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MagPolyAutomne2015
Magazine Poly | 2015-11-24 14:53:27
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Automne 2015 VOLUME 12 NUMÉRO 3 Point de vue / Laure Waridel : une conception scientifique et humaniste du développement durable Portrait de diplômée / Pascale Ouimet, ambassadrice de La Semaine de la rose blanche au sein de son entreprise GRAND DOSSIER / Quand le génie et le design s’associent Les P rs Nadia Lahrichi et Andrea Lodi, deux spécialistes du big data Poste publications no de convention 41074519.

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    LE CELI FÉRIQUE. ZÉRO IMPÔT.* ET TOUS LES CONSEILS QU’IL VOUS FAUT. Communiquez avec notre Service-conseil pour mettre en place une stratégie optimale pour vous. 514 788-6485 I 1 800 291-0337 FÉRIQUE: il y a du génie là-dedans ! ferique.com * Certaines conditions s’appliquent. Les règles relatives au CELI doivent être respectées. Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec l’équipe du Service-conseil de Services d’investissement FÉRIQUE. FÉRIQUE est une marque déposée de Gestion FÉRIQUE et est utilisée sous licence par sa filiale, Services d’investissement FÉRIQUE. Gestion FÉRIQUE est un gestionnaire de fonds d’investissement et assume la gestion des Fonds FÉRIQUE. Services d’investissement FÉRIQUE est un courtier en épargne collective et cabinet de planification financière et est le placeur principal des Fonds FÉRIQUE. Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de courtage, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Le taux de rendement sert uniquement à illustrer les effets du taux de croissance composé et ne vise pas à refléter les valeurs futures d’un Fonds ou le rendement d’un placement dans un Fonds. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Vol 12, n° 3 - Automne 2015 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Valérie Bélisle, Chantal Cantin,
 Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Stéphanie Oscarson Révision Stéphane Batigne, Chantal Lemieux, Johanne Raymond Photos Isabelle Clément (couverture), Denis Bernier, Racky Diack, DSB photographie, Ferland Photographie, Yannick Mitchell, Poly-Photo, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 8 10 13 16 18 20 22 24 TRACEZ BULLETIN AUTOMNE 2015 VOLUME 12 NUMÉRO 3 POINT DE VUE Une conception scientifique et humaniste du développement durable Sommaire PORTRAIT DE DIPLOMÉE Ambassadrice de la Semaine de la rose blanche au sein de son entreprise GRAND DOSSIER Quand le génie et le design s’associent RECHERCHE 13 Quand l’ingénierie informatique rencontre l’analyse politique 14 Entrepreneuriat : Polytechnique passe à la vitesse supérieure Engagement social 16 25 000 $ récoltés lors de la Semaine de la rose blanche 17 Un partenariat gagnant pour la persévérance scolaire ENSEIGNEMENT Réflexions sur la classe inversée STAGES Profiter de son stage pour se lancer en affaires GROS PLAN Le conseil d’administration : une richesse de talents au service de Polytechnique CARREFOUR PERFECTIONNEMENT POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Sept questions pour bien choisir sa formation professionnelle VOTRE AVENIR 26 / Ça bouge à Poly 28 / Association des Diplômés de Polytechnique 32 / Fondation de Polytechnique CERT I F IC AT I ON C a m p u s r d u e l a b

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    UN PROGRAMME FINANCIER POUR VOTRE VIE APRÈS LE TRAVAIL La Banque Nationale a un programme financier 1 adapté aux ingénieurs et aux diplômés en génie qui donne accès à des privilèges sur un ensemble de produits et de services, tels que : › Le compte bancaire 2 en $ CA ou en $ US; › La carte de crédit Platine MasterCard MD Banque Nationale 3 ; › Les solutions de financement comme la marge de crédit 3 et le Tout-En-Un MD1, 3 ; › Les solutions de placement et de courtage offertes par nos filiales; › Les solutions pour votre entreprise. Fière partenaire de bnc.ca/ingenieur Adhésion en succursale 1 Le programme financier de la Banque Nationale constitue un avantage offert aux ingénieurs et aux diplômés en génie au Canada qui détiennent une carte Platine MasterCard de la Banque Nationale et qui sont citoyens du Canada ou résidents permanents canadiens. Une preuve de votre statut professionnel vous sera demandée. 2 Compte bancaire avec privilège de chèques. 3 Financement octroyé sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. MD MasterCard est une marque déposée de MasterCard International Inc. Usager autorisé : Banque Nationale du Canada. MD1 Tout-En-Un Banque Nationale est une marque déposée de la Banque Nationale. © 2014 Banque Nationale du Canada. Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.

