et s’annoncent comme les créateurs de richesses de demain. ce sont les entrepreneurs technologiques issus de polytechnique, qui démontrent que c’est en misant sur le savoir et en soutenant la culture entrepreneuriale chez les futurs ingénieurs que l’on bâtit l’avenir. vous souhaitez ressentir une bouffée d’optimisme ? découvrez dans les pages suivantes les projets de mounia et de nury, de félix, de pierre, de marc-antoine ou encore d’adnane, des étudiants ou de récents diplômés représentatifs de cette nouvelle génération d’entrepreneurs. UN ENVIRONNEMENT FAVO- RABLE À L’ENTREPRENEURIAT Les étudiants de Polytechnique ont de la chance : ils vivent dans une ville figurant parmi les 20 plus favorables aux entreprises en démarrage et ils évoluent dans un milieu universitaire naturellement innovant et fortement engagé dans le soutien à la création d’entreprises technologiques. De quoi stimuler leur envie d’entreprendre ! Envie qui serait aujourd’hui considérable, puisque 42,2 % des Québécois de 18 à 34 ans se déclarent tentés par l’entrepreneuriat, selon l’Indice entrepreneurial québécois 2016. Polytechnique s’affirme comme « un terreau fertile pour cultiver la fibre entrepreneuriale », ainsi que l’a souligné son directeur général, Christophe Guy, lors de sa conférence sur l’entrepreneuriat technologique donnée à la Chambre de commerce en octobre dernier. Consciente du gisement de talents que représente sa communauté, elle s’est munie d’une stratégie qui développe résolument son écosystème entrepreneurial axé sur l’innovation et les nouvelles technologies. « Polytechnique offre une série de ressources aux étudiants intéressés par l’entrepreneuriat quel que soit l’avancement de leur projet. Qu’ils aient envie d’en savoir plus sur l’entrepreneuriat technologique, ou qu’ils aient déjà identifié une technologie qu’ils aimeraient commercialiser ou un besoin du marché auquel ils souhaiteraient répondre », mentionne Cléo Ascher, conseillère à l’entrepreneuriat récemment engagée pour encourager l’esprit entrepreneurial au sein de la communauté de Polytechnique et enrichir le soutien des aspirants entrepreneurs. L’une de ces ressources est le Centre d’entrepreneuriat Polytechnique-UdeM qui offre aux étudiants de l’accompagnement individualisé, des ateliers en lien avec l’entrepreneuriat et des concours. Par ailleurs, des cours et des programmes de formation sont proposés à tous les cycles. Par exemple, l’orientation thématique Innovation et entrepreneuriat technologique offerte au baccalauréat, des microprogrammes, et de nombreux autres cours qui abordent des problématiques liées à l’entrepreneuriat technologique. « Polytechnique propose également d’autres ressources pour l’entrepre- CLÉO ASCHER, CONSEILLÈRE À L’ENTREPRENEURIAT 6 POLY / DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4

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    neuriat, tels que le PolyFab Normand Brais, un FabLab permettant à ses usagers d’usiner des prototypes et d’échanger leurs connaissances, une formule de stage consacrée à la création d’entreprise, l’incubateur J.-Armand- Bombardier, et la société de valorisation de la recherche universitaire Univalor, qui aide les chercheurs-entrepreneurs du campus à protéger la propriété intellectuelle de leurs inventions et à les mettre en marché », poursuit M me Asher. / FRANCHIR LE CAP GRÂCE AU CENTRE D’ENTREPRENEURIAT POLY-UDEM « Les étudiants qui viennent nous consulter ont tendance à se focaliser au départ sur les performances du produit ou du service qu’ils veulent lancer. », constate Lydia Bukkfalvi, directrice du Centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM. « La première chose que nous leur apprenons, c’est que même le meilleur produit ne peut se vendre tout seul ! » Ateliers et conférences animés par des professionnels du milieu des affaires et des spécialistes de l’entrepreneuriat, séances de cocréation, soirées « bootcamp », séances de mentorat individualisé : les services mis en œuvre par le Centre d’entrepreneuriat élargissent le champ des possibilités des aspirants