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MagAutomne2014
Magazine Poly | 2014-10-30 17:24:38
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL AUTOMNE 2014 VOLUME 11 NUMÉRO 3 NUMÉRO SPÉCIAL Poste publications no de convention 41074519.

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    PUBLIREPORTAGE QUATRE DÉCENNIES QUI ONT TOUT CHANGÉ Les Fonds FÉRIQUE célèbrent leur 40 e anniversaire. Leur histoire est celle de visionnaires qui, en 1974, ont voulu faire une différence pour leurs pairs… et qui ont réussi. Nous vous invitons à découvrir ici la contribution originale de ces fonds à la réussite fi nancière des professionnels en génie du Québec. Une réponse innovatrice à un besoin criant Au début des années 1970, le système de retraite dont bénéficiaient les ingénieurs était en grande partie basé sur les fonds de pension des employeurs. Cela posait des problèmes lorsque l’employé quittait son emploi. Un comité de 10 ingénieurs a donc monté pour l’Ordre des ingénieurs du Québec le projet de doter la profession de sa propre caisse de retraite, pour procurer à ses membres plus de liberté dans leurs choix de carrière et mieux assurer leur avenir financier. C’est ce qui a mené à la création des Fonds FÉRIQUE le 16 août 1974. Il s’agissait de la toute première famille de fonds communs de placement destinée à des professionnels au Québec. Depuis 40 ans, une solution de confiance, stable, durable et performante Aujourd’hui, les Fonds FÉRIQUE ont 40 ans… et ils offrent désormais bien plus que des régimes d’épargne-retraite (REER). Ils constituent une gamme de fonds complète, incluant des solutions clés en main, qui se prêtent à une variété de projets : épargne personnelle, investissement, études, succession et autres. On peut les utiliser dans un compte d’investissement, un CELI, un REEE, un CRI, un FERR, un FRV, bref dans tous les principaux produits financiers. Ce sont aussi des fonds bâtis sur le 480 000 $ d’actifs 331 investisseurs 3 FONDS DE PLACEMENT 853 millions $ d’actifs 19 136 investisseurs 9 FONDS DE PLACEMENT 1974 2000 1 2014 2 long terme, non sur « la saveur du mois », qui ne cherchent pas les rendements les plus spectaculaires au risque de contreperformer spectaculairement l’année suivante. La philosophie de FÉRIQUE est de miser plutôt sur la constance des rendements à long terme par un contrôle rigoureux du risque et de la volatilité. sans perdre ses valeurs, et met notamment de l’avant une politique d’investissement responsable. Enfin, elle a toujours conservé une approche « boutique » qui privilégie un service personnalisé. Au cours des dernières années, Gestion FÉRIQUE a d’ailleurs investi des efforts considérables pour offrir aux investisseurs, à travers sa filiale Services d’investissement FÉRIQUE, une plateforme de service axée sur la qualité de l’expérience client. Son Centre de contact clients et son site transactionnel sont à la fine pointe, et l’entreprise assure à ses clients un accompagnement de grande qualité à toutes les étapes de leur vie. Une formule gagnante ! 2,105 milliards $ d’actifs 21 861 investisseurs 11 FONDS DE PLACEMENT Aujourd’hui, pourquoi un diplômé en génie devrait-il envisager les Fonds FÉRIQUE pour ses placements ? D’abord pour la qualité du produit financier lui-même. En 40 ans, les Fonds FÉRIQUE sont devenus une famille complète de fonds de placement qui couvre une diversité de catégories d’actif, de marchés et de styles de gestion. Après toutes ces années, les principes fondateurs continuent de s’appliquer : les frais sont minimes, la gestion des fonds est confiée à des firmes externes de réputation nationale et internationale, et le travail de ces experts est supervisé par un Comité de surveillance des placements où siège une majorité