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    Éditorial L’entrepreneuriat, levier économique du Québec une idée ? une innovation qui répondra à un besoin identifié dans un segment de marché ? de la création de richesse ? un plan d’affaires ? du leadership ? du travail acharné ? ces éléments sont à la base de l’entrepreneuriat. consciente des talents de certains de nos étudiants et membres du personnel, polytechnique passe à la vitesse supérieure dans ce domaine. Reconnue pour son apport et ses impacts dans la société, Polytechnique fait déjà la promotion de plusieurs initiatives favorisant l’entrepreneuriat. M. Gilles Savard, directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales, travaille, en collaboration avec plusieurs acteurs, à élaborer une stratégie encore plus affinée destinée à la communauté de Polytechnique. À découvrir en page 14. Les processus de conception industrielle ne relèvent plus d’un domaine exclusivement réservé aux ingénieurs. Dans certains projets de formation à Polytechnique, le génie et le design s’associent. On retrouve donc au cœur des projets, des futurs ingénieurs, des designers et des spécialistes des affaires. Une équipe multidisciplinaire et complémentaire au service des mandats des clients, une valeur ajoutée indéniable. Un dossier à lire page 10. Je suis fière de vous informer que deux pages dédiées à l’engagement social de Polytechnique s’ajoutent à notre magazine numérique. À chacun de nos numéros, vous aurez l’occasion de prendre connaissance de projets dans lesquels Polytechnique investit temps, talents et argent. Faites la connaissance de l’organisme Fusion-Jeunesse, un organisme à but non lucratif qui promeut la persévérance scolaire. Un de ses bénévoles engagés et inspirants fait partie de vos collègues diplômés, Carlos Ruella, Po 2013. Voir page 16. En terminant, je vous invite à poser le même geste que votre consœur Pascale Ouimet, Po 93 en génie industriel, en incitant votre entreprise et vos collègues de travail à offrir des roses blanches virtuelles lors de la Semaine de la rose blanche, qui se tiendra du 30 novembre au 6 décembre prochain. Lancée en décembre 2015 pour souligner le 25 e anniversaire de la commémoration des événements tragiques du 6 décembre 1989, cette semaine symbolique et porteuse d’avenir permet de recueillir des fonds afin d’offrir à des jeunes filles issues de milieux défavorisés des camps scientifiques et des activités de sensibilisation aux sciences et au génie organisés par Folie Technique. À lire en pages 8 et 16. www.roseblanche.org et www.folietechnique.ca À tous nos lecteurs et partenaires, merci de votre appui ! Chantal Cantin Rédactrice en chef AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3 / POLY 5

