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MagPolyAut2008
Magazine Poly | 2008-08-01 00:00:00
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    Magazine intégré de Polytechnique. Poste publications n o de convention 41074519 AUTOMNE 2008 Vol. 5, n o 2 Pierre Dufour, doctorat honoris causa 2008, p.13 Énergie : Yvon Savaria, directeur du Département de génie électrique, p.17 Alexandre Cooper, un jeune diplômé au Japon, p. 26 50 ans pour changer de cap Les chercheurs de Polytechnique relèvent le défi du renouvellement des sources énergétiques

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    Gestion FÉRIQUE annonce la nomination de deux nouveaux administrateurs Le conseil d'administration de Gestion FÉRIQUE: Molita Sexton, trésorière, Robert L. Papineau, ing., Claude Tremblay, ing., Michel Riverin, ing., président, Jean-Guy Tremblay, ing., Marcel Vézina, ing., vice-président, Jean Fournier, ing., Michel Letellier, ing., et Gabriel Soudry, ing. (absent). www.ferique.com M. Michel Letellier, ing., a été nommé pour un mandat de trois ans. L'un des bâtisseurs de notre organisation, M. Letellier a participé à la création des Fonds FÉRIQUE et il en a présidé le Comité de surveillance de 1974 à 1981. M. Letellier est diplômé en génie mécanique de l'Université Carleton et détient un baccalauréat ès arts de l'Université Laval. Il possède plus de 40 ans d'expérience en direction générale, en vente et en génie, et il a été bénévole auprès de plusieurs associations, incluant l'Ordre des ingénieurs du Québec. M. Letellier apportera donc au conseil un bagage de grande valeur. M. Robert L. Papineau, ing., PH. D., membre de l'Académie canadienne du génie (MACG) et officier de l'Ordre National du Québec (O.Q.), a été élu pour un mandat de trois ans. M. Papineau est bien connu dans le domaine du génie et dans le monde des affaires. Diplômé en génie de l'Université de Sherbrooke, il a obtenu un doctorat en génie industriel et des systèmes à l'Université de la Floride. Il a ensuite occupé divers postes à l'Université du Québec à Trois-Rivières, dont celui de Doyen des études. M. Papineau a passé plus de 18 ans à la direction de l'ÉTS et de l'École Polytechnique, en plus de siéger à de nombreux conseils d'administration, incluant ceux de la Fondation de Polytechnique, de la Société de développement Angus, de l'Institut Armand-Frappier et du Centre hospitalier universitaire Ste-Justine. Il apportera une contribution inestimable au travail du conseil. Par ailleurs, les membres du comité exécutif ont été reconduits dans leurs fonctions respectives pour un mandat d'un an. Il s'agit de: M. Michel Riverin, ing., MBA, président, M. Marcel Vézina, ing., MBA, vice-président et Mme Molita Sexton, B. Sc., MBA, ADM. A., CMA, trésorière. M. Gabriel Soudry, ing., MBA, M. Jean Fournier, ing., LL.B. et M. Jean-Guy Tremblay, ing., MBA, siègent également au conseil comme administrateurs, en plus de présider respectivement le Comité de rémunération, le Comité de vérification et le Comité de surveillance des placements. Gestion FÉRIQUE est une société sans but lucratif qui vise à faire fructifier l'avoir de ses clients en leur offrant des produits de placement et un service-conseil de grande qualité, à des frais parmi les plus bas de l'industrie. Elle administre les Fonds FÉRIQUE qui, créés en 1974, mettent aujourd'hui huit fonds communs de placement au service de quelque 22 000 investisseurs, principalement des ingénieurs et des membres de leurs familles. La gestion des Fonds est confiée à dix firmes externes réputées, qui gèrent pour FÉRIQUE un actif total de 1,4 milliard de dollars. POLY Le magazine de l'École Polytechnique de Montréal Vol. 5, no POLY Le magazine de l'École Polytechnique de Montréal Vol. 5, n 2 - Automne 2008 o 2 - Automne 2008 Poly est publié deux fois l'an par la Direction des affaires institutionnelles et secrétariat général de l'École Polytechnique. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Tirage 225 6 000 exemplaires Édition : Service des communications et du recrutement Rédactrice en chef : Chantal Cantin Comité éditorial : Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Annie Touchette, Natalie Villemure Recherche et coordination : Catherine Florès Rédaction : Catherine Florès, Thomas Gervais, Annie Touchette Révision : Johanne Raymond Photo de couverture : Normand Rajotte Direction artistique et conception de la grille graphique : Millennium concept & design Ont collaboré à ce numéro : Danielle Ouellet, l'Association des Diplômés de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l'innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d'alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Maintenez à jour vos coordonnées Diplômés Par courriel : adp@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4764 ou (sans frais) 1 866 452-3296 Par le site Web : www.adp.polymtl.ca Autres abonnés Par courriel : communications@polymtl.ca Par téléphone : 514 340-4915 ABONNEMENT GRATUIT Magazine Poly École Polytechnique de Montréal Service des communications et du recrutement C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca Logo FSC en renversé blanc sur l'orange SW-COC-002343 o En couverture : de g. à d. : les professeurs et chercheurs Philippe A. Tanguy, Guy Marleau, Réjean Samson, Oumarou Savadogo et Paul Stuart. o m m a i r e 16 Articles et entretiens 19 Énergie : 50 ans pour changer de cap Dossier recherche > 6 Pierre Dufour, Po 75, doctorat honoris causa Entretien > 13 Gérer pour gagner, une discipline olympique Profil de Germain Lamonde, Prix Innovation technologique de l'ADP > 15 Le premier baccalauréat en génie aérospatial au Québec Nouveau programme > 16 Yvon Savaria, directeur du Département de génie électrique Dossier enseignement > 17 Un pont entre la science et la communication Profil de Thomas Gervais > 19 50 ans d'infiniment petit Cinquantième anniversaire du génie physique à Polytechnique > 20 1958-2008 : du « génie alchimique » au génie « cosmo-chimique » Cinquantième anniversaire du génie chimique à Polytechnique > 21 Travailler au Japon, une expérience fascinante L'expérience du jeune diplômé Alexandre Cooper > 26 Champion national de plongeon Entrevue avec Nicolas Leblanc, Prix Étudiant 2008 de l'ADP > 28 Rubriques Presses internationales Polytechnique > 11 Formation continue > 11 Ça bouge à Poly > 22 Association des Diplômés de Polytechnique > 29 Fondation de Polytechnique > 32 Agenda > 34 28 POLY Automne 2008 3

