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MagPolyVol8_No1_Hiver2011
Magazine Poly | 2011-01-01 00:00:00
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    Magazine intégré de Polytechnique. Hiver 2011 - Volume 8 - Numéro 1 Poste publications no de convention 41074519. POLY le magazine de l'école polytechnique L'aventure de la création d'entreprise Nathalie Brunet, Po 87, présidente et fondatrice de Brio ! Grand dossier Les matériaux font leur révolution entretien 2 e mandat de Christophe Guy à la barre de Polytechnique

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    NOUVEAU FÉRIQUE EXPRESS LE MENSUEL D'INFORMATION FINANCIÈRE DES FONDS FÉRIQUE Abonnement gratuit FÉRIQUE annonce le lancement de son tout nouveau bulletin électronique ! Abonnez-vous gratuitement et recevez chaque mois, par courriel, une information pratique qui vous aidera à mieux comprendre les marchés fi nanciers et à prendre en main vos fi nances personnelles. Offert par la seule société de fonds de placement sans but lucratif au Canada dont l'unique objectif est de servir les intérêts des ingénieurs et des diplômés en génie. Pour vous abonner : www.ferique.com 1-800-291-0337 www.ferique.com Les Fonds FÉRIQUE : il y a un peu de génie là-dedans. > Placements > Planification de la retraite > Fiscalité > Finances personnelles > Assurances > Gestion des risques > Succession * Note: un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de gestion et d'autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d'une année à l'autre. Veuillez lire le prospectus avant d'effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur. Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Placements Banque Nationale inc., à titre de Placeur principal, et par Services d'investissement FÉRIQUE. Les Fonds FÉRIQUE payent des frais de gestion à Gestion FÉRIQUE lui permettant d'assumer les frais de conseillers en valeurs, de mise en marché et de distribution des Fonds FÉRIQUE ainsi que les frais d'administration du gérant des Fonds FÉRIQUE. Chaque Fonds FÉRIQUE assume ses propres frais d'exploitation. Les Fonds FÉRIQUE sont sans commission lorsqu'un porteur de parts souscrit par l'entremise de Placements Banque Nationale inc. ou de Services d'investissement FÉRIQUE; certains frais de courtage pourraient toutefois être exigibles si la souscription se fait par l'entremise d'un courtier indépendant. Pantone 533 C

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    POLY le magazine de l'école polytechnique Le magazine de l'École Polytechnique de Montréal Vol. 8, n o 1 - Hiver 2011 Poly est publié deux fois l'an par la Direction des affaires institutionnelles et secrétariat général de l'École Polytechnique. Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. tirage 26 000 exemplaires édition Service des communications et du recrutement rédactrice en chef Chantal Cantin comité éditorial Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin, Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Annie Touchette recherche et coordination Catherine Florès rédaction Catherine Florès, Danielle Ouellet, Annie Touchette, Tania Trottier-Pérusse révision Johanne Raymond Photos Normand Rajotte (couverture), Yves Beaulieu, Denis Bernier, Ferland Photo, Poly-Photo, École Polytechnique direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge ont collaboré à ce numéro L ' Association des Diplômés de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l'innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d'alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. abonnEmEnt Gratuit : Magazine Poly École Polytechnique de Montréal Service des communications et du recrutement C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca SOMMAIRE Articles 6 / EntrEtiEn 2 e mandat de Christophe Guy à la barre de l'École Polytechnique de Montréal 10 / Grand dossiEr Les matériaux font leur révolution 16 / Profil Nathalie Brunet, Po 87 : le génie industriel est aussi affaire de femme 18 / rEchErchE Engagés pour le progrès (p.18) 6 projets de Polytechnique subventionnés par la FCI (p.19) Hydroélectricité : gérer l'incertitude (p. 20) 22/ EnsEiGnEmEnt Le Centre de formation continue, toujours à la fine pointe ! 26 / VuE d'aillEurs Une section de l'ADP voit le jour au Liban 30 / PlEins fEux sur la rElèVE Alexandre Maurice, Po 2010, un regard confiant sur l'avenir Bulletins 6 16 18 26 30 26 24 / Ça bouGE à Poly 27 / association dEs diPlômés dE PolytEchniquE 32 / fondation dE PolytEchniquE 34 / aGEnda 10 20