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    POINT DE VUE UNE CONCEPTION SCIENTIFIQUE ET HUMANISTE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE Par Catherine Florès on ne présente plus laure waridel, sociologue, environnementaliste engagée, co-fondatrice d’équiterre, et qui a voué son travail à l’émergence de l’économie écologique et sociale au québec. nommée cette année directrice exécutive du centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (cirodd), elle entend mettre en lumière auprès des organisations et du public les enjeux scientifiques et humains de la mise en pratique de solutions durables. Lorsque Laure Waridel a pris la direction du CIRODD, elle se demandait comment la collaboration entre une écosociologue et ses nouveaux collègues issus des sciences « dures » allait se passer. Une appréhension vite balayée : « J’imaginais les ingénieurs plus conservateurs dans leur réflexion sociale sur les systèmes et les paradigmes en jeu dans le développement durable. Or, je sens de leur part une grande ouverture d’esprit et une réelle volonté de faire changer les choses. J’apprécie la volonté de comprendre et la rigueur intellectuelle avec lesquelles ils abordent les enjeux économiques, sociaux et d’aménagement du développement durable. Je pense que l’expertise des chercheurs du CIRODD et la mienne forment une belle complémentarité. » Du décloisonnement des réflexions… M me Waridel est convaincue que la pluridisciplinarité est la source de solutions. « Depuis un demi-siècle, on est allé vers l’hyperspécialisation dans les disciplines, avec pour résultat des connaissances certes très pointues, mais une difficulté à communiquer entre spécialistes. Il est temps de décloisonner ! Être confronté à d’autres points de vue nous permet d’observer un problème avec une meilleure acuité, en sortant de nos propres silos. » Avec tout le savoir scientifique dont on dispose aujourd’hui sur les aspects du développement durable, pourquoi l’adoption de solutions tarde-t-elle autant dans l’ensemble de la société ? Selon M me Waridel, c’est dans le passage à la mise en œuvre de solutions que se rencontrent la plupart des écueils. « L’opérationnalisation sur toute la chaîne économique, c’est le gros enjeu du développement durable. Il y a tellement de dynamiques qui entrent en ligne de compte qu’il est difficile pour les décideurs de faire le choix d’un modèle de stratégie qui rallie les parties prenantes comme il se devrait. » Et de souligner qu’en aidant les décideurs à aborder cette complexité avec des outils basés sur des données scientifiques, le CIRODD leur permet de considérer des solutions crédibles, réellement applicables sur le terrain et qui apporteront une vraie différence. … à la co-construction de solutions Elle estime que la réussite de l’opérationnalisation nécessite la prise en compte initiale des préoccupations des parties prenantes : collectivités, entreprises et citoyens, dans la recherche de solutions. Les parties prenantes doivent être considérées non comme des entités aux intérêts antagonistes ou des « objets d’études », mais comme des partenaires à part entière. « Il faut opérer un maillage entre ces parties, les amener à une réflexion sur des solutions en faisant converger leurs intérêts », explique la chercheuse. Cette démarche qui vaut à l’échelle locale vaut aussi à l’échelle internationale, où les facteurs géopolitiques apportent une couche supplémentaire de complexité. « Mais complexité ne veut pas dire infaisabilité ! » 6 POLY / AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3

