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MagPolyhiver2016
Magazine Poly | 2016-03-01 15:05:36
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL HIVER 2016 VOLUME 13 NUMÉRO 1 ENTREPRENEURIAT / FIBRENOIRE VOIT LA VIE EN ROSE GRAND DOSSIER / SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES POUR UNE VILLE CONNECTÉE PORTRAIT / LES RÊVES TECHNOLOGIQUES DE MICHEL BESNER, PRÉSIDENT DE TOON BOOM ANIMATION LES P RS NADIA LAHRICHI ET ANDREA LODI, DEUX SPÉCIALISTES DU BIG DATA Poste publications no de convention 41074519.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Vol 13, n° 1 - Hiver 2016 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin,
Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Patrice- Guy Martin, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Patrice-Guy Martin, Virginie Ferland, Céline Poissant, Lise-Marie Gervais, Stéphanie Oscarson Révision Stéphane Batigne, Chantal Lemieux, Johanne Raymond Photos Normand Rajotte (couverture), Jorge Martinez, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 8 14 13 16 18 20 21 22 24 TRACEZ HIVER 2016 VOLUME 13 NUMÉRO 1 ENTREPRENEURIAT Fibrenoire voit la vie en rose GRAND DOSSIER Solutions technologiques pour une ville connectée PORTRAIT Les rêves technologiques de Michel Besner VUE D’AILLEURS Ingénieur chez Tesla Motors SOMMAIRE ENGAGEMENT SOCIAL 16 La Tournée géniale, un projet qui a le vent dans les voiles ! 17 Tara Gholami honorée par l’Ordre de la rose blanche RECHERCHE 18 Nos partenaires internationaux : l’innovation sans frontières 19 Technologies optiques contre le cancer du cerveau ENSEIGNEMENT Un laboratoire nomade de créativité LA RELÈVE EN VEDETTE Ils s’initient à l’art du « pitch » grâce au profil technopreneur STAGES ET EMPLOIS Des soutiens financiers pour aider une entreprise à combler ses besoins de main-d’œuvre en génie CARREFOUR PERFECTIONNEMENT POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Quand l’introduction sert de conclusion ! VOTRE AVENIR C CERT I F IC AT I ON a m p u s r d u e l a b BULLETIN 26 / Ça bouge à Poly 28 / Association des Diplômés de Polytechnique 30 / Fondation de Polytechnique

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    UN PROGRAMME FINANCIER POUR VOTRE VIE APRÈS LE TRAVAIL La Banque Nationale a un programme financier 1 adapté aux ingénieurs et aux diplômés en génie qui donne accès à des privilèges sur un ensemble de produits et de services, tels que : › Le compte bancaire 2 en $ CA ou en $ US; › La carte de crédit Platine MasterCard MD Banque Nationale 3 ; › Les solutions de financement comme la marge de crédit 3 et le Tout-En-Un MD1, 3 ; › Les solutions de placement et de courtage offertes par nos filiales; › Les solutions pour votre entreprise. Fière partenaire de bnc.ca/ingenieur Adhésion en succursale 1 Le programme financier de la Banque Nationale constitue un avantage offert aux ingénieurs et aux diplômés en génie au Canada qui détiennent une carte Platine MasterCard de la Banque Nationale et qui sont citoyens du Canada ou résidents permanents canadiens. Une preuve de votre statut professionnel vous sera demandée. 2 Compte bancaire avec privilège de chèques. 3 Financement octroyé sous réserve de l’approbation de crédit de la Banque Nationale. Certaines conditions s’appliquent. MD MasterCard est une marque déposée de MasterCard International Inc. Usager autorisé : Banque Nationale du Canada. MD1 Tout-En-Un Banque Nationale est une marque déposée de la Banque Nationale. © 2014 Banque Nationale du Canada. Tous droits réservés. Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.