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    Et vous, quand commencez-vous ? www.hydroquebec.com/emplois/jeunes Les énergies de demain... Place aux artisans de ce changement Saviez-vous que la protection de l'environnement est plus importante pour les jeunes Québécois âgés de 18-30 ans que le développement économique? C'est ce qu'on a appris dans un sondage exclusif Segma-La Presse-Groupe Gesca publié dans le quotidien du samedi 20 septembre 2008. Lors des élections fédérales, l'environnement a pesé lourd dans la couverture de presse, près de 25 % de la couverture médiatique, devant l'économie et autres sujets classiques, selon une analyse de la firme Influence. La controverse au sujet de la participation d'Élisabeth May, la chef des verts, au débat des chefs en anglais et en français a également marqué la rentrée automnale. Une forte majorité de Canadiens (71 %) souhaitaient que les chefs participent à un débat télévisé sur l'environnement étant donné l'importance de cet enjeu, selon un sondage Ekos du 7 septembre 2008. Pendant ce temps, les consommateurs-électeurs étaient confrontés à des variations substantielles dans le prix de l'essence à la pompe. Il ne fait aucun doute que l'environnement, l'énergie et la réduction des gaz à effet de serrre s'avèrent des préoccupations de taille qui s'accentuent avec le temps et au fil des générations qui passent. Conscients des conséquences des enjeux reliés à l'énergie, nos chercheurs, notamment les professeurs Jamal Chaouki, Guy Marleau, Gregory Patience, Oumarou Savadogo, Réjean Samson, Paul Stuart et Philippe A. Tanguy, mettent au quotidien leur savoir et leurs connaissances dans le but de changer, à moyen terme, le paysage énergétique, en innovant et en fouillant le potentiel de nouvelles énergies et de leurs impacts. Pour connaître tous les détails des recherches de ces professeurs et de leurs étudiants, ne manquez pas ce dossier fort intéressant à lire en page 6. Soulignons que le lauréat du Prix Mérite 2008 de l'Association des Diplômés de Polytechnique (ADP), M. Guy Drouin, Po 72, président de Biothermica Technologies inc., fait partie des pionniers pour qui l'environnement, et toutes les formes d'énergie de remplacement, a été au cœur de sa formation universitaire et des activités de sa firme. Bravo à ce visionnaire! Du côté de l'enseignement, nous avons accueilli, cet automne, nos premiers étudiants inscrits dans le tout nouveau programme de baccalauréat en génie biomédical, une première canadienne! Plus de 60 % des étudiants inscrits sont des jeunes femmes comparativement à une moyenne de 21 % de présence féminine à Polytechnique tous cycles confondus. Par ailleurs, Polytechnique lance le nouveau programme de baccalauréat en génie aérospatial, le premier programme du genre au Québec. Dès l'automne 2009, les premiers étudiants inscrits seront parmi nous. Pour en connaître davantage, je vous convie à notre journée Portes ouvertes, le dimanche 16 novembre, de 10 h à 16 h. Finalement, un énorme merci à tous nos partenaires et annonceurs, qui contribuent, par le biais de leur présence publicitaire au sein de nos pages, à la diffusion du magazine POLY. Bonne lecture! Chantal Cantin, rédactrice en chef Chantal Cantin, directrice du Service des communications et du recrutement. «C'est » vous qui le dites Vous désirez réagir à un article, soumettre votre point de vue sur une question de génie ou proposer un sujet? Cet espace vous appartient. Faites-nous parvenir vos commentaires : communications@polymtl.ca ÉDITORIAL POLY Automne 2008 5

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    POLY Automne 2008 GRAND DOSSIER 6 Énergie : 50 ans pour changer de cap « Par Danielle Ouellet Artisans de première ligne d'un changement de paradigme dans le monde de l'énergie, des chercheurs de l'École Polytechnique relèvent au quotidien les défis du 21 e siècle : diminuer la dépendance envers les hausses des prix du pétrole et réduire les émissions de gaz à effets de serre dans l'atmosphère. Leurs innovations nous laissent entrevoir le changement radical que nous devrions avoir réussi à apporter à la structure de notre consommation énergétique d'ici 50 ans. Sortir de la crise énergétique « À long terme, il n'y a pas de crise énergétique, prévoit Philippe A. Tanguy, professeur au Département de génie chimique. Nous allons nous en sortir. Mais la situation des 20 prochaines années n'est pas très claire. Il est impossible de changer le paysage énergétique en si peu de temps. Le système, construit depuis 100 à 150 ans autour des énergies fossiles, charbon, pétrole, gaz naturel, montre clairement ses limites. » En attendant l'implantation à grande échelle de nouvelles énergies, solaire ou autres, on peut toujours améliorer les procédés actuels. Titulaire de la Chaire de recherche tech- nologique en génie des procédés TOTAL, Philippe A. Tanguy s'intéresse au transport sur de longues distances des sables bitumineux de l'Alberta, une ressource fossile faite d'un mélange de sable, d'argile, d'eau, d'huile lourde et de soufre : « À l'heure actuelle, le bitume est mélangé avec de l'essence légère pour en diminuer la viscosité et ainsi le pomper plus facilement. À Polytechnique, avec mon collègue Louis Fradette, nous cherchons comment les transporter sous la forme d'un mélange bitume-eau, ce qui est beaucoup plus efficace au niveau énergétique et permet d'éviter la séparation par distillation. » Grégory Patience contribue pour sa part à une meilleure gestion des émissions des gaz à effets de serre (GES). Après son doctorat à l'École Polytechnique, il a passé plusieurs années aux États-Unis, en Espagne et en Suisse, notamment à l'emploi de DuPont, comme chercheur en procédé et administrateur dans le domaine du textile. Spécialiste des catalyseurs, il applique un procédé appelé « combustion en boucle chimique » pour récupérer plus facilement le CO2. Dans un premier réacteur, un métal est oxydé au contact de l'air. On le place ensuite dans un second réacteur, couplé au premier, où un combustible consomme l'oxygène métallique et transforme ce qui reste en un mélange de CO2 et d'eau, qui se séparent ensuite très facilement à la sortie. Le métal restant est alors replacé dans le premier réacteur et le cycle recommence. On évite ainsi d'avoir à séparer le CO2 de l'air, en particulier de l'azote, à la sortie du réacteur, ce qui exigerait 50 % plus d'énergie. P r Grégory Patience (Département de génie chimique). Ce procédé pose toutefois des contraintes environnementales : « Il exige la présence d'un oxyde métallique, et le nickel est le métal le plus efficace. Mais il s'agit d'un polluant assez dangereux. À Sudbury, par exemple, où du nickel a été rejeté dans l'atmosphère, les arbres sont restés miniatures. Nous avons testé 40 différents types d'oxyde : de fer, de cuivre, de cobalt, etc. Nous cherchons quelque chose de moins nocif. » De plus, la question du stockage du CO2 ainsi récupéré reste entière. Le chercheur scrute d'autres procédés comme l'oxycombustion qui permet de séparer l'azote de l'oxygène à la sortie d'un catalyseur à des coûts énergétiques bien moindres qu'avec les procédés traditionnels. De son côté, le professeur Jamal Chaouki, nommé à l'Académie canadienne du génie en juin dernier, s'intéresse au gaz naturel, ce mélange d'hydrocarbures présent sous forme de gaz dans des roches poreuses : « Pour éviter la libération d'oxyde d'azote (NOx), un polluant atmosphérique nocif pour la couche d'ozone et les imbrûlés, Danilo Klvana, Jitka Kirchnerova et moi-même avons mis au point un catalyseur solide de type pérovskite et des réacteurs pouvant le supporter (réacteur fluidisé, réacteur à lit fixe cyclique et réacteur autothermique). En contrôlant la température de la combustion, le gaz naturel est brûlé sans flamme et ne