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    4 Mois d'ÉnerGie MiniMUM PoUr dYnaMiser Vos ProJets Branchez-vous sur le programme de stages de l'École Polytechnique et faites profiter votre entreprise des compétences de nos futurs ingénieurs. Formés dans un environnement technologique de premier ordre et capables de concevoir des solutions rentables, ils sont prêts à relever vos défis ! 4, 8 ou 12 mois consécutifs, selon vos besoins Début du stage en mai, septembre ou janvier Le plus grand bassin de spécialités de génie au Québec Crédits d'impôts remboursables La campagne de recrutement de nos stagiaires pour l'été bat son plein, communiquez avec nous ! 514 340-4730 www.polymtl.ca/sp

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    ÉDITORIAL Un développement fort pour votre alma mater « PolytEchniquE n'a riEn PErdu dE sa jEunEssE Et dE sa flExibilité » malgré son âge vénérable, Polytechnique n'a rien perdu de sa jeunesse et de sa flexibilité. le directeur général, m. christophe Guy, amorce un 2 e mandat à la barre de l'institution en toute confiance, maintenant que le redressement financier est bel et bien amorcé et que des succès ont jalonné ce passage. avec une croissance soutenue de 40 % des inscriptions au 1 er cycle durant son premier mandat, m. Guy est plus que jamais déterminé à poursuivre sur cette lancée positive. durant ce second mandat, les efforts seront axés sur le renforcement des partenariats avec l'industrie, le renouvellement de la formation au 3 e cycle et, surtout, l'embauche de professeurs. lisez en pages 6-9 l'entrevue accordée par m. Guy au sujet de ses perspectives d'avenir pour Polytechnique. En complément de l'entrevue avec M. Guy, M. Gilles Savard, directeur de la Direction de la recherche et de l'innovation, expose les grandes lignes du plan stratégique quinquennal de votre alma mater pour la recherche et l'innovation, déposé aux principales instances de l'École. À lire en page 18. Le spectre des recherches dans le domaine des matériaux à Polytechnique est impressionnant. Des chercheurs de talent mettent à contribution leurs expertises pour transformer nos vies et nous propulser dans le futur. Découvrez l'univers des matériaux en parcourant notre dossier en pages 10 à 15. À l'instar de la présence féminine sur les conseils d'administration de grandes entreprises, dans le domaine du génie-conseil, on apprend que pour les femmes entrepreneures, ce n'est pas encore la panacée, même si cette donnée tend à changer. Inspirant, le parcours d'une diplômée en génie industriel de Polytechnique, Nathalie Brunet (Po 87), présidente et fondatrice de Brio !, est un bel exemple de ténacité et de volonté. À découvrir en pages 16-17. Pour les nostalgiques de l'émission Génies en herbe, l'émission est de retour dans une nouvelle mouture, depuis janvier dernier, le samedi à 16 à 17 à Radio- Canada, Polytechnique fait partie des commanditaires. Soyez à l'écoute ! En terminant, je remercie tous nos annonceurs et rédacteurs qui contribuent, par leur présence publicitaire ou la qualité de leurs textes, au prestige de votre magazine. Bonne lecture ! Chantal Cantin ---rédactrice en chef