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    ÉDITORIAL Des partenariats internationaux prometteurs à polytechnique, notre parcours est jalonné d’innovations et de partenariats avec des entreprises de calibre mondial. Saviez-vous que plus de 30 % des activités de recherche de Polytechnique se réalisent dans le cadre de partenariats internationaux avec des entreprises comme Safran, SNCF, Air Liquide, Schneider, Energy Pool, Total, Thalès, etc. ? Quel est l’intérêt de ces grandes entreprises qui confient certains de leurs défis à Polytechnique ? La course à la compétitivité, bien sûr, qui passe inévitablement par la recherche et le développement. Et cette course bénéficie à la formation de nos étudiants, qui sont les futurs artisans du Québec et d’ailleurs. Pour en savoir plus, lisez le mot de Gilles Savard, directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales, en page 18. Montréal, ville intelligente, vous y croyez. Derrière cet objectif se cachent plusieurs enjeux scientifiques. La ville de demain, peu importe laquelle, est confrontée à des questions fondamentales : la production et la gestion des données produites par les infrastructures, les réseaux et les usagers. Plusieurs chercheurs de Polytechnique consacrent leurs travaux au développement de solutions technologiques pour les infrastructures nécessaires à la numérisation de l’univers urbain. Découvrez les différents angles de recherche de nos chercheurs à la page 8. Qu’ont en commun les fondateurs de Fibrenoire, Jean-François Lévesque, Po 2006, Benjamin Desmarais, diplômé de HEC, Rémi Fournier, Po 2005, et le président de Toon Boom Animation, Michel Besner, Po 92 ? La réponse : ils ont rencontré, initialement, leurs partenaires d’affaires sur les bancs de Polytechnique. Découvrez les parcours entrepreneuriaux de ces personnes audacieuses et inspirantes en pages 6 et 14. Du côté de l’enseignement, la créativité est à l’honneur dans le cadre d’un atelier nomade destiné aux étudiants du doctorat. L’ingénieur est le meilleur ami de l’artiste, voici une façon inusitée de réfléchir et d’analyser, découvrez pourquoi en page 20. Connaissez-vous le programme Technopreneur offert par le Centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM ? Apprendre à convaincre investisseurs et clients, une clé essentielle au succès du développement commercial de toute innovation. Lire l’article, page 21. En terminant, mes remerciements les plus sincères à notre équipe de collaborateurs ainsi qu’à nos lecteurs et partenaires pour leur fidélité. Chantal Cantin Rédactrice en chef HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1 / POLY 5

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    ENTREPRENEURIAT FIBRENOIRE VOIT LA VIE EN ROSE PAR CATHERINE FLORÈS commencer tout petits dans un monde de géants, c’est le pari pris en 2007 par trois amis, jeanfrançois lévesque, po 2006, benjamin desmarais, diplômé de hec, et rémi fournier, po 2005, qui s’étaient rencontrés sur les bancs de polytechnique. ils ont créé ensemble leur société de services de connectivité par fibre optique, fibrenoire. depuis, cette « petite firme qui monte » n’a pas cessé d’enregistrer de remarquables résultats. elle est entrée en ce début d’année dans l’escarcelle de vidéotron en tant que filiale autonome pour un montant de 125 m$. jean-françois lévesque, cofondateur de fibrenoire et vice-président des technologies, analyse les raisons du succès de son entreprise. « J’ai rejoint Benjamin et Rémi pour créer notre entreprise à peine un an après l’obtention de mon baccalauréat en génie informatique. J’ai tout de suite adhéré à l’idée d’offrir des services de connectivité optique spécifiquement ciblés pour les entreprises. Ce créneau, alors quelque peu oublié par les firmes concurrentes, nous paraissait porteur. J’étais jeune, sans enfant ni hypothèque, et j’avais le soutien de ma conjointe. Les conditions étaient favorables pour que je me lance dans l’aventure, se souvient Jean-François. J’ai toujours pensé que dans la vie, les “j’aimerais bien” sont inutiles. Il