génère aucun oxyde d'azote. » Le procédé permet aussi d'éliminer le méthane (CH4), principal composé du gaz naturel et un GES particulièrement nocif. Un autre procédé en développement est celui qui permet de transformer le méthane en éthylène (C2H4). Cette transformation laisse entrevoir la possibilité d'utiliser le méthane au lieu du pétrole pour différents produits de synthèse. Jamal Chaouki se réjouit des perspectives : « La flambée des prix du pétrole promet un avenir actif pour ce type de recherches. » Sécuritaire, le nucléaire? Les accidents tristement célèbres survenus à Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979 et à Tchernobyl, en Ukraine, en 1986, ont considérablement ralenti le développement » 80 % de nos projets sont réalisés avec des industries. P r Jamal Chaouki (Département de génie chimique). du nucléaire et presque réduit à zéro la construction de nouvelles centrales. Aujourd'hui, près de 20 % de la production totale d'électricité en Amérique du Nord provient du nucléaire, et ce chiffre est de 25 % en Europe. Si les anciennes centrales ne sont pas remplacées au rythme de leur fermeture, ces proportions, équivalentes à celles de l'hydroélectricité, sont appelées à diminuer. Toutefois, les ententes de réduction des GES liées au Protocole de Kyoto ravivent l'intérêt pour cette source d'énergie. Le nucléaire ne produit ni GES, ni polluants acides, ni poussières. « Autre avantage, note Guy Marleau, professeur au Département de génie physique, il permet aussi d'économiser les ressources de pétrole utilisées pour produire des plastiques. Mieux vaut brûler de l'uranium, qui se détruit de toute manière puisqu'il est radioactif, que des hydrocarbures. » La sécurité reste cependant la préoccupation majeure dans le domaine du nucléaire et Guy Marleau y consacre ses recherches : « Dix millions de millions (10 13 ) de neutrons se promènent à l'intérieur d'un réacteur et entrent en collision avec des noyaux d'uranium qui émettent à leur tour d'autres neutrons, provoquant une réaction en chaîne à la manière d'une bombe atomique. Mieux vaut donc comprendre leurs comportements. Il est bien révolu le temps où l'on commençait par construire un réacteur pour vérifier par la suite son fonctionnement et ajuster au besoin. » « J'ai toujours eu une vision très mathématique du monde, confie Guy Marleau, mais j'avais aussi besoin d'interpréter les équations et de les appliquer. » Après des études en physique des hautes énergies, il se joint au Groupe d'analyse nucléaire de l'École Polytechnique : « La centrale Gentilly-2 était en construction et il fallait comprendre les technologies des réacteurs nucléaires CANDU développés en Ontario pour les appliquer au Québec. J'ai décidé d'améliorer les logiciels utilisés pour analyser l'activité à l'intérieur du réacteur. » Il en est résulté le logiciel DRAGON, qui permet de simuler la distribution de puissance développée par la fission à GRAND DOSSIER POLY Automne 2008 7

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    Page 5

    POLY Automne 2008 8 l'intérieur d'un réacteur nucléaire : « Le logiciel prédit le comportement des neutrons dans les réacteurs nucléaires, ce qui permet d'appréhender la sûreté de ces installations. » Développé au Québec, DRAGON est le seul logiciel à travailler en 3D et il est utilisé dans le monde entier. Du soleil dans nos maisons et nos moteurs! « Avec l'utilisation de la nanotechnologie et des nouveaux matériaux, qui permettront de fabriquer des panneaux solaires photovoltaïques ayant des rendements de conversion de 30 % au moins d'ici 20 ans, et le développement avancé des différents types de centrales solaires thermodynamiques, l'énergie solaire sera une composante importante du virage énergétique », indique le professeur Oumarou Savadogo. Arrivé à l'École Polytechnique et ayant constaté que l'énergie solaire n'était pas une priorité au Canada, il développa parallèlement au solaire des acti- vités de recherche sur les piles à combustible pour le véhicule électrique. Dans le domaine des piles à combustible, il a introduit avec son équipe la fabrication de nouvelles classes de nanocomposites de polymères conducteurs ioniques et d'électrocatalyseurs actuellement étudiés par plusieurs groupes de recherche à travers le monde. Aujourd'hui, ses travaux sont d'une grande actualité : « Le marché des technologies solaires augmente de 40 % par année, particulièrement en Allemagne, en Espagne et dans la plupart des pays du Sud. Malheureusement, regrette-t-il, le Québec et le Canada ne sont pas assez dans le coup. Pourtant, compte tenu du faible coût de notre électricité, en fabriquant du silicium ou en exportant des panneaux solaires, nous pourrions occuper une bonne part de ce marché très actif. » Le professeur Savadogo dirige le Laboratoire de nouveaux matériaux pour l'énergie et l'électrochimie : « Actuelle- «Le marché des technologies solaires augmente de 40 % par année (dans de nombreux pays). Malheureusement le Québec et le » Canada ne sont pas assez dans le coup. Oumarou Savadogo De g. à d. : P r Guy Marleau (Département de génie physique), P r Oumarou Savadogo, Virginie Chambost, associée de recherche, et P r Paul Stuart (Département de génie chimique). ment, le silicium est le matériau le plus utilisé dans les piles solaires, mais le coût de fabrication est très élevé. Nous testons des matériaux de remplacement. Nous sommes, par exemple, la première équipe à avoir obtenu de façon chimique du sulfure d'antimoine qui peut être utilisé dans les piles solaires. Nous avons aussi développé des nanostructures : les cristaux extrêmement fins augmentent la surface d'interaction avec la lumière solaire, et nous travaillons sur les premières cellules photovoltaïques du genre. » Le chercheur tente aussi de mieux optimiser un autre volet de la captation solaire. Il s'agit des photosensibilisateurs, des composés électrochimiques qui absorbent la lumière et enclenchent la conversion de l'énergie lumineuse en électricité. Alors à quand le soleil dans nos voitures? « Il faut certainement compter de 10 à 15 ans! La recherche de nouveaux matériaux et de leur mise en forme doit se poursuivre, car les performances limitées des panneaux solaires actuels ne permettent pas cette application. » Cycle de vie et bilan énergétique « Avec une bonne analyse du cycle de vie, nous aurions vite compris les problèmes engendrés par la production d'éthanol à partir du maïs! » affirme Réjean Samson, professeur au Département de génie chimique. Depuis le début des années 2000, il raffine une méthode appelée Analyse du cycle de vie (ACV) pour en faire un instrument incontournable de gestion des processus industriels et de l'énergie. Développée dans les années 1990, cette approche permet de calculer et de prévoir précisément les impacts environnementaux globaux (ex : changement climatique, ozone stratosphérique), régionaux (acidification, eutrophisation, smog) et locaux (santé humaine, écotoxicologie) d'un produit ou d'un service à toutes les étapes de la chaîne du produit (extraction des matières premières, fabrication, utilisation, recyclage, réutilisation et