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    Laure Waridel, directrice exécutive du CIRODD La co-construction demande d’adopter une vision systémique des problèmes. « Un bon exemple est le domaine des transports, où les besoins en durabilité sont aujourd’hui criants », indique M me Waridel. « Promouvoir la voiture électrique semble a priori un choix écologique. Mais serait-ce vraiment la solution optimale ? Rappelons-nous qu’une voiture est immobilisée en moyenne 92 % du temps et occupe donc inutilement de l’espace urbain. Si on pense mobilité avant de penser électrification, on se rend compte que les investissements seraient mieux placés dans le transport en commun plutôt que dans l’installation de bornes électriques dans les villes. » Enjeux médiatiques et politiques M me Waridel, qui complète son doctorat en anthropologie et sociologie du développement, est particulièrement sensible aux dimensions humaines de l’opérationnalisation du développement durable. « L’humain a naturellement une résistance au changement. Or, le développement durable implique de changer notre façon de voir les choses, comme nos comportements », rappellet-elle. Compte tenu de l’importance de l’adhésion et de l’implication des citoyens, les médias ont un rôle important à jouer dans la diffusion de l’information sur les enjeux et les solutions. Se pose alors le problème de faire entendre la voix des chercheurs dans l’espace médiatique. « D’une part, les chercheurs, soumis à la loi publish or perish du système académique, n’ont souvent guère de temps, ni d’intérêt, à consacrer à la vulgarisation des concepts scientifiques à la base du développement durable. D’autre part, plusieurs sont frileux de s’adresser aux médias, qui ont tendance à ultra-simplifier leurs propos et à faire des raccourcis exagérés. Il y a des efforts à faire des deux côtés », estime Laure Waridel. Que l’on s’adresse aux citoyens ou aux organisations, la chercheuse pense qu’il est utile de miser sur « l’effet carotte », c’est-à-dire sur les aspects positifs des changements. « Si on met en lumière les économies réalisées par les entreprises qui adoptent des solutions durables, ou leur meilleur positionnement face à leurs concurrents, on convainc plus facilement les autres entreprises à faire de même. » Elle précise qu’on ne peut faire l’impasse sur la réglementation, soit « l’effet bâton », pour opérer des changements à grande échelle. Aujourd’hui, l’inertie n’est plus une posture acceptable. Changements climatiques, perte de biodiversité, contaminations chimiques, augmentation des inégalités, etc. : tous les indices sont dans le rouge. L’impact géopolitique de la situation à l’échelle mondiale se ressent de plus en plus durement. En 2010, les changements climatiques ont causé le déplacement de plus de 20 millions de personnes dans le monde, selon l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés. « Devant l’ampleur des problèmes, les "chicanes de voisinage" entre les États n’ont plus leur place. Mais si la population ne demande pas de vrais changements aux politiciens et ne leur rappelle pas leurs responsabilités, ceux-ci ne changeront pas leurs priorités. La prise de conscience doit être comme la démarche d’implantation de solutions : globale, tout en s’incarnant dans des actions concrètes à l’échelle locale. Nous sommes à la croisée des chemins », conclut Laure Waridel, qui se réjouit que le Canada déclare vouloir s’engager davantage pour l’environnement. / AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3 / POLY 7

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    PORTRAIT DE DIPLÔMÉE AMBASSADRICE DE LA SEMAINE DE LA ROSE BLANCHE AU SEIN DE SON ENTREPRISE Par Catherine Florès pascale ouimet, po 93, génie industriel, directrice, ingénierie des solutions pour l’est du canada, chez sap, soutient activement la semaine de la rose blanche en faisant connaître l’initiative au sein de son entreprise et en encourageant ses collègues à contribuer par l’achat de roses virtuelles. un engagement qui prend sa source dans son aspiration à une société plus égalitaire. Une date doublement marquante Pour Pascale Ouimet, chaque 6 décembre ramène une vague d’émotions mixtes. « C’est la date d’un double anniversaire : celui des tristes événements de Polytechnique, survenus lorsque j’étais en première année d’études en génie, et celui, heureux, de la naissance de ma fille Anne-Frédérique, en 2004. » Chaque 6 décembre, les souvenirs la submergent. « En 1989, le choc se doublait pour moi d’une incompréhension totale face aux événements. Surtout, je ne voyais pas le problème de société que certains groupes dénonçaient au lendemain du drame. Je croyais que l’égalité hommesfemmes était chose entièrement acquise et je n’avais jamais pensé que ma place en génie pourrait être contestée. Notamment, à l’époque, j’ignorais encore qu’à responsabilités égales, les femmes étaient majoritairement moins rémunérées que leurs collègues masculins sur le marché du travail. » La Semaine de la rose blanche : un déclic M me Ouimet ressentait depuis longtemps l’envie de s’impliquer pour faire avancer la cause des femmes en génie, mais entre un métier prenant et une jeune famille, elle n’avait guère le temps de réfléchir aux moyens de le faire. « L’an dernier, le lancement par Polytechnique de la Semaine de la rose blanche à l’occasion de la 25 e commémoration du 6 décembre a été un déclic. J’ai tout de suite adhéré à cette initiative tournée vers les jeunes écolières issues de milieux défavorisés, car je pense qu’en leur donnant accès à des camps scientifiques, on leur donne la chance de se découvrir un intérêt pour les sciences, qui ne se serait peut-être pas révélé dans leur environnement habituel. » Elle décide alors de son propre chef de donner un coup de pouce à l’initiative en mettant à profit son réseau professionnel. « J’ai diffusé l’information sur la Semaine de la rose blanche auprès de mes équipes de collaborateurs et je les ai invités à acheter des roses virtuelles. Par l’entremise du Business Women Network de SAP, qui encourage les femmes à exercer leur leadership dans leur carrière, je compte cette année rejoindre encore plus d’employés de SAP. J’encourage les diplômés de Polytechnique à faire eux aussi la promotion de la Semaine de la rose blanche au sein de leur entreprise. Avec de tels ambassadeurs, il y aurait un effet boule de neige, et ainsi, plus de petites filles pourraient accéder à des camps scientifiques chaque année. » Changer les choses à la base M me Ouimet estime que plus les jeunes filles seront initiées de bonne heure aux activités scientifiques, plus leurs perceptions de la science changeront. Elle constate que beaucoup de filles, quel que soit leur milieu, ont l’impression que les sciences, le génie ou les postes de gestionnaires ne sont pas faits pour elles. « Le milieu scolaire ne pousse pas assez souvent les filles à diriger leurs activités extra-scolaires vers ces domaines. Or, je pense que c’est à la base avant tout qu’il faut essayer de changer les choses. » Elle-même discute beaucoup des différents aspects de son métier, et en particulier du rôle de gestionnaire, avec ses deux enfants. « Mon intention n’est pas que mes enfants empruntent la même voie que moi, mais j’aimerais qu’autant ma fille que mon fils s’intéressent à des domaines où ils pourront développer leur leadership. À ce 8 POLY / AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3