d’ingénieurs. Enfin, le participant est plus qu’un client : il peut devenir membre actif de la société et influencer ses décisions. FÉRIQUE est clairement ce que ses créateurs ont voulu : le premier choix des professionnels en génie, de leurs familles et de leurs entreprises pour leurs placements. Une institution financière différente Le modèle d’affaires des Fonds FÉRIQUE est unique dans le monde financier, puisque le gérant des Fonds, Gestion FÉRIQUE, est une société financière sans but lucratif. L’entreprise réinvestit donc tous ses profits au seul bénéfice de ses clients et leur assure des frais parmi les plus bas de l’industrie. L’entreprise a également su grandir Pour obtenir plus de renseignements ou pour ouvrir un compte : CENTRE DE CONTACT CLIENTS 514-788-6485 1 800 291-0337 (sans frais) client@ferique.com Heures d’ouverture du lundi au vendredi de 8 h à 20 h Les Fonds FÉRIQUE: il y a un peu de génie là-dedans. www.ferique.com 1 Au 31 décembre 2000. 2 Au 31 août 2014. Note : un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur. Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Services d’investissement FÉRIQUE, à titre de Placeur principal. Les Fonds FÉRIQUE payent des frais de gestion à Gestion FÉRIQUE lui permettant d’assumer les frais de gestionnaires de portefeuille, de mise en marché et de distribution des Fonds FÉRIQUE ainsi que les frais d’administration du gérant des Fonds FÉRIQUE. Chaque Fonds FÉRIQUE assume ses propres frais d’exploitation. Les Fonds FÉRIQUE sont sans commission lorsqu’un porteur de parts souscrit par l’entremise de Services d’investissement FÉRIQUE; certains frais de courtage pourraient toutefois être exigibles si la souscription se fait par l’entremise d’un représentant et sa société.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Vol 11, n° 3 - Automne 2014 Poly est publié trois fois par an par le Service des communications et des relations publiques. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Valérie Bélisle, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Stéphanie Oscarson Révision Johanne Raymond Stéphane Batigne Photos Yves Beaulieu (couverture), Denis Bernier, Ferland Photographie, Moviemento, Poly-Photo, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 18 22 24 26 28 30 34 BULLETIN AUTOMNE 2014 VOLUME 11 NUMÉRO 3 DOSSIER ROSE BLANCHE 25 ans du 6 décembre 1989 SOMMAIRE RECHERCHE 18 Évaluer l’excellence en recherche : principe sain ou mission impossible ? 20 Nouvelle voie de localisation et de traitement de l’épilepsie ENSEIGNEMENT Un projet pour aider les pays de l’Afrique de l’Ouest à tirer partie de l’énergie solaire PORTRAIT DE DIPLÔMÉ Justin Novosad, Po 2001, à l’avant-poste des tendances Web STAGES ET PLACEMENT Des stages hors des sentiers battus CARREFOUR PERFECTIONNEMENT POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Développer une expertise recherchée avec le certificat en bâtiment durable CAMPUS MONTRÉAL Institut EDDEC : intégrer le concept d’économie circulaire à la démarche de développement durable ENTREPRENEURIAT Technologies universitaires cherchent étudiants entrepreneurs pour vivre un transfert réussi 32 / Ça bouge à Poly 36 / Association des Diplômés de Polytechnique 38 / Fondation de Polytechnique CERT I F IC AT I ON C a m p u s r d u e l a b