disposition en fin de vie). Dans le cas d'une centrale électrique, par exemple, les éoliennes ou d'autres nouvelles centrales de production d'électricité, comme les turbines à cycle combiné, sont des solutions de remplacement envisageables. Une ACV permet de scruter à la loupe chaque étape, de la réalisation à la disposition, d'effectuer les meilleurs choix et de réduire les impacts environnementaux. Réjean Samson dirige le Centre universitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) et est titulaire principal de la Chaire internationale en analyse du cycle de vie. Cette chaire regroupe 14 partenaires industriels canadiens, américains et européens : « Nous formons les premiers spécialistes canadiens en ACV et nous nous assurons que les pratiques se font dans les règles de l'art. » La chimie, la pétrochimie, l'agroalimentaire, les pâtes et papiers, les mines et le bâtiment comptent parmi les domaines d'expertise. Le Japon et l'Europe sont actuellement les leaders et bientôt, note Réjean Samson, « toute la production industrielle européenne sera basée sur la pensée cycle de vie ». Au Québec, la loi 118 sur le développement durable préconise une production industrielle orientée « cycle de vie », et un nombre croissant d'entreprises commencent à l'utiliser : « De plus en plus de données sont disponibles et il n'est pas toujours nécessaire de payer très cher pour ce type d'analyse. La quarantaine de spécialistes qui arriveront sur le marché d'ici 2010 donneront un nouvel élan à ces pratiques. À l'École Polytechnique, nous sommes déjà une plaque tournante mondiale dans ce domaine. » Au secours de l'industrie forestière L'idée d'une papetière qui produirait de l'éthanol ou d'autres carburants verts à partir d'arbres ou de résidus forestiers fait lentement son chemin. Paul Stuart, directeur de la Chaire CRSNG en génie de conception environ- GRAND DOSSIER POLY Automne 2008 9

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    POLY Automne 2008 10 GRAND DOSSIER nementale, et sa collègue Virginie Chambost, directrice des projets de bioraffinerie, ont entrepris une véritable croisade pour extirper l'industrie forestière d'une crise qui perdure. Ils préconisent l'innovation : « Les industries forestières pourraient produire autre chose que des pâtes et papiers traditionnels. Mais elles sont encore frileuses, et l'effort pour changer de cap sera énorme. » Certaines entreprises forestières européennes sont en train de prendre ce virage et la bioraffinerie est au cœur de leur stratégie : « Le but est de rendre les usines autosuffisantes en énergie et d'améliorer leur situation économique, deux éléments indispensables et atteignables en utilisant les résidus du bois et autres sources de lignocellulose afin de développer un nouveau portefeuille de produits comprenant des produits à valeur ajoutée. Par exemple, on peut remplacer les combustibles fossiles par des combustibles provenant de la biomasse, qui est neutre en carbone. En effet, comme leur teneur en carbone est déjà comptabilisée dans le bilan global, les arbres malades ou des résidus forestiers peuvent être transformés avec l'implantation de nouvelles technologies de bioraffinerie. » « Il n'y a, à ce jour, aucun biocarburant produit à pleine échelle à partir des matières premières lignocellulosiques, poursuit Paul Stuart, mais la technologie, testée à l'échelle de démonstration, fonctionne. Plusieurs compagnies espèrent être les premières à l'implanter et, dans le contexte du débat nourriture-combustible, la compétition s'intensifie. » L'analyse du cycle de vie est étroitement associée à ce tournant : « Cet outil d'évaluation environnementale est précieux pour estimer la réduction des émissions de GES. » L'équipe de la Chaire utilise une approche qui considère la durabilité des procédés de bioraffinage à long terme. Travailler en symbiose avec l'industrie Qu'il s'agisse de la valorisation de la biomasse forestière ou d'autres procédés, les recherches s'effectuent en symbiose avec l'industrie : « 80 % de nos projets sont réalisés avec des industries, précise Jamal Chaouki, directeur du Centre de recherche en génie des procédés de l'environnement et des biotechnologies. » Biothermica est l'une d'elles. L'entreprise, fondée en 1987, est copropriétaire, avec SNC-Lavalin, de la centrale électrique de 25 mégawatts alimentée à partir des biogaz qui se dégagent des déchets de l'ancienne carrière Miron dans l'est de Montréal. Son propriétaire, Guy Drouin, diplômé de l'École Polytechnique, est un vieux routier de l'environnement et un pionnier avant la lettre du développement durable : « Le choc pétrolier de 1973 m'a incité à faire ma thèse de maîtrise sur toutes les formes d'énergie de remplacement. Ce sujet m'a ouvert l'esprit aux énergies nouvelles. » Dans le cadre d'une coopération avec Le Devoir, Guy Drouin a, par la suite, parcouru le Moyen-Orient où il a découvert la complexité de cette question et l'impact du contexte Guy Drouin, dirigeant de Biothermica, lauréat du Prix Mérite 2008 de l'Association des Diplômés de l'École Polytechnique. géopolitique. Dès 1978, il fondait une première entreprise de valorisation de la biomasse et des déchets : « Lorsque le prix du pétrole a baissé, la biomasse a perdu la cote. Aujourd'hui, bonne nouvelle, elle redevient à la mode. » Puisque la carrière Miron ne reçoit plus de déchets depuis longtemps, les biogaz qui s'y dégagent ne seront pas éternels et Biothermica doit penser à une autre source d'alimentation. C'est dans cet esprit que l'entreprise collabore avec le professeur Jamal Chaouki, qui tente de transformer les déchets ménagers en gaz de synthèse pour obtenir de l'électricité. Guy Drouin est le lauréat du Prix Mérite 2008 de l'Association des Diplômés de l'École Polytechnique. Son entreprise détient un sérieux portefeuille de brevets et ses collaborations avec son alma mater portent aussi sur la gazéification à partir de matières résiduelles du bois, de bardeaux, d'asphalte et de boues municipales et industrielles. De son côté, Jamal Chaouki multiplie les projets : « Au cours de la pyrolyse, nous brûlons les déchets à très haute température sans ajouter d'oxygène, pour obtenir des gaz combustibles, des solides, des huiles. À partir des pneus, par exemple, nous obtenons ainsi de l'acier. » Les applications peuvent être spectaculaires. Puisqu'elle est un combustible créé entièrement à partir de produits recyclés, une huile obtenue par ce procédé est actuellement en excellente position pour alimenter la flamme olympique des Jeux d'hiver de Vancouver. Le virage vers les énergies vertes s'inscrit peu à peu dans notre vie. Qualité et gestion Technique Traitement des eaux usées Dictionnaire illustré des activités de l'entreprise, français-anglais - Industrie, techniques et gestion, par Diane Riopel (École Polytechnique de Montréal) et Clément Croteau (Office québécois de la langue française). L'ouvrage compte 18 000 termes, 3800 entrées et sousentrées, 500 illustrations, 768 p. 59,95 $. Introduction à l'optique quantique, par Romain Maciejko (École Polytechnique de Montréal). Ce livre de 346 pages fait le pont entre un domaine en pleine effervescence et la formation universitaire. 