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    Pascale Ouimet avec sa fille Anne-Frédérique propos, j’espère vraiment que lorsque mes enfants seront sur le marché du travail, les programmes d’équité et de parité dans des postes de gestion ou au gouvernement auront disparu car les femmes considèreront comme tout à fait normal de se diriger vers ce type de postes. Il faut inciter les jeunes filles à être ambitieuses et à viser des carrières où elles pourront exercer de grandes responsabilités. Je pense que c’est aussi de cette façon qu’on bâtit une société plus égalitaire. La Semaine de la rose blanche, c’est un autre pas dans cette direction ! » / Semaine de la rose blanche, édition 2015 Du 30 novembre au 6 décembre

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    GRAND DOSSIER QUAND LE GÉNIE ET LE DESIGN S’ASSOCIENT Par Catherine Florès Les processus actuels de conception industrielle ne sont plus un domaine réservé aux ingénieurs. Le design s’y intègre depuis longtemps et de plus en plus chez les entreprises soucieuses de se démarquer de leur concurrence. Voici deux exemples de projets de formation et de recherche qui abordent cette relation fructueuse entre le génie et le design. Un projet de conception pour résoudre le défi de la communication interdisciplinaire Formez des équipes d’une quinzaine d’étudiants, futurs ingénieurs, designers industriels et spécialistes des affaires, proposez-leur une problématique soumise par une entreprise et laissez mijoter huit mois… Telle est la recette du projet multidisciplinaire de conception offert à des étudiants de Polytechnique, de HEC Montréal et de l’École de design industriel de l’Université de Montréal. Ce projet passionnant, qui ne manque pas de donner des défis de taille aux étudiants, aboutit à des solutions impressionnantes par leur qualité et leur innovation. Daniel Spooner, lui-même ingénieur et designer industriel, codirige ce projet à Polytechnique avec le P r Aurelian Vadean. Selon M. Spooner, ce modèle de projet impliquant les trois disciplines dès le départ, génie, design et affaires, n’est pas seulement hautement formateur pour les étudiants, il l’est aussi pour le client industriel. « Un projet de ce type est une forme d’étude de faisabilité très aboutie. Daniel Spooner, responsable des projets de conception multidisciplinaire De plus, il arrive souvent que les réflexions des étudiants mettent en lumière des aspects importants de la problématique qui avaient été négligés par le client. » Mais comment fait-on collaborer des étudiants qui ont une vision de la conception et surtout un langage si différents ? « C’est sans 10 POLY / AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3

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