faut oser faire des choses quand l’occasion se présente. » À l’enthousiasme de la jeunesse, les trois associés ajoutaient leur capacité à travailler intensivement, leurs compétences complémentaires et une vision claire du type de services qu’ils voulaient offrir. « Matériellement, nous n’avions rien. Ni locaux, ni réseau de fibre, ni clientèle. Nous tenions nos réunions de travail dans la cuisine, chez Rémi ou chez moi. Quand nous sommes allés rencontrer notre premier client, l’encre de nos cartes d’affaires était à peine sèche. » C’est en totale transparence qu’ils ont approché ce premier client. Convaincu de leur compréhension de ses besoins spécifiques et de leur capacité à y répondre, celui-ci leur a donné leur chance. « Après ce premier contrat obtenu dès la fin de l’été 2007, nous n’avons pas connu de temps mort. Jusqu’en 2011, nous louions la fibre optique, puis nous nous sommes mis à construire notre propre réseau de fibre. Celui-ci compte plus de 4 500 km de fibre optique aujourd’hui et nous desservons plus de 1 300 clients à Montréal, Québec, Ottawa et Toronto. » Le spectaculaire développement de Fibrenoire lui a valu le titre d’entreprise ayant connu la plus forte croissance au Québec en 2014, selon le palmarès PRO- FIT 500. Cette même année, son PDG, Benjamin Desmarais, a remporté le prix PDG de l’année décerné par Investissement Québec. Le succès n’est pas pour autant monté à la tête des trois fondateurs. « Nous avons toujours contrôlé notre croissance et nous avons investi de façon prudente et stratégique », souligne Jean-François. Pour lui, il ne fait pas de doute que le choix d’avoir concentré ses activités sur sa mission a servi Fibrenoire. « Nous ciblons uniquement les entreprises. Notre approche de génie-conseil apporte de l’intelligence aux services de connectivité. » 6 POLY / HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1

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    Les trois jeunes patrons ont-ils ressenti un pincement au cœur quand leur entreprise est entrée dans la galaxie Vidéotron ? « C’est un chapitre de notre aventure qui se ferme et c’est un petit deuil à vivre, répond Jean-François. Mais Fibrenoire conserve son autonomie, son nom et sa personnalité. Et la suite de l’aventure s’annonce très excitante ! Avec Vidéotron, nous gagnons en force, avec un accès à un réseau de plus de 30 000 km de fibre et, bien sûr, à plus de ressources financières pour nos projets. » Il estime que cet apport de ressources permettra à Fibrenoire de renforcer son agilité et son avant-gardisme technologique face à la concurrence qui s’intensifie. Tout comme Benjamin et Rémi, Jean- François est fier du parcours réalisé en moins de 10 ans. « Avoir aujourd’hui une soixantaine d’employés très motivés par les projets de Fibrenoire, c’est vraiment gratifiant. Bien entendu, gérer la croissance est un défi. Nous ne voulons pas travailler en silo, nous devons donc conserver une proximité avec toutes nos équipes de projet. » La complémentarité des trois fondateurs de Fibrenoire leur permet de se partager le fardeau de la gestion. « Nous nous concentrons chacun dans notre propre domaine d’expertise, ce qui nous permet d’être plus efficaces. Naturellement, il peut arriver des conflits. Trois fortes personnalités, cela peut provoquer des flammèches ! Mais nous savons les gérer. Nous nous connaissons et nous nous comprenons suffisamment pour toujours parvenir à un consensus. Le respect est pour nous un mot-clé. » / fibrenoire.ca « Fibrenoire conserve son autonomie, son nom et sa personnalité. Et la suite de l’aventure s’annonce très excitante ! Avec Vidéotron, nous gagnons en force... » HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1 / POLY 7