75 $. Commande moderne - Approche par modèles continus et discrets, par David Bensoussan (École de technologie supérieure). La représentation de systèmes par des variables d'état, les principaux outils de conception et de réalisation analogiques et numériques de la commande de systèmes linéaires sont abordés dans ce livre de 396 pages. 79 $. * Exercer du leadership : une approche adaptée pour les ingénieurs - 7 et 8 oct. * CCÉG (Coalition canadienne de l'énergie géothermique) - Mise à niveau pour l'installation de systèmes géothermiques - 1er oct. * Méthodologie de conception des installations électriques industrielles BT, MT et HT - 2 et 3 oct. * CCÉG (Coalition canadienne de l'énergie géothermique) - Formation pour l'installation de systèmes géothermiques - 15-17 oct. * Tout sur l'énergie et l'environnement - 20 et 21 oct. * Introduction à l'acoustique du bâtiment - 27 et 28 oct. * Les géomatériaux appliqués au génie civil - 29 oct. * Pathologie des fondations - 31 oct. * CCÉG (Coalition canadienne de l'énergie géothermique) Conception de systèmes géothermiques pour les bâtiments commerciaux - du 3 au 6 nov. * Conception d'ouvrages de traitement des boues d'épuration - 13 et 14 nov. * Module I : Caractéristiques et contraintes des sites et analyses des sols - du 26 au 28 nov. Tous ces cours peuvent être adaptés et offerts dans votre entreprise. DERNIÈRES PARUTIONS Responsabilité sociale de l'entreprise - Enjeux de gestion et cas pédagogiques, par Emmanuel Raufflet (HEC) et Pierre Batellier (HEC). Premier ouvrage en français conçu à des fins pédagogiques, il familiarise les étudiants avec les débats et les notions clés, et les forme à évaluer décisions, pratiques et plans d'action. 304 p., 49 $. Circuits électriques - Méthodes d'analyse et applications, par Mohand Ouhrouche (Université du Québec à Chicoutimi). Pour la première fois, en français, un ouvrage (362 p.) relie les modèles mathématiques de premier et de deuxième ordres à des dispositifs électriques concrets. 79 $. Barrages, crues de rupture et protection civile, 2 e édition, par Claude Marche (École Polytechnique de Montréal), 448 p., 80 $. Drinking-Water Distribution, Sewage, and Rainfall Collection, 2 e édition, par François G. Brière (École Polytechnique de Montréal), 414 p., 79 $. Cours intensifs offerts à l'automne 2008 Description complète des cours: www.polymtl.ca/cfc * La créativité en activité - 10 et 24 oct. * Pathologie des bâtiments - 7 nov. * Conception des lignes électriques aériennes, partie II - 10 et 11 nov. * Comment calculer les économies d'énergie? - 12 nov. * Barrages, crues de rupture et protection civile - 17 et 18 nov. * Qualité de l'air intérieur - 19 nov. * Stabilité de pente et glissement de terrain avec études de cas - 21 nov. * Relais de coordination de protection des installations électriques BT, MT et HT - 24 et 25 nov. * Qualité de l'onde, composantes symétriques et harmoniques - 8 et 9 déc. * Module II : Interprétation et application du règlement Q-2, r.8 - 1er et 2 déc. * Module III : Conception de systèmes pour les débits > 3240 L et < 50 000 L en respect de l'article 32 - du 3 au 5 déc. POLY Automne 2008 11

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    LE PROGRAMME IDÉE, LA SOLUTION POUR RÉALISER VOTRE PROJET DE DÉMONSTRATION EN EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE. Vous travaillez au développement d'une technologie ou d'une approche novatrice dans le domaine de l'efficacité énergétique ? Le programme Initiatives de démonstration technologique et d'expérimentation - IDÉE* pourrait vous faire bénéficier d'un appui financier allant jusqu'à 250 000 $ ou représentant 75 % du coût total de votre projet. Un choix d'affaires rentable et responsable. * Certaines conditions s'appliquent. www.hydroquebec.com/idee Obtenez un appui financier pouvant atteindre 250 000 $. Pierre Dufour, Po 75, doctorat honoris causa « Il n'y a pas de distinction entre un ingénieur et un gestionnaire » Par Catherine Florès Un parcours exemplaire Le doctorat honoris causa remis cette année par l'École Polytechnique à Pierre Dufour souligne la carrière exceptionnelle de ce visionnaire, qui a tracé une voie remarquable dans les domaines de l'ingénierie et du management. Armé de diplômes reflétant son intérêt pour le génie et la gestion (baccalauréat en génie civil de Polytechnique, en 1975, maîtrise en génie civil de l'Université Stanford, en 1979, diplôme en management de la Harvard Business School, en 1983), Pierre Dufour détient un parcours professionnel impressionnant : durant vingt années au sein du groupe Lavalin, puis de SNC-Lavalin, il a dirigé des projets d'envergure dans le monde entier. Il entre, en 1997, au service d'Air Liquide comme vice-président du groupe Ingénierie et Construction, à Paris. Là encore, il accède rapidement aux postes les plus prestigieux et devient directeur général délégué d'Air Liquide en 2007. Cet homme d'action a forgé une vision du métier d'ingénieur à cent lieues des idées reçues. M. Dufour, parmi tous vos accomplissements au cours de votre carrière, de quoi êtes-vous le plus fier? En tant que Québécois, je ressens une fierté particulière d'avoir participé au projet de construction du Stade olympique de Montréal au début de ma carrière. Au-delà des controverses, ce projet représente un exploit technique et sa conception était une première mondiale. Mais de façon générale, ce dont je suis le plus satisfait, c'est d'avoir su faire face à l'inconnu, d'avoir relevé des défis et accepté les responsabilités qui allaient de pair. Vous êtes donc un peu un aventurier? Sans doute. Les occasions ne repassent pas souvent, il faut savoir les saisir immédiatement et s'adapter aux circonstances. C'est en grande partie sa capacité d'adaptation qui permet à un ingénieur de réussir. Et quelles autres qualités doit posséder un ingénieur? Il doit être capable de remettre en question les manières de faire, d'explorer et de créer. Je me méfie des gens qui ont des connaissances très pointues dans un domaine technique, mais qui manquent de cette ouverture d'esprit, de cette agilité intellectuelle qui permet de regarder toutes les facettes d'un problème et d'avoir l'audace de proposer de nouvelles solutions. Un regard neuf vaut mieux qu'une « supertechnique » toujours vite dépassée. En fait, je dirais qu'un ingénieur, c'est avant tout quelqu'un qui sait apprendre. La richesse des relations humaines est aussi primordiale. Une école de génie est un creuset extraordinaire pour le réseautage, mais les futurs ingénieurs sont rarement conscients que les liens entre pairs seront plus importants dans leur vie que ce qu'ils apprennent en cours! Enfin, il y a l'expérience internationale, selon moi, essentielle à acquérir. « » Bâtir une entreprise est aussi exaltant que bâtir un pont. Justement, quelles sont vos observations concernant la pratique du génie au Canada et à l'international? Il y a des différences d'approches selon les pays. Par exemple, le génie canadien est teinté de l'approche entrepreneuriale. En France, c'est l'esprit scientifique qui prévaut, les décisions stratégiques s'appuient souvent sur des modèles mathématiques. Les ingénieurs aux États-Unis ont quant à eux une approche basée sur la systématisation de leurs processus. Par contre, quel que soit le pays, on est aujourd'hui devenu très soucieux de l'impact environnemental et social d'un projet. Pour obtenir l'aval des autorités et des organismes de financement international, les études d'impact sont indispensables. Vous avez maintenant quitté le monde du génie pour présider au destin d'une multinationale. Le gestionnaire en vous a-t-il pris le pas sur l'ingénieur? Pour moi, il n'y a pas de distinction entre un ingénieur et un gestionnaire, la majorité des ingénieurs exercent les doubles fonctions. Cela dit, j'ai autant de plaisir à diriger un groupe comme Air Liquide, qui emploie 43 000 personnes et génère un chiffre d'affaires de près de 13 milliards d'euros qu'à diriger des projets d'ingénierie. Bâtir une entreprise est aussi exaltant que bâtir un pont! ENTRETIEN POLY Automne 2008 13