entrepreneurs. Ils sont initiés à l’élaboration de modèles et de plans d’affaires, apprennent à présenter leur idée en quelques secondes et à convaincre des partenaires, abordent les volets gestion, marketing, finances, ressources humaines, essentiels à l’entreprise. Ils découvrent les différentes étapes de la mise en marché, et se familiarisent aussi avec les enjeux de la propriété intellectuelle et les aspects juridiques de la création d’entreprise. Même pour ceux qui ne mèneront pas leur projet jusqu’à l’aboutissement, tout le processus s’avère un formidable apprentissage, qui enrichit leur formation d’ingénieur et ajoutera de la valeur à leur CV », souligne M me Bukkfalvi. Pour vérifier que leur projet tient la route, les entrepreneurs en herbe peuvent tenter les concours créés par le Centre. Ainsi, Innovinc., une série de trois concours (Explorez, Esquissez, Concrétisez), accompagne les participants dans une démarche structurée, encadrée par des professionnels en démarrage d’entreprise. Destiné essentiellement aux étudiants des cycles supérieurs, le profil Technopreneur encourage quant à lui la création d’entreprises basées sur la commercialisation de technologies issues de LYDIA BUKKFALVI, DIRECTRICE DU CENTRE D’ENTREPRENEURIAT POLY-UdeM la recherche universitaire sur le campus. Des bourses et l’accès à des services professionnels pour le démarrage d’entreprise récompensent les lauréats de ces concours. « Quelle que soit l’étape à laquelle ils sont rendus dans leur démarche entrepreneuriale, nous encourageons les étudiants à venir nous voir. Nous pouvons les aider à cheminer et à donner le meilleur d’eux-mêmes », conclut M me Bukkfalvi. / polymtl.ca/entrepreneuriat DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4 / POLY 7 >>>

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    GRAND DOSSIER LE VENT DE L’ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE SOUFFLE SUR POLYTECHNIQUE ! DESSINE-MOI UN ENTREPRENEUR TECHNOLOGIQUE peut-on dresser un portrait-robot de l’entrepreneur technologique voué au succès ? pas vraiment, s’accordent à dire les deux spécialistes du capital de risque que nous avons consultés, stéphane pilette, po 91, génie mécanique, vice-président du réseau anges québec, et martin duchaine, po 95, génie mécanique, président de défi montréal - capital innovation. selon eux, il existe toutefois des caractéristiques qui favorisent le succès à long terme et qui plaisent aux investisseurs. SES COMPÉTENCES PRIMENT SUR SON PROJET « C’est l’entrepreneur qui fait le bon projet d’entreprise. Les investisseurs misent avant tout sur la personne. » - S. P. C’EST UN MENEUR « La capacité à mobiliser des gens autour de son projet, en particulier, à former une équipe multidisciplinaire, est essentielle. » - M. D. « Aucun entrepreneur ne sait tout faire. Il doit savoir s’entourer de personnes qui ont des compétences complémentaires aux siennes. » - S. P. IL DÉVELOPPE SON ENTREPRISE ICI « Avec la concentration de talents et parlent surtout de leur produit, pas de sa commercialisation. Alors que les trois questions essentielles sont : le produit va-t-il se vendre ? Comment allez-vous le vendre? Avez-vous la bonne équipe pour le vendre ? » - S. P. MARTIN DUCHAINE, PO 95, GÉNIE MÉCANIQUE, PRÉSIDENT DE DÉFI MONTRÉAL - CAPITAL INNOVATION STÉPHANE PILETTE, PO 91, GÉNIE MÉCANIQUE, VICE-PRÉSIDENT DU RÉSEAU ANGES QUÉBEC IL EST PASSIONNÉ « Les entrepreneurs qui réussissent ne sortent pas d’un moule. Depuis 17 ans que j’évolue dans le milieu du capital-risque, j’ai vu toutes sortes de personnalités réussir. Leur point commun, c’est d’abord la passion. » - Martin Duchaine « Un vrai entrepreneur s’implique à 100 % dans son projet. Les investisseurs ne sont pas rassurés si le président de l’entreprise développe celle-ci en marge de son activité principale. » - Stéphane Pilette d’expériences diversifiées existant à Montréal, ainsi que le nombre de ressources, on est dans un environnement privilégié pour créer des entreprises technologiques. » - S. P. « Le Québec a surtout un écosystème de PME. C’était son