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    Des solutions ingénieuses pour vous satisfaire — Votre profession vous demande de vous investir à 200 % et vous ne pouvez pas être partout à la fois. C’est pourquoi nous vous proposons un programme financier complet qui correspond à vos besoins ! Le programme financier pour les ingénieurs et diplômés en génie 1 est un avantage conféré aux détenteurs de la carte de crédit Platine MasterCard MD, 2 de la Banque Nationale associée au programme. Les taux d’intérêt annuels réguliers de la carte Platine MasterCard sont actuellement de 19,99 % (achats) et de 21,99 % (transferts de soldes et avances de fonds). Ce programme vous est offert pour seulement 125 $ 3 par année et comprend : les services d’un conseiller attitré; un compte bancaire 4 en $ CA ou en $ US incluant un nombre illimité de transactions sur certains services automatisés; la marge Manœuvre Personnelle MD1, 5 , votre source de financement offerte à taux avantageux et incluant un nombre illimité de transactions sur certains services automatisés; le Tout-En-Un MD2, 5 , une solution vous permettant d’accéder à du financement hypothécaire, d’effectuer vos transactions bancaires et de gérer vos épargnes; deux comptes commerciaux 6 : un compte courant et un compte épargne, avec tarification réduite sur certaines transactions; et bien d’autres avantages pour vos besoins personnels ou commerciaux ! Pour adhérer, rencontrez vite un conseiller ! — l Trouvez la liste de nos succursales au bnc.ca/trouvez-nous. 514 394-5555 1 888 TelNat-1 (1 888 835-6281) bnc.ca/ingenieur 1 Le programme financier de la Banque Nationale constitue un avantage offert aux ingénieurs et aux diplômés en génie au Canada qui détiennent une carte Platine MasterCard de la Banque Nationale et qui sont citoyens du Canada ou résidents permanents canadiens. Aucune adhésion à une association professionnelle n’est requise. Une preuve de votre statut professionnel vous sera demandée. 2 Carte octroyée sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. Délai de grâce : aucun intérêt n’est imputé sur les achats effectués pendant le mois si le détenteur acquitte le montant intégral de son compte dans les vingt et un (21) jours suivant la date du relevé de compte. Ce délai de grâce ne s’applique pas aux avances de fonds et aux transferts de solde. Paiement minimum : le paiement minimum devant être effectué à la Banque pour chaque période correspond à 3 % du solde du compte, plus tout montant en souffrance, ou à 10 $, soit le montant le plus élevé des deux (sauf si le solde du compte est inférieur à 10 $, auquel cas c’est ce solde qui doit être payé). En cas de dépassement de la limite de crédit, le paiement minimum exigible sera de 3 % du solde du compte ou le montant dépassant la limite de crédit, soit le plus élevé des deux montants. Relevé de compte : un relevé de compte est envoyé mensuellement. Exemple de frais de crédit calculés sur une période de trente (30) jours en date du 1 er août 2014 : SOLDE MOYEN Taux d’intérêt annuel 500 $ 3 000 $ 19,99 % (taux régulier pour les achats) 8,22 $ 49,29 $ 21,99 % (taux régulier pour les transferts de solde et avances de fonds) 9,04 $ 54,22 $ 3 Les frais annuels du programme seront facturés et inscrits sur le relevé mensuel de la carte de crédit Platine MasterCard associée au programme. 4 Compte bancaire avec privilège de chèques. 5 Financement octroyé sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. 6 L’accès aux avantages liés aux solutions commerciales ne nécessite pas l’adhésion à la carte de crédit Platine associée au programme. MD MasterCard est une marque déposée de MasterCard International inc. Usager autorisé : Banque Nationale du Canada. MD1 Marque déposée d’Interac inc. MD2 Tout-En-Un Banque Nationale est une marque déposée de la Banque Nationale du Canada. Le présent document est offert par la Banque Nationale et les entités de son groupe à titre informatif seulement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale et les entités de son groupe, et le contenu des programmes et des conditions qui y sont décrits est sujet à changement. Fière partenaire : © 2013-2014 Banque Nationale. Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale.