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    ENTRETIEN 2 e mandat de Christophe Guy à la barre de l'École Polytechnique de Montréal « On peut voir le futur de façon positive et recommencer à penser à un développement fort. » Par Martine Turenne le premier mandat de christophe Guy à la direction gé- nérale de l'école Polytechnique a été marqué par une lutte aux déficits accumulés et par le redressement financier de l'école. son second, qu'il entame, se fera sous de meilleurs auspices, avec la pour- suite tous azimuts du développement de Polytechnique, qui se classe parmi les trois plus importantes écoles ou facultés de génie au pays avec ses 6 700 étudiants. car malgré les années de vaches maigres, Polytechnique a tout de même connu un taux de crois- sance de 40 % de ses étudiants au premier cycle ! au cours des quatre prochaines années, christophe Guy entend, toujours avec la collaboration de la communauté qui l'a appuyé dans son premier mandat, non seulement accélérer le développement de Poly- technique, mais aussi favoriser les partenariats avec l'industrie, pour- suivre le renouvellement de la forma- tion au 3 e cycle et, surtout, embaucher des professeurs, ceux-là par qui se crée l'innovation. Poly est en croissance sur tous les fronts. est-ce que cela se traduit par une plus grande notoriété, l'un des objectifs de votre premier mandat ? Oui, nous avons une plus grande notoriété tant au Québec, au Canada que dans le monde. Le rayonnement passe par plusieurs éléments : la présence médiatique (on a eu 50 % d'augmentation du nombre de citations dans la presse), la publicité, et surtout la notoriété de nos professeurs et de nos étudiants. Ce sont nos principaux ambassadeurs. Prenez la voiture solaire Esteban, conçue par nos étudiants : elle a traversé deux fois l'Australie, en 2007 et en 2009, lors d'une compétition qui se tient tous les deux ans là-bas. Cela nous a donné une formidable couverture médiatique ! Nos pro- fesseurs prennent position, nous inaugurons des chaires, tout ceci renforce notre notoriété. en 2005, Poly a modifié le curriculum au premier cycle et éliminé l'année commune pour plutôt spécialiser les étudiants dès l'entrée. avez-vous ainsi amélioré le taux de rétention ? Depuis trois ans, le taux de rétention est passé de 66 % à 75 %, alors, oui, on peut dire que cela a eu un effet. Nous avons aussi changé notre formule pédagogique, en ajoutant un stage obligatoire et en accordant plus d'importance aux projets, à la communication, aux habiletés personnelles et au savoir-être. Il y a 30 ans, la formation universitaire était basée sur le savoir. Puis on a appris quoi faire avec ce savoir, c'est devenu le savoir-faire. Nous, les ingénieurs, avons été en avance sur ce chapitre. Cet aspect est pour nous une priorité, avec une formation par projets qui permet de développer des aptitudes et d'exercer déjà ce qui deviendra sa profession. À cela, nous avons ajouté le savoir-être, c'est-à-dire la capacité de communiquer, d'interagir, d'adopter un sens de l'éthique, de travailler en équipe et d'être ouvert aux autres professions. Car, de plus en plus, les projets seront multidisciplinaires. Le

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    processus de changement s'étend maintenant au doctorat. À peine le tiers de nos doctorants vont rester dans le milieu universitaire. Il faut donc les préparer à leur futur environnement de travail. Vous avez parlé d'éthique dans la formation... 2010 a été une année difficile pour les ingénieurs à ce chapitre. Cela a-t-il provoqué des ajustements dans le curriculum ? On offrait déjà une formation éthique, puisque c'est obligatoire, l'Ordre des ingénieurs faisant passer un examen à tous les futurs ingénieurs sur ce thème. À l'École, on s'assure que l'éthique, mais aussi le développement durable fassent partie de tous les projets. Le plus gros centre en gestion du cycle de vie est d'ailleurs à Poly. L'éthique et le développement dura- ble doivent être intégrés à tous les travaux, tous les projets, sans cloisonnement. Un des défis de Poly, comme de l'ensemble des écoles de génie, est de recruter les meilleurs étudiants du monde entier. Comment vous distinguez-vous ? Il faut d'abord savoir que Poly est l'université québécoise qui a le plus grand pourcentage d'étudiants étrangers avec visa, soit 24 %. De plus, près la moitié de nos quelque 1000 diplômés en 2010 n'étaient pas nés au Canada. Au premier cycle, à l'international, nous recrutons dans le bassin d'étudiants francophones, au Maghreb notamment, et nous leur offrons quelque chose d'unique : une formation nord-américaine, en français, dans un contexte international. Et il ne faut pas se le cacher, le Québec est plus accueillant avec les élèves étrangers que l'Europe. Aux cycles supérieurs, notre bassin est complètement différent. Après les Canadiens, ce sont les Iraniens, les Chi- nois puis les Français qui sont les plus nombreux. Notre objectif est de recru- ter les meilleurs du monde, et notre con- currence, c'est Toronto, McGill, UBC, l'Université d'Alberta... Le Canada est très attirant pour les études doctorales, plus que les États-Unis en raison de leur relative fermeture, et le Québec encore davantage, car il accorde la résidence permanente aux diplômés universitaires. Ça nous permet de lutter à armes égales avec l'Australie. De plus, Montréal est la 2 e ville universitaire en Amérique du Nord, après Boston, ce qui nous donne une masse critique pour la recherche. La Chine forme 400 000 ingénieurs par année. L'inde aussi. Comment voyez-vous cette compétition internationale venue des pays émergents ? Il faut savoir faire la part des choses en ce qui a trait à la formation d'ingénieurs dans les pays émergents. Sur le nombre Poly ---Hiver 2011 06 -07