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    POLY Automne 2008 PERSPECTIVES 14 De l'ingénieur au gestionnaire, une évolution naturelle, soutenue par la formation Quelques chiffres sur nos diplômés On sait que les diplômés de Polytechnique constituent une main-d'œuvre de choix pour les grandes organisations. À titre d'exemple, plus de 600 d'entre eux travaillent actuellement chez Hydro-Québec, 241 chez Bombardier aéronautique, 194 chez SNC-Lavalin, 177 chez Pratt & Whitney Canada, etc. Les récentes statistiques fournies par RHR Expert mettent en lumière d'autres faits saillants sur nos diplômés. Selon ces statistiques, légèrement plus de la moitié des diplômés en activité, soit 51,76 %, travaillent directement en ingénierie. Fait intéressant, plus du quart des diplômés actifs (26,24 %) travaillent dans le domaine de l'administration et de la gestion, ce qui confirme l'importance pour les ingénieurs de développer leurs qualités de gestionnaires. L'informatique constitue le 3 e secteur d'importance (15,51 %). En ce qui a trait au niveau de gestion, tous domaines confondus, on constate que plus de la moitié des diplômés actifs occupent des fonctions d'encadrement, soit 25,30 % de cadres supérieurs et 31,15 % de cadres intermédiaires. Le nombre de professionnels avoisine les 40 %. Environ un tiers des cadres supérieurs sont membres de l'Ordre des ingénieurs du Québec (33,62 %). Cette proportion dépasse les 40 % chez les cadres intermédiaires et les professionnels. On remarque également que le « sang neuf » est représenté par près de la moitié des diplômés actifs, puisque cette proportion détient moins de cinq années d'expérience; 21,18 % possèdent de cinq à dix années d'expérience. Les « seniors » (10 ans et plus d'années d'expérience) représentent 30 %. 0,61 % 0,86 % 0,68 % 4,19 % * Informatique * Ingénierie * Ressources humaines * Relations publiques Domaine d'expertise 26,24 % 51,76 % 15,51 % 0,14 % * Ventes/Marketing * Comptabilité/Finance * Admin./Gestion * Droit 10,51 % 10,67 % 39,84 % 31,15 % 14,69 % 30,30 % 3,72 % 25,30 % 11,09 % 22,74 % Niveau de gestion * Cadres Supérieur * Cadres intermédiaires * Professionnel * Superviseur Années d'expérience * 0 à 1 an * 1 à 3 ans * 3 à 5 ans * 5 à 7 ans * 7 à 10 ans * 10 ans et + Des orientations pour futurs gestionnaires En entreprise, le titre d'ingénieur couvre tout un éventail de fonctions : chef de projet, directeur de production, responsable R et D, etc. Une diversité qui en dit long sur la nécessaire polyvalence de l'ingénieur, qui ne peut compter sur ses seules connaissances techniques et scientifiques pour évoluer dans sa profession. Un ingénieur capable de prendre les rennes d'une équipe est appelé à occuper des responsabilités toujours plus importantes dans une entreprise. Ses compétences en encadrement de salariés le conduisent souvent jusqu'aux fonctions de dirigeant. Les nouvelles orientations thématiques offertes dans la plupart des programmes de baccalauréat à Polytechnique visent à soutenir les vocations au management qui se manifestent souvent dès le baccalauréat. L'orientation Outils de gestion permet aux étudiants de se préparer à assumer des responsabilités de gestion et de direction au sein des entreprises. L'orientation Innovation technologique s'attache au rôle de l'innovation dans le développement et la croissance des entreprises et propose d'outiller les étudiants envisageant de démarrer une entreprise et de commercialiser de nouveaux produits. L'orientation Projets internationaux propose d'étudier l'impact des phénomènes internationaux sur les projets d'ingénierie et sur le travail de l'ingénieur d'aujourd'hui. Germain Lamonde, Po 83, président d'EXFO Gérer pour gagner, une discipline olympique Par Catherine Florès La rapidité est l'adjectif qui définit le mieux Germain Lamonde, diplômé de génie physique, lauréat du Prix Innovation technologique de l'ADP et dirigeant d'EXFO. L'entreprise qu'il a créée à la fin de ses études est aujourd'hui un groupe phare dans le secteur des télécommunications. Le chef d'entreprise parle vite, et agit plus vite encore, comme le laisse penser son parcours-éclair : « J'ai fait mon baccalauréat tout en travaillant à temps plein, témoigne M. Lamonde. J'ai achevé ensuite une maîtrise en 18 mois, tant il me tardait de mettre sur pied mon idée d'entreprise. Je souhaitais mettre en pratique mes connaissances dans le domaine des fibres optiques pour créer des systèmes portatifs destinés aux tests de terrain pour la maintenance des réseaux optiques. Mon capital de départ? 100 $ et 100 % de motivation! » Qui aurait pu prévoir à l'époque que, vingt-cinq ans plus tard, EXFO afficherait un chiffre d'affaires de 200 M$ par année et serait présente dans le monde entier? L'entre- Baccalauréat en biologie PEUT-ON FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE SANS LE SAVOIR ? prise est en effet reconnue comme l'un des plus importants fournisseurs de solutions de test et de surveillance pour les opérateurs de réseaux et les fabricants d'équipement de l'industrie mondiale des télécommunications. Sa croissance annuelle flirte régulièrement avec les 20 %. « La clé de notre réussite, c'est d'avoir toujours misé sur l'innovation, déclare le bouillant dirigeant. Enrichir notre savoir et développer sans arrêt de nouvelles technologies, de nouvelles solutions, c'est notre leitmotiv. Chez EXFO, la R et D emploie au moins 400 ingénieurs et un budget de 40 M$ lui est consacré. » De la relève, M. Lamonde attend le même souci d'innovation, la même exigence du travail bien fait, le même goût de la performance que ceux qu'il partage avec ses collaborateurs. « EXFO a pour objectif de devenir le champion mondial dans son domaine. Je gère mes équipes pour gagner, c'est une discipline olympique! » IL FAUT LE SAVOIR Maîtrise en géographie Le Québec est sans contredit à l'avant-garde du développement durable en Amérique du Nord. Grâce au savoir et à la recherche universitaires, grâce à l'assiduité des millions d'étudiants d'hier et d'aujourd'hui, la société québécoise est devenue l'une des plus avancées au monde. Pour protéger nos acquis et aller de l'avant, soutenons adéquatement nos universités. Notre qualité de vie en dépend. ilfautlesavoir.ca PROFIL POLY Automne 2008 15