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    ÉDITORIAL 6 DÉCEMBRE 1989 – UN QUART DE SIÈCLE PLUS TARD… Vingt-cinq années se sont écoulées depuis la tragédie de Polytechnique, où un tueur fou de 25 ans s’est introduit en nos murs avec une arme semi-automatique et a abattu 14 jeunes femmes et blessé plusieurs autres personnes, avant de s’enlever la vie. Toutes les dates anniversaires de ce drame effroyable ont apporté leur lot de tristesse, d’indignation, mais parfois aussi, d’espoir. Les roses blanches sont devenues, au fil des années, le symbole des activités de commémoration de Polytechnique. Celle-ci n’oublie pas, elle panse toujours ses plaies. Aujourd’hui, sa communauté est toutefois prête à transformer la commémoration de cette tragédie en un point tournant, telle une nouvelle borne qui jalonnera désormais son chemin. Vous trouverez à la page 6 un grand dossier consacré au 25 e anniversaire de l’événement avec des témoignages de femmes et d’hommes ayant été touchés par cette tragédie. Vous apprendrez également qu’en hommage aux victimes, aux blessés, aux professeurs, aux employés et aux étudiants qui se sont retrouvés au cœur du drame, Polytechnique a créé la bourse désignée sous l’appellation de l’Ordre de la rose blanche Polytechnique Montréal. M me Nathalie Provost, blessée en 1989, a accepté d’être la marraine de cette bourse et M me Michèle Thibodeau-DeGuire sera la présidente du comité de sélection. Cette bourse de 30 000 $ sera remise annuellement à une étudiante en génie qui désire poursuivre sa passion pour cette discipline en s’inscrivant à un programme d’études supérieures dans l’établissement de son choix. Un appel de candidatures sera lancé au sein des établissements universitaires canadiens offrant des programmes en génie. Le nom de la première lauréate sera connu en décembre 2015. Pour plus d’informations : ordreroseblanche.org. Sous le thème « Dans nos mains fleurit l’avenir », Polytechnique inaugurera la Semaine de la rose blanche. Dans le cadre de cette campagne annuelle de collecte de fonds, l’institution invitera sa communauté et le grand public à acheter des roses blanches virtuelles. Dans un premier temps, les sommes recueillies seront entièrement versées à Folie Technique (folietechnique.com), le camp scientifique de Polytechnique, et permettront à des jeunes filles issues de milieux défavorisés de s’initier aux sciences et au génie. Vous pouvez acheter vos roses virtuelles sur le site suivant : roseblanche.org. Dans les prochaines années, Polytechnique fera la promotion de la Semaine de la rose blanche une semaine précédant le 6 décembre. Toutefois, le site sera accessible toute l’année si vous désirez offrir des roses blanches virtuelles à un être cher à l’occasion d’un anniversaire ou autre événement marquant de votre vie. Toutes ces initiatives pérennes se veulent rassembleuses. Elles ne corrigeront jamais le passé, mais elles célèbrent l’importance de mettre en valeur des talents inspirants et des talents en devenir. La société et la profession d’ingénieur ont besoin de tous les talents des femmes et des hommes qui peuvent y contribuer. Bonne lecture ! Chantal Cantin Rédactrice en chef AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3 / POLY 5

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    DOSSIER SPÉCIAL : ROSE BLANCHE Le 6 décembre 1989, l’impensable s’est produit. Un homme de 25 ans s’est introduit à Polytechnique avec une arme semi-automatique et a abattu 14 jeunes femmes et blessé plusieurs autres personnes, avant de s’enlever la vie. Par son horreur et son absurdité, ce drame a ébranlé la société canadienne et a eu un retentissement dans le monde entier. UN SOUVENIR GRAVÉ À JAMAIS DANS NOS CŒURS Le drame du 6 décembre est marqué à tout jamais dans le cœur et la mémoire de Polytechnique. Pour son anniversaire, chaque année, l’institution donne congé de cours à ses étudiants et dépose 14 roses blanches en hommage