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    GRAND DOSSIER SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES POUR UNE VILLE CONNECTÉE PAR PATRICE-GUY MARTIN ET CATHERINE FLORÈS intelligente, connectée, efficiente, durable : derrière les promesses de la ville de demain se tiennent des enjeux scientifiques reliés à la production et la gestion des données produites par les infrastructures, les réseaux et les usagers. plusieurs chercheurs de polytechnique consacrent leurs travaux au développement de solutions technologiques pour les infrastructures « communicantes » nécessaires à la numérisation de l’univers urbain. nous vous proposons un éventail de certains de ces travaux. LE DÉFI DE L’EXPLOITATION DES DONNÉES Martin Trépanier est professeur titulaire au Département de mathématiques et de génie industriel. Si la ville intelligente l’intéresse, il la regarde sous l’angle des systèmes d’information en logistique et planification des transports. Il travaille avec des données de mobilité urbaine, les données des cartes à puce des sociétés de transport en commun, par exemple, ainsi qu’avec des données d’autopartage (soutenu par Communauto et le CRSNG), de télémétrie des autobus et des équipements de déneigement, le plus souvent en collaboration avec la Chaire Mobilité de la P re Catherine Morency. Pour lui, l’un des plus grands défis des villes intelligentes concerne les données. S’il y a beaucoup de technologies pour en collecter, le défi réside dans leur exploitation. Encore faut-il d’abord s’assurer de leur intégrité. L’approche utilisée pourrait être jugée classique, d’un point de vue du traitement des données. Le défi scientifique est lié à la très grande quantité de données. « Avant de les utiliser, explique le P r Trépanier, il faut d’abord s’assurer de bien décrire les données — savoir exactement ce qu’on a, de manière quantitative et qualitative. Souvent, on doit les compléter; avec les données de cartes à puce dans les réseaux de transport en commun, par exemple, on voudra trouver des moyens de séquencer les données pour identifier l’origine et la destination. » Ensuite, en collaboration avec le P r Bruno Agard, on appliquera les techniques de fouille des données (data mining), pour creuser dans de grands ensembles de données afin de retrouver des comportements ou des groupes (clusters) similaires. Finalement, on cherche à identifier des modèles pour prédire des données ou mieux les expliquer. C’est ensuite qu’on P R MARTIN TRÉPANIER, DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES ET DE GÉNIE INDUSTRIEL peut les visualiser, par exemple, pour les utiliser dans un contexte d’identification des problèmes, de planification ou d’optimisation des services. C’est à ce stade qu’on parvient à véritablement exploiter les données. « Ce qui est intéressant, note Martin Trépanier, c’est que jusqu’à présent, on recueillait surtout les données à d’autres fins. Par exemple, dans les transports en commun, les cartes à puce servaient à collecter de l’argent, pas à faire de la planification. Les données de télémétrie de déneigement servaient plutôt à surveiller le fonctionnement des équipements 8 POLY / HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1

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    en temps réel et à suivre la couverture du réseau visuellement. Ces procédés ne servaient pas à calculer des indicateurs de performance comme on peut le faire désormais. En fait, on trouve de nouvelles façons d’utiliser les données, un peu comme un effet secondaire ! » OPTIMISER LES OPÉRATIONS DE DÉNEIGEMENT En collaboration avec son collègue André Langevin, professeur associé au Département de mathématiques et de génie industriel, Martin Trépanier s’est particulièrement intéressé à la problématique du déneigement. « Ce que nous analysons, explique le P r Trépanier, ce sont les données de télémétrie liées aux véhicules, pour être en mesure de mieux connaître, modéliser et planifier les opérations de déneigement. » Pour y arriver, le chercheur travaille, entre autres, avec des données fournies par la Ville de Granby dont les 11 véhicules utilisés pour le déneigement sont équipés pour recueillir des données de positionnement. Cette ville a ceci de particulier que son territoire est à la fois urbain et rural, ce qui n’est pas courant en matière de planification, souligne le P r Trépanier. « Dans un premier