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    POLY Automne 2008 ENSEIGNEMENT 16 Le premier baccalauréat en génie aérospatial au Québec Donner des ailes au savoir-faire québécois L'avenir de l'industrie aérospatiale canadienne (22,7 G$ de revenus en 2007 avec un nombre d'emplois directs de 82 000 personnes*), est tributaire de la formation d'une main-d'œuvre qualifiée. Les jeunes ingénieurs spécialisés dans le domaine aérospatial sont très recherchés, notamment au Québec, d'où provient 62 % de la production de l'industrie canadienne de l'aérospatiale. Le programme de baccalauréat en génie aérospatial mis sur pied par l'École Polytechnique vise à soutenir l'essor de cette industrie, avec la formation d'une masse critique d'ingénieurs de haut calibre. Ces futurs ingénieurs seront formés pour jouer un rôle clé dans les divers projets du domaine aérospatial où l'innovation est reine : conception, développement, essais de production, tenue en service de nouveaux aéronefs et de véhicules spatiaux. Le programme, mis sur pied avec la collaboration de Bombardier Aéronautique et de l'École nationale d'aérotechnique (ENA), accueillera ses premiers étudiants dès l'automne 2009**. « Nous nous appuyons sur l'expertise de nos nombreux professeurs-chercheurs oeuvrant dans le domaine, sur nos infrastructures ainsi que sur les partenariats que nous avons développés au cours des 20 dernières années avec l'industrie et les autres institutions de formation », annonce Clément Fortin, directeur du Département de génie mécanique. Rappelons que l'École Polytechnique propose depuis plusieurs années des spécialisations en aéronautique et en avionique dans certains de ses programmes de baccalauréat. L'Institut d'innovation et de conception en aérospatiale de Polytechnique offre, quant à lui, aux étudiants de toutes les disciplines la possibilité de travailler sur des projets de R et D industriels et de réaliser un stage dans une entreprise aéronautique (Pratt & Whitney, Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter Textron, CAE, etc.). * Source : Association des industries aérospatiales du Canada. ** Sous réserve de l'approbation du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). RHR Emplois pour cadres et professionnels www.SalonGénieCarrières.com Les 21 et 22 octobre 2008 / 10 h à 20 h Palais des congrès de Montréal Au moins 300 postes à combler Plus de 30 exposants Améliorer votre performance : conférences en gestion de carrière Présidence d'honneur Une initiative du Groupe RHR Expert et de ses partenaires Yvon Savaria, directeur du Département de génie électrique Par Catherine Florès Entré à Polytechnique en 1974, Yvons Savaria a obtenu un baccalauréat en génie électrique, suivi d'une maîtrise. Après un doctorat à McGill, il est revenu à son alma mater dans les années 80 pour y enseigner et y poursuivre ses recherches sur les microsystèmes. Récemment nommé à la direction du Département de génie électrique, il embrasse sa mission avec fougue. « Notre plus grand défi est le recrutement d'étudiants. Nous pourrions en accueillir un plus grand nombre en génie électrique. La crise traversée par le secteur des télécommunications il y a quelques années et l'attrait du secteur informatique nous ont sans doute fait de l'ombre. » M. Savaria est fermement décidé à lutter contre ces perceptions, il a en même fait son cheval de bataille. « Le génie électrique est la source de toutes les hautes technologies qui nous entourent, et ce fait va persister. Un avenir sans électricité n'est pas imaginable. Un avenir sans génie électrique ne l'est donc pas non plus, au Québec comme ailleurs. » Comme il le rappelle, on parle beaucoup de la rénovation des infrastructures routières qui va stimuler le besoin en ingénieurs civils, mais on oublie que les infrastructures des réseaux de télécommunications vivent les mêmes besoins. Sans compter que la technologie du cellulaire, en plein essor, accroît les besoins en services. Le génie biomédical offre quant à lui des perspectives sans limites en développement de produits faisant appel à des microsystèmes ultraperformants. D'ailleurs, dans un grand nombre de pays, dont les États-Unis, les ingénieurs électriciens sont les plus demandés. M. Savaria ne manque pas de souligner à quel point il est dans l'intérêt des entreprises d'ici de soutenir la formation de spécialistes en énergie, en microsystèmes, en avionique ou en télécommunications. C'est de leur relève qu'il s'agit. « Par exemple, dans un avenir proche, un grand nombre d'ingénieurs chez Hydro-Québec vont partir à la retraite. Qui va les remplacer? » Mais la concurrence internationale féroce, en particulier asiatique, pourrait-elle sonner le glas du génie électrique au Canada? M. Savaria est persuadé du contraire. « Certes, de nombreuses entreprises délocalisent ou sous-traitent la production de produits ou d'équipements de haute technologie en Asie. Mais les barrières culturelles ne sont pas négligeables. Les ingénieurs d'Asie, tout compétents qu'ils soient, vivent dans une société différente de la nôtre et ne comprennent pas toujours les besoins des utilisateurs dans nos marchés occidentaux. En plus, le décalage horaire et l'éloignement de la production des centres de décisions sont autant d'obstacles. Beaucoup d'entreprises l'ont compris. » M. Savaria propose une vision à long terme, orientée sur des niches stratégiques, et évitant de sur-réagir aux tendances du marché. « Il faut redéfinir un génie électrique "Made in Canada", en misant sur la recherche et l'innovation, la com- « » Il faut redéfinir un génie électrique "Made in Canada", en misant sur la recherche et l'innovation, la compréhension des besoins de la société dans laquelle on vit (...). préhension des besoins de la société dans laquelle on vit, et sur une stratégie industrielle basée sur l'intégration verticale qui met en œuvre le savoir-faire au service des applications.» Et de citer l'exemple des entreprises en aérospatial qui commencent à concevoir et à fabriquer leurs propres systèmes avioniques, en leur conférant une forte valeur ajoutée. « De notre côté, nous nous assurons que les ingénieurs que nous formons répondent aux besoins de l'industrie locale, en quantité et en qualité. » ENSEIGNEMENT POLY Automne 2008 17