aux victimes devant sa stèle commémorative. Les roses blanches sont ainsi devenues, au fil des années, le symbole des activités de commémoration de Polytechnique. En 2009, la communauté de Polytechnique s’est rassemblée à la Basilique Notre-Dame pour une cérémonie-souvenir à l’occasion du 20 e anniversaire de l’événement. DES LARMES D’HIER AU GESTE PORTEUR D’AVENIR D’AUJOURD’HUI 25 années plus tard, le 6 décembre 1989 demeure une blessure que l’on ne finira jamais de soigner. Aujourd’hui, Polytechnique est cependant prête à transformer la commémoration de cet événement tragique en une initiative tournée vers l’avenir. Sa pensée ira toujours vers les victimes et leurs familles, mais elle souhaite associer au souvenir un message porteur d’espoir, orienté vers la relève. Ainsi, en hommage aux victimes, aux blessés, aux étudiants, aux professeurs et au personnel qui se sont retrouvés au cœur du drame, Polytechnique a créé la bourse désignée sous l’appellation de l’Ordre de la rose blanche Polytechnique Montréal. Cette bourse de 30 000 $ sera remise annuellement à une étudiante en génie au Canada, qui désire poursuivre sa passion pour cette discipline en s’inscrivant à un programme d’études supérieures (maîtrise ou doctorat), dans l’établissement de son choix. Au cours de cette première année, un appel de candidatures sera lancé au sein des établissements universitaires canadiens qui offrent des programmes en génie. Le nom de la première lauréate sera connu en décembre 2015. Polytechnique crée également la Semaine de la rose blanche, une campagne annuelle de collecte de fonds dont la première édition est lancée le 31 octobre cette année. Les sommes recueillies seront entièrement versées à Folie Technique, le camp scientifique de Polytechnique, et financeront des activités permettant à des jeunes filles issues de milieux défavorisés de s’initier aux sciences et au génie. À l’occasion de la première édition de cette campagne annuelle, nous vous invitons à faire un don en achetant et en offrant des roses blanches virtuelles, sur le site transactionnel sécurisé développé à cet effet. Ces activités ne corrigeront jamais le drame du 6 décembre 1989, dont le sens a donné lieu à bien des interprétations. Mais à un acte fou 6 POLY / AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3

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    LES DISPARUES DU 6 DÉCEMBRE 1989 GENEVIÈVE BERGERON, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE HÉLÈNE COLGAN, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE NATHALIE CROTEAU, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE BARBARA DAIGNEAULT, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE ANNE-MARIE EDWARD, ÉTUDIANTE EN GÉNIE CHIMIQUE MAUD HAVIERNICK, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉTALLURGIQUE BARBARA KLUCZNIK-WIDAJEWICZ, ÉTUDIANTE EN SCIENCES INFIRMIÈRES MARYSE LAGANIÈRE, EMPLOYÉE AU SERVICE DES FINANCES MARYSE LECLAIR , ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉTALLURGIQUE ANNE-MARIE LEMAY, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE SONIA PELLETIER, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE MICHÈLE RICHARD, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉTALLURGIQUE ANNIE ST-ARNEAULT, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉCANIQUE ANNIE TURCOTTE, ÉTUDIANTE EN GÉNIE MÉTALLURGIQUE POLYTECHNIQUE N’OUBLIE PAS qui voulait dénier aux femmes le droit d’étudier en génie, Polytechnique oppose un geste rassembleur, promoteur de la relève féminine et valorisant des modèles inspirants pour toutes et tous. Un geste de confiance envers l’avenir et les valeurs humaines. / Site transactionnel d’achat de roses virtuelles roseblanche.org INFORMATIONS SUR L’ORDRE DE LA ROSE BLANCHE : ordreroseblanche.org COMITÉ DE SÉLECTION DE L’ORDRE DE LA ROSE BLANCHE PRÉSIDENTE DU COMITÉ Présidente du conseil Polytechnique Montréal MEMBRES Présidente et vice-chancelière de l’Université de Calgary Principale et vice-chancelière de l’Université McGill Doyenne de la Faculté de science appliquée et de génie de l’Université de Toronto Doyen de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke Doyen de la Faculté de génie de l’Université Dalhousie Doyenne de la Faculté de génie de l’Université de Waterloo Doyenne de la Faculté de génie et de science appliquée de l’Université Queen’s >>> AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3 / POLY 7