temps, mentionnet-il, on observe ce qui se fait et on fait un appariement entre les données et le réseau routier comme tel. On utilise ensuite des méthodes d’optimisation des parcours afin d’être capables d’améliorer la performance du service. Cela peut s’appliquer autant à l’épandage qu’au tassement et au ramassage de la neige. » Dans ce cas précis, le résultat a été l’élaboration d’un modèle capable de déterminer la quantité de sel à épandre en fonction de nombreux facteurs : la température de l’air, celle de la route, les précipitations, la présence de neige ou non, les heures d’ensoleillement, etc. « Pour la Ville de Granby, on a surtout voulu déterminer des indicateurs de performance, poursuit le P r Trépanier, mais dans le cas des cartes à puce, on a aussi élaboré des techniques de visualisation des données, avec des interfaces web, afin de pouvoir consulter ces grands ensembles de données de manière compréhensible. Dans le cas du déneigement, on parle surtout d’une représentation géographique plus classique, avec des cartes, pour répondre aux besoins de l’opérateur. » À terme, les planificateurs visent à réaliser des économies et à mieux utiliser les équipements. Trouver la route optimale pourrait contribuer à atteindre cet objectif. « Mais on n’en est pas encore là, précise Martin Trépanier, parce qu’en matière de déneigement, les équipes sur le terrain travaillent par secteur, et ce sont les opérateurs des équipements qui planifient les parcours », en fonction de leur connaissance pratique des opérations. « C’est un défi à modéliser mathématiquement, parce qu’il y a de nombreuses règles opérationnelles : par exemple, il ne faut jamais laisser de bancs de neige, il faut toujours tourner à droite, etc. » MIEUX PLANIFIER LES TRANSPORTS PUBLICS Les cartes à puce des sociétés de transport public sont une importante source de données auxquelles Martin Trépanier peut trouver de nombreuses applications. L’analyse des déplacements de type « origine-destination » en fait partie. Sauf que cet ensemble de données doit être reconstitué. « Comme on lit la carte au point d’entrée de l’usager, à Montréal par exemple, on a l’endroit d’origine, mais pas l’endroit de destination; on a donc développé un algorithme pour déterminer la destination en fonction des chaînes de déplacement. » Ces travaux ont été cofinancés par la compa- HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1 / POLY 9

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    GRAND DOSSIER SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES POUR UNE VILLE CONNECTÉE gnie Thales, un fabricant de systèmes de paiement par cartes à puce, le CRSNG et PROMPT-Québec. Si l’algorithme permet d’associer des données liées à une carte spécifique, il utilise toutefois un identifiant de carte crypté qui ne permet pas d’identifier l’utilisateur de manière nominative par sa carte, pour des raisons évidentes de confidentialité. « Par ailleurs, le système des cartes à puce ne fournit pas nécessairement le lieu géographique d’embarquement de l’usager, explique le P r Trépanier. C’est le cas à Montréal, notamment, alors qu’on a un numéro de bus avec une date et une heure d’embarquement, et on doit associer ces données avec un système qui nous indique la position du bus. » Pour le moment, ce ne sont pas tous les autobus qui sont équipés pour capter le positionnement. Si c’est le cas de l’ensemble des autobus à Laval, seulement le tiers des autobus de Longueuil le sont et le sixième des autobus à Montréal, mais des projets en cours permettront de tous les équiper. Le P r Trépanier cite en exemple la mise en place du Rapibus à Gatineau, un corridor pour autobus qui emprunte un ancien tracé de voie ferrée. « La STO a pu réorganiser son réseau en fonction de cette implantation, grâce aux données recueillies, souligne-t-il. Et actuellement, puisqu’on a les données avant et après (la mise en place du Rapibus), on peut comparer les situations et faire des analyses intéressantes. » MODÉLISER LES EFFETS DOMINO Lorsqu’une canalisation d’eau majeure cède, quels