talon d’Achille dans l’économie traditionnelle, cela devient son atout avec la révolution technologique. » - M. D. SON PRODUIT OU SERVICE RÉPOND À UN BESOIN DU MARCHÉ « Ça peut ne pas plaire aux ingénieurs, mais la vente est plus importante que la technologie. Les investisseurs visent des rendements les plus élevés possible, le marché doit être rentable. Quatre-vingts pour cent des entrepreneurs débutants qui sollicitent des investisseurs leur IL SE BRANCHE SUR LES RÉSEAUX D’AFFAIRES ET DE COMPÉTENCES « Moins de 10 % des entreprises technologiques passent le cap de la cinquième année, sauf lorsqu’elles se développent au sein de réseaux d’affaires et de savoir adaptés. Le taux dépasse alors 50 %. » - M. D. « Il faut aller à la rencontre de son marché, profiter de l’expérience des autres entrepreneurs et des expertises universitaires. En restant en vase clos, on ne va pas loin. » - S. P. IL EST RÉSILIENT « On est plus aguerri après un échec. Les investisseurs aiment les entrepreneurs en série ! » - M. D. « L’échec, c’est une occasion d’apprendre. Il y a toujours une vie après l’échec ! » - S. P. / 8 POLY / DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4

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    CHITOPACK : QUAND DES ÉTUDIANTES S’EMBALLENT POUR LEUR PROJET DE DOCTORAT MOUNIA ARKOUN ET NURY ARDILA, PROGRAMME TECHNOPRENEUR Travailler dans un cadre rigide avec des horaires fixes ? Très peu pour Mounia Arkoun et Nury Ardila. À la fin de leur doctorat, les deux jeunes femmes savent à la porte de quelle entreprise elles vont aller frapper : la leur. Elles ont fait le pari de commercialiser leur projet de doctorat, un emballage de l’Association francophone pour le savoir (Acfas). Il a fallu établir un plan d’affaires et réaliser une étude de marché, certes sommaires, mais cela nous a aidé à structurer nos idées. Nous avons remporté le prix Coup de cœur du jury et le Prix du public. » Encouragées par ce résultat, les deux étudiantes se sont ensuite engagées dans le programme Technopreneur du Centre d’entrepreneuriat. « Ce Centre, nous n’aurions pu faire toutes ces démarches », souligne Nury. NURY ARDILA ET MOUNIA ARKOUN, ÉTUDIANTES AU DOCTORAT EN GÉNIE CHIMIQUE alimentaire actif, développé sous la direction des P rs Abdelah Ajji et Marie- Claude Heuzey. « Notre produit, Chito- Pack, permet de prolonger la durée de vie des aliments en freinant le développement bactérien qui peut causer des intoxications alimentaires. Il est fabriqué à partir du chitosane. C’est un matériau 100 % naturel, biodégradable et non toxique, issu de sous-produits de l’industrie de la pêche », précise Mounia. Un emballage plus sécuritaire, sans risque pour l’environnement et valorisant les rebuts de la pêche, cela semble a priori le produit idéal. « Nous avions un prototype fonctionnel, mais il nous fallait étudier tout l’aspect de production et de mise en marché, rapporte Nury. Pour tester notre projet, nous l’avons présenté au concours Génies en affaires programme étalé sur huit mois nous permet d’explorer des marchés et de prendre le temps de bien définir chaque étape du développement, explique Mounia. Avant, une de nos craintes était de devoir monter une usine de production, car nous n’avions pas les reins assez solides pour cela. Or, le mentorat et les ateliers offerts nous ont ouvert les yeux sur divers aspects liés à la production et au financement. Nous avons notamment découvert la diversité des options, que ce soit les Anges financiers, le socio-financement ou les partenariats industriels. » Le modèle d’affaires du projet est actuellement en phase de validation. Par ailleurs, une demande de dépôt de brevet est envisagée par Univalor. « Sans l’accompagnement de l’équipe du Qu’est-ce qui les définit en tant qu’entrepreneuses ? « Une absolue ténacité », répondent les deux jeunes femmes. « Nous savons faire face à l’insécurité. Nous aurions pu opter pour un emploi bien rémunéré, mais nous avons fait une croix sur des revenus stables dans un premier temps. Notre vision est plus à long terme. Notre objectif est de