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    DOSSIER ROSE BLANCHE Témoignages et réflexions MICHÈLE THIBODEAU-DEGUIRE PRÉSIDENTE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL RÉVÉLER LE MEILLEUR DE SOI LORS D’UNE CRISE « On ne guérit jamais d’une épreuve comme le 6 décembre. Des événements aberrants, contrenature, continuent à nous faire mal au-delà des années. Cependant, on continue à vivre et on tire des leçons, même si, en tant que société, on n’apprend pas toujours très vite ! Néanmoins, je suis convaincue qu’une grave crise est l’occasion pour les gens de mettre en œuvre le meilleur d’eux-mêmes pour changer les choses. C’est comme une bougie d’allumage. Je l’ai constaté au lendemain du drame de Polytechnique, lorsque membres de la direction, professeurs, employés, représentants des étudiants, etc., ont offert leur aide en toute simplicité. J’étais fière des valeurs qui sont ressorties dans la communauté de Polytechnique durant cette période. Cet exemple m’a servi par la suite à Centraide, où nous affrontions cette crise qu’est la misère. PRÉSIDENTE DU COMITÉ DE SÉLECTION DE L’ORDRE DE LA ROSE BLANCHE C’est un grand honneur d’avoir été choisie pour la présidence du comité de sélection de l’Ordre de la rose blanche. Nous rencontrons des défis très complexes en tant que société, alors nous avons besoin de tout « l’or gris » disponible, c’est-à-dire les cerveaux, ceux des femmes comme ceux des hommes. Or, il Première femme à obtenir un diplôme en génie civil de Polytechnique Montréal, Michèle Thibodeau-DeGuire est également la première à occuper la présidence de l’institution. Son talent de rassembleuse s’est exprimé à maintes reprises. Notamment en situation de crise, que ce soit pour aider la communauté de Polytechnique à se relever du choc du 6 décembre 1989, alors qu’elle était directrice des communications de l’École, ou pour aider des individus risquant d’être exclus de la société à cause de leurs difficultés économiques et sociales, lorsqu’elle était à la tête de Centraide du Grand Montréal. demeure des préjugés qui nous privent des talents de certaines femmes en sciences et en génie. Contribuer à faire tomber ces préjugés, comme se proposent de le faire les initiatives de la rose blanche, c’est permettre la réalisation de choses extraordinaires pour la société. SOYEZ AMBITIEUSES, MESDAMES ! Chaque femme qui se lance dans un domaine non traditionnellement féminin brise, pour elle-même et pour les générations de femmes qui la suivent, les barrières créées par les préjugés. De telles barrières ont existé longtemps autour des études en génie. Lorsque j’étudiais à Polytechnique à l’orée des années 60, je n’avais que trois consœurs. Le poids d’être une minorité visible, nous savions ce que c’était ! Je dis souvent à la blague que Polytechnique fut aussi pour moi comme une école de maintien. Chacun de nos gestes et les tenues que nous portions étaient scrutés et commentés. Heureusement, aujourd’hui, les étudiantes sont suffisamment nombreuses à Polytechnique pour ne plus être le centre de l’attention. Continuons à faire passer le message aux jeunes filles : les études en génie leur permettent d’exercer des métiers passionnants et bien rémunérés. Vouloir réaliser de belles choses pour la société tout en s’épanouissant dans sa carrière, c’est une ambition légitime pour les femmes comme pour les hommes. / « Nous rencontrons des défis très complexes en tant que société, alors nous avons besoin de tout "l’or gris" disponible. » 8 POLY / AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3