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    POLY Automne 2008 18 ENSEIGNEMENT Projets intégrateurs en génie électrique Des étudiants « consultants » auprès de l'industrie Par Catherine Florès Concevoir un système de contrôle de température d'un bain de cristallisation pour l'Agence spatiale canadienne, mettre au point un détecteur révélant des indices d'athérosclérose dans des échantillons pour une entreprise biomédicale, mettre sur pied un avant-projet de centrale éolienne... Les étudiants en quatrième année du programme de baccalauréat en génie électrique ont la chance de pouvoir travailler à des projets soumis par l'industrie, dans des domaines reliés à leurs intérêts, que ce soit l'énergie, les télécommunications, la microélectronique ou l'automatisation. « Pour nos étudiants, c'est une mise en situation de ce qu'ils pourraient vivre en milieu de travail », affirme le P r Pierre Savard, responsable des projets intégrateurs. Réunis en équipe de six à douze, les étudiants agissent comme des consultants à qui on confie un mandat complet. Cahier des charges, revues de projet, résultats des tests, etc. : l'équipe gère toutes les étapes du projet jusqu'à la présentation des différents livrables et d'un prototype fonctionnel à leur client. Certains projets vont jusqu'à la présentation d'un prototype fonctionnel. Chaque projet génère au moins quatre rencontres avec le client. « Ces projets sont très formateurs, se réjouit M. Savard, les étudiants apprennent qu'en entreprise, ils sont jugés sur les résultats. L'erreur n'y est pas tolérée! Le produit final doit non seulement fonctionner, mais répondre aux normes en vigueur dans l'industrie et satisfaire aux exigences de rentabilité. Pour certains étudiants, c'est un changement de culture à assimiler. » La clé du succès de ces projets : un bon travail d'équipe. « Le changement d'attitude des étudiants est frappant, relate M. Savard. Ils apprennent à écouter leurs coéquipiers, à se responsabiliser, à prendre de l'assurance et à développer leur leadership. À partir L'Institut en génie de l'énergie électrique, un modèle de formation de la relève Créé en 2001 sous l'impulsion d'Hydro-Québec, d'autres entreprises du secteur énergétique et d'universités, l'Institut en génie de l'énergie électrique (IGEE) a pour mandat de former un nombre suffisant d'ingénieurs en génie de l'énergie électrique pour satisfaire aux besoins de l'industrie. L'IGEE recrute chaque année une cinquantaine des meilleurs étudiants universitaires en génie électrique de la province et leur offre un programme de formation « sur mesure », élaboré conjointement par les universités* et les partenaires industriels. « Le programme tient compte des compétences que l'industrie requiert de la part des diplômés, précise M. Hoang Le-Huy, directeur général de l'IGEE. Son contenu est mis à jour régulièrement pour refléter l'évolution de la technologie. » Les cours sont donnés à l'École Polytechnique par des professeurs des universités participantes et par des experts provenant des industries partenaires; ce sont les universités d'attache des étudiants qui leur délivrent leurs diplômes respectifs à la fin de leurs études. Encouragés par des bourses substantielles offertes par les partenaires industriels, et dont le total dépasse 100 000 $, les étu- de cette année, les chefs d'équipe recevront même une formation spéciale en gestion d'équipe. Et pour favoriser l'ouverture à la multidisciplinarité, des étudiants de génie civil seront amenés à intervenir dans le projet d'éoliennes pour évaluer les coûts. » De tels projets en génie électrique sont une première au Québec et un bel avenir est promis à l'initiative. Les entreprises y voient la possibilité de démarrer des projets sans se charger elles-mêmes de la R et D, et, également, d'identifier leur relève. L'an dernier, des entreprises comme Helimax (énergie éolienne) et Rogue Research (biomédical) ont embauché des étudiants parce qu'elles avaient apprécié leur travail sur leur projet.», indique M. Savard. Votre entreprise souhaîterait confier un projet aux étudiants du programme de génie électrique? Communiquez avec Pierre Savard, Département de génie électrique, au 514 340-4711, poste 4186. diants bénéficient de stages de choix et de multiples occasions de réseauter avec leurs futurs employeurs. « Après sept années de fonctionnement, le bilan est très positif, déclare Richard Hurteau, président du conseil d'administration de l'institut. L'IGEE a permis de fournir une main-d'œuvre très qualifiée à l'industrie de l'énergie électrique. Aujourd'hui, les projets de réfection des infrastructures d'Hydro-Québec et le développement d'énergies renouvelables accroissent les besoins en relève. La mission de l'IGEE est plus que jamais cruciale pour l'industrie. » * L'École Polytechnique de Montréal, l'École de technologie supérieure, l'Université Concordia, l'Université Laval, l'Université McGill, l'Université de Sherbrooke, l'UQAC, l'UQAR et l'UQTR. Thomas Gervais Un pont entre la science et la communication Par Catherine Florès « Scientifique » ou « littéraire »? Thomas Gervais, journaliste et enseignant en génie, se soucie peu des étiquettes. Seul compte pour lui son objectif : faire comprendre les enjeux de la science au plus grand nombre et partager son émerveillement devant les réalisations des chercheurs. La rédaction de Poly est fière de compter ce passionné parmi ses nouveaux collaborateurs. Un parcours atypique « J'ai longtemps hésité entre les études scientifiques et les études littéraires, confie Thomas. Si j'ai finalement opté pour les premières, je savais qu'un jour, je réconcilierais mes deux passions. » Titulaire d'un baccalauréat de génie physique obtenu à Polytechnique en 2000, Thomas est admis au MIT pour faire un doctorat en génie biologique. « Je regardais la cellule vivante avec un œil d'ingénieur : elle m'apparaissait comme une fabuleuse machine dont je souhaitais connaître tous les mécanismes. » Son projet de recherche porte sur le design des appareils de diagnostic du futur, sous la direction du P r Klavs Jensen, à qui n'échappe pas le talent de Thomas pour expliquer les choses complexes. La Bourse Fernand-Seguin a pour objectif d'encourager les carrières en communication scientifique. Une prometteuse carrière de chercheur semble se profiler, mais le cœur de Thomas bat toujours pour la communication. De retour à Montréal en 2006, il s'inscrit au concours de la Bourse Fernand-Séguin*. Il y remporte le Prix de la relève, ce qui lui permet d'effectuer des stages à La Presse et au magazine Québec Science. Il exerce à titre de journaliste indépendant durant deux années, mais la nostalgie des sciences exactes se fait rapidement sentir. En 2008, une nouvelle voie s'ouvre à lui : il obtient un poste de chargé de cours de sciences au Collège Jean-de-Brébeuf, et Polytechnique l'engage pour donner le cours de mécanique pour ingénieurs aux étudiants de première année. Thomas redécouvre alors pleinement le plaisir de transmettre des connaissances. « Je m'efforce de toujours mettre en contexte ma matière, d'expliquer à quoi servent les théories et comment on en est venu à les utiliser. C'est réellement gratifiant d'éveiller la curiosité d'un public! Je ne pourrai plus me passer d'enseigner. » Le journalisme le rattrape pourtant, en lui permettant d'ajouter une nouvelle corde à son arc. À la suite de ses articles dans la revue Québec Science, la nouvelle émission télévisée de vulgarisation scientifique, Le Code Chastenay, fait appel à lui en tant que recherchiste et scénariste de reportages sur la recherche au Québec. « Désormais, je fais vraiment ce que j'aime : enseigner, découvrir et communiquer. Finalement, je me félicite de ne pas avoir suivi les sentiers battus. » ENSEIGNEMENT POLY Automne 2008 19

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