révolutionner le monde de l’emballage », témoigne Mounia. Débordantes d’énergie, elles mènent allègrement de front les études, l’entreprise et la vie de famille, toutes deux étant mères de jeunes enfants. Rien ne semble pouvoir diminuer leur enthousiasme, même pas la possibilité d’essuyer un échec. « Nous n’écoutons jamais les oiseaux de mauvais augure, s’esclaffe Mounia. Et si la commercialisation de notre produit s’avérait un flop, pour nous, cette expérience d’entrepreneuriat ne serait pas un réel échec, tant l’apprentissage aura été exceptionnel. D’ailleurs, si notre projet ne marche pas, nous avons déjà d’autres idées à explorer ! » / DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4 / POLY 9 >>>

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    GRAND DOSSIER LE VENT DE L’ENTREPRENEURIAT TECHNOLOGIQUE SOUFFLE SUR POLYTECHNIQUE ! STAGE ENTREPRENEURIAL FÉLIX BOURASSA-MOREAU, FINISSANT AU BACCALAURÉAT EN GÉNIE MÉCANIQUE UN SYSTÈME D’ENTRAÎNEMENT DES DOIGTS POUR LES PASSIONNÉS D’ESCALADE Atteindre le sommet, pour Félix Bourassa-Moreau, n’est pas qu’une métaphore. Passionné d’escalade depuis l’âge de 11 ans, il y a trouvé l’inspiration pour créer un nouveau produit. « Avoir une bonne prise est essentiel en escalade, c’est important de renforcer ses doigts. Comme je ne trouvais rien sur le marché pour l’entraînement spécifique des mains, j’ai commencé à réfléchir à un système. » Il a commencé à travailler à son projet au cours d’un échange étudiant à Munich, en Allemagne, où l’escalade est un sport assez populaire. « J’ai eu beaucoup d’échanges avec des grimpeurs ainsi qu’avec des chercheurs en physiologie du sport, ce qui m’a permis de valider l’intérêt de mon projet et de cerner les différents aspects à prendre en compte. À mon retour à Montréal, j’avais un prototype déjà fonctionnel et j’étais décidé à voir si je pouvais aller plus loin. » Le système conçu par Félix mesure avec précision la force de traction des doigts de l’utilisateur et met en œuvre un programme d’entraînement personnalisé associé à une application Web. L’équipement, peu volumineux et relativement peu coûteux, permet un usage domestique. Découvrant les ressources offertes par le Centre d’entrepreneuriat, l’étudiant décide de consacrer un stage au développement de son projet. « J’avais déjà fait les deux stages obligatoires de mon cursus, mais je voulais pouvoir consacrer le temps nécessaire à la mise en marché de mon produit, et le stage entrepreneurial me paraissait la solution idéale. » Grâce à ce stage, il découvre les arcanes de l’élaboration d’un plan d’affaires, des prévisions financières, du plan marketing, etc. « J’ai pris conscience que ces aspects sont aussi, voire plus importants, que le produit lui-même. Jusque-là, naïvement, je croyais qu’avec mon prototype déjà bien avancé, j’avais fait le plus gros du travail ! » Félix a eu également recours à un autre trésor de Polytechnique : le FabLab, dont il est lui-même un des animateurs. « Pour le prototypage, c’est génial. On peut y réaliser un prototype fonctionnel d’aspect proche de celui d’un produit manufacturé. » Le projet est actuellement en phase de tests. Plusieurs grimpeurs, dont le frère de Félix, champion canadien d’escalade, essaient l’équipement. Félix, qui envisage le recours à une plateforme de financement participatif d’ici quelques mois, aborde sereinement le verdict du marché. « La popularité de l’escalade, qui deviendra discipline olympique en 2020, ne cesse de croître au Canada FÉLIX BOURASSA-MOREAU, ÉTUDIANT AU BACCALAURÉAT EN GÉNIE MÉCANIQUE comme ailleurs. On comptait dans le monde 25 millions de grimpeurs en 2013, et 35 millions en 2015. Mon produit est assez unique et répond à un vrai besoin, mais si le succès n’est finalement pas au rendez-vous, je ne verrai pas cela comme un échec personnel, car j’aurai beaucoup appris de cette expérience. Si cela marche, en revanche, j’ai déjà plein d’idées pour une gamme de produits ! » / 10 POLY / DÉCEMBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 4

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