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    NATHALIE PROVOST PO 90 AFFIRMER NOTRE RÔLE DE BÂTISSEURS Je suis touchée par cette initiative de Polytechnique. Selon moi, après le drame du 6 décembre, Polytechnique a vécu une période de repli sur soi. Je vois, dans le projet de la rose blanche, une réaffirmation de ce que cette belle institution fait pour la société en formant des ingénieurs, des bâtisseurs du monde de demain. C’est à la fois un salut aux victimes et une main tendue à la relève. Par ce geste, Polytechnique et sa communauté montrent que, même à partir d’un événement douloureux, elles savent bâtir pour l’avenir, en incluant hommes et femmes. VULNÉRABILITÉ ET RÉSILIENCE Vivre un tel événement, c’est être brutalement confronté à sa propre vulnérabilité, à sa finitude. Pour moi, cet événement représente un deuil d’innocence, la naissance d’un sentiment d’inquiétude qui a peut-être freiné l’audace de mes 20 ans. En même temps, il a généré une puissante envie de vivre. Il m’est impossible de savoir quelle femme je serais devenue s’il ne s’était rien passé ce jour de décembre, mais je sais qu’il a révélé en moi une sensibilité très forte à la beauté et à la fragilité de la vie. J’ai aussi accru ma capacité à me remettre en question. De mon lit d’hôpital, saisie par l’urgence de vivre et de m’exprimer, j’ai lancé un message : Polytechnique est une belle école, allez-y, les Nathalie Provost est une des victimes ayant survécu aux balles du tueur. Au lendemain du drame, elle s’est exprimée face aux journalistes, sur son lit d’hôpital, exhortant les filles à aller à Polytechnique et les garçons à ne pas se sentir coupables. Elle est la marraine de l’Ordre de la rose blanche. filles ! Et j’ai dit aussi que les garçons n’étaient pas coupables. Aujourd’hui, ce message demeure pertinent. Je pense que les hommes ont été stigmatisés au lendemain du drame. Les garçons qui étudiaient avec nous se sont sentis impuissants, démunis face à ce déchaînement de violence absurde. Et leur sentiment de culpabilité était tangible. Il me semblait alors important de rappeler qu’à Polytechnique, nous étions capables de vivre ensemble hommes et femmes, et de devenir des moteurs de la société. 25 ANS APRÈS, UNE SOCIÉTÉ PLUS SÛRE ? Face au tueur, j’ai répondu : On n’est pas féministes. Et c’est sans doute ce que pensaient un grand nombre de femmes à l’époque. Parce que pour nous, le féminisme était un combat que les générations précédentes avaient gagné. Nous pensions qu’aux yeux de tous, notre place dans des carrières traditionnellement masculines était acquise. Cela a été un réveil brutal ! Je ne nous crois pas à l’abri aujourd’hui plus qu’hier. Notre société, qui déjà avant le drame avait réalisé de grandes avancées vers l’égalité entre les hommes et les femmes, a encore progressé depuis 25 ans. Et elle se démarque en cela de bien d’autres sociétés dans le monde. Je pense toutefois que certains sont toujours prêts à remettre en question ce progrès. De surcroît, la violence gratuite pour prouver qu’on existe demeure une tentation pour certaines personnes atteintes de mal-être. Or, nous n’avons guère plus qu’hier les moyens de repérer des individus en souffrance et de les accompagner avant qu’ils ne perdent pied. Et sans compter le recul actuel au sujet des armes à feu. C’est ce qui m’a menée à rallier le combat de Heidi Rathjen pour un meilleur contrôle de ces armes. DES VALEURS À DÉFENDRE, ENCORE ET TOUJOURS J’ignore si mes enfants vivront dans une société aussi en paix que celle que j’ai connue. Les jeunes ont des défis complexes qui les attendent. Des ressources naturelles qui s’amenuisent, une montée des intégrismes, des inégalités qui se creusent… Plus que jamais, il faut se battre pour une société plus équitable, plus libre, où les femmes comme les hommes peuvent réaliser leurs ambitions. Se battre pour défendre nos valeurs et agir contre les facteurs qui génèrent des Marc Lépine. Oui, il faut se battre, solidairement. / AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3 / POLY 9