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    ENTRETIEN « à l'écolE, on s'assurE quE l'éthiquE, mais aussi lE déVEloPPEmEnt durablE fassEnt PartiE dE tous lEs ProjEts. » considérable de nouveaux ingénieurs chinois, un faible pourcentage est du niveau des finissants de Poly. Car toutes les universités chinoises ne sont pas au même niveau. Il y en a des excellentes, comme Shanghai Jiao-Tong, mais d'autres beaucoup moins performantes. Parlez-en aux firmes qui ont des filiales en Chine... Elles se rendent compte rapidement que la main-d'œuvre en génie est peut-être moins coûteuse, mais qu'elle ne rivalise pas avec nos ingénieurs pour ce qui est du niveau des compétences. Comme le font plusieurs grandes universités occidentales, souhaitez-vous que Poly ouvre des campus à l'étranger, notamment dans les pays émergents où la demande est très forte ? Non. En génie, ce n'est pas comme en commerce. Nous avons besoin de plus qu'une salle de cours et d'ordinateurs. Il nous faut mettre sur pied des laboratoires. Ça peut être très complexe. Nous préférons recruter les meilleurs à l'étranger et les amener chez nous ! Notre stratégie est davantage axée sur des échanges et des partenariats à l'étranger. Nous avons tissé des liens avec Shanghai Jiao-Tong, par exemple, nos professeurs s'y rendent et nous recevons leurs étudiants au doctorat. Idem pour l'excellent Indian Institute of Technology à Delhi, ou l'Indian Institute of Science de Bangalore, dans le domaine de l'aéronautique. Un de vos objectifs était de favoriser les transferts technologiques et un plus grand partenariat avec l'industrie. où en êtes-vous ? Nous avons implanté en 2005 des stages obligatoires en entreprise pour les étudiants. Du côté de la recherche, cet arrimage avec l'industrie a toujours été présent, et il va en s'amplifiant. En génie, Poly arrive au deuxième rang, après UBC, des écoles de génie canadiennes qui ont le plus de collaboration avec l'industrie. Elle possède aussi le plus grand nombre de chaires industrielles, avec des partenaires allant de la multinationale à la PME en passant par la grande industrie. Notre volonté n'est pas simplement de créer des entreprises essaimées, mais surtout que nos découvertes soient utilisées. Nous avons 185 technologies en cours de valorisation, soit à l'étape de la précommercialisation ou à celle de la commercialisation. Vu cette volonté de tisser des liens plus étroits avec l'industrie, diriez-vous que Poly favorise surtout la recherche appliquée ? Les industries visionnaires sont aussi intéressées par la recherche fondamentale. Pour nous, les deux vont de pair, c'est un continuum, il n'y a pas de scission. Nous tenons à être présents tout au long de la chaîne. Par ailleurs, nous souhaitons passer d'un partenariat de type projet de recherche à un partenariat plus inclusif. Par exemple, grâce à des bourses, favoriser des liens privilégiés entre étudiants et entreprises qui ont des projets communs. C'est ce que font les grandes universités américaines. Mais ces partenariats, très importants pour l'avenir, se bâtissent avec des ressources. On ne peut pas juste dire : « On est beau, on est bon, venez avec nous. » Il faut entretenir la relation, attirer, être présent. Mon collègue Gilles Savard, à la direction de la recherche et de l'innovation, a déposé cet automne le nouveau plan stratégique de la recherche et de l'innovation qui sera implanté durant mon 2 e mandat. Ce plan inclut un volet de partenariat avec les entreprises. Pour mener ces projets à bien, il nous faudra recruter. Ces dernières années, il a fallu nous serrer la ceinture, d'où une augmentation du déficit en ressources professorales et en ressources humaines. Notre ratio est d'un professeur pour 23 étudiants en ce moment, et je vise 20-21 d'ici la fin de mon mandat. C'est réaliste, tenant compte du défi de recruter les meilleurs professeurs dans un bassin somme toute limité, et avec l'exigence de la langue. L'argent est maintenant plus disponible grâce à notre succès. Une bonne trentaine de postes sont ouverts, et ce n'est que le début : avec les départs en retraite, les embauches de professeurs continueront dans les prochaines années au même rythme. Celles du personnel de soutien sont aussi une priorité, pour pouvoir assister nos professeurs et soutenir notre croissance. Nous n'avons ja- mais eu autant d'étudiants, ni fait autant de recherche, ni autant publié ! /

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    GRAND DOSSIER Les matériaux font leur révolution Intrinsèquement liés à l'évolution des civilisations, les matériaux n'ont pas fini de transformer nos vies. Par Catherine Florès « mEs traVaux VisEnt à comPrEndrE commEnt lEs ProPriétés uniquEs du chitosanE intEraGissEnt aVEc lEs cEllulEs Et lEs tissus ViVants » ---Caroline Hoemann devenus multifonctionnels, hybrides, nanoscopiques, voire « intelligents », les ma- tériaux d'aujourd'hui présentent des propriétés spectaculaires sur lesquelles se penchent de nombreux chercheurs de Polytechnique, qui y voient la source d'une pléthore d'applications nouvelles. un survol de quelques-unes des voies explorées par certains de ces chercheurs nous convainc que demain arrive peut-être plus tôt que prévu ! Matériaux à mémoire de forme au service de la santé Les matériaux à mémoire de forme sont porteurs d'avancées médicales re- marquables. Notamment, le nitinol, cet alliage interatomique à mémoire de forme composé de nickel et de titane. Le P r L'Hocine Yahia, directeur du Laboratoire d'innovation et d'analyse de bioperformances (LIAB) est un des premiers au Canada à s'être intéressé à ses applications biomédicales, dès la fin des années 80. « Ce matériau présente des propriétés exceptionnelles, précise le chercheur, dont la faculté de se contracter fortement une fois refroidi et de retrouver sa forme initiale à certaines températures. Il a aussi une superélasticité, qui peut être 30 fois supérieure à celle d'un métal ordinaire, ainsi qu'une grande résistance aux stress. » Le P r Yahia collabore avec diverses équipes internationales pour mettre au point des procédés très avancés dans le domaine chirurgical. Ainsi les endoprothèses, ou stents, sont des mécanismes tubulaires placés dans des vaisseaux sanguins déformés par des anévrismes. Celles en nitinol sont plus résistantes et mieux tolérées que celles en métal, qui risquent la déformation ou la rupture. On peut les comprimer par refroidissement jusqu'à trois millimètres de diamètre, elles sont donc faciles à poser par cathéter. À la température du corps, elles reprennent leur forme initiale. Il en est de même pour les filtres sanguins, qui piègent les caillots sanguins dans les artères avant que ceux-ci n'atteignent le cœur. Pour des interventions sur les os, utiliser des agrafes en nitinol plutôt que des des plaques ou tiges en métal conventionnel permet de réduire le traumatisme chirurgical, assurant ainsi une

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