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    DOSSIER ROSE BLANCHE Témoignages et réflexions P RE LOUISE MILLETTE DÉPARTEMENT DES GÉNIES CIVIL, GÉOLOGIQUE ET DES MINES Être utile à la société. Telle a toujours été la préoccupation de Louise Millette. Une préoccupation qui lui a fait choisir une carrière d’ingénieure et de professeure en génie civil, le domaine lui paraissant le meilleur moyen d’avoir une influence sur les décisions qui touchent la vie des gens. Elle salue les initiatives de la rose blanche, y reconnaissant ce même souci d’utilité sociale. LE 6 DÉCEMBRE : L’ACTE ISOLÉ D’UN DÉSÉQUILIBRÉ, PAS UN SYMPTÔME SOCIAL En 1989, j’étudiais au doctorat à Polytechnique, mais le hasard a fait que je quittais l’École par la porte principale au moment même où commençaient les événements, en fin de journée le 6 décembre. Je n’ai jamais pensé que ce vacarme était autre chose que des manifestations de joie liées à la fin de session. C’est à peine deux heures plus tard, en retournant à mon appartement, en face de Polytechnique, que j’ai pris connaissance du drame. J’ai été touchée par les manifestations de solidarité provenant d’hommes et de femmes de partout au Canada et même de l’étranger, mais profondément bouleversée en pensant à toutes mes consœurs dont le sort était encore inconnu. Pour ceux qui l’ont vécu, évoquer le 6 décembre reste douloureux. D’où la discrétion dont a fait preuve la communauté de Polytechnique depuis 25 ans au sujet du drame, et dont certains se sont étonnés. Au chagrin, immense, devant les pertes humaines, s’est ajouté le choc de devoir admettre que des événements de ce genre pouvaient survenir dans notre paisible Québec. Sans doute, taraudés par la question « qu’aurais-je pu faire pour empêcher cela ? », avons-nous également souffert d’un « syndrome du survivant ». Sans compter une gêne manifeste face à un certain voyeurisme ou à une récupération des événements, qui nous a aussi poussés à la retenue. Aujourd’hui, avec la rose blanche, Polytechnique prend la parole. Pas pour commenter l’événement du 6 décembre (ce que j’approuve, car je considère cet événement comme l’acte isolé d’un déséquilibré et non un symptôme social), mais pour rendre hommage aux victimes tout en envoyant un message positif à la société. SOULIGNER LE CARACTÈRE HUMANISTE DU GÉNIE Bien entendu, le projet ne fera pas à lui seul augmenter significativement les effectifs féminins dans les écoles de génie, tant les variables qui influencent les femmes dans leur choix de carrière sont nombreuses. L’environnement culturel joue incontestablement un rôle important. Il est frappant, par exemple, qu’en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, la proportion de femmes chez les étudiants en génie stagne autour de 20 %, alors que dans d’autres régions du monde, comme l’Europe de l’Est, elle s’approche de 50 %. Encore aujourd’hui, la perception de certains milieux de travail en ingénierie peut rebuter les femmes, car ils sont encore identifiés, à tort ou à raison, comme des fiefs machistes. Mais les choses changent, car c’est justement la présence plus nombreuse des femmes qui contribue à faire évoluer ces milieux. En aidant à lutter contre les préjugés et en encourageant la scolarité des jeunes filles des milieux défavorisés, la Semaine de la rose blanche évoque le caractère humaniste du génie, le plus fondamental selon moi. Je rappelle toujours à mes étudiants que la partie « calculs » sera la plus facile de leur futur métier. C’est à des attentes et des besoins humains que ces futurs ingénieurs auront à répondre, ils ne devront jamais le perdre de vue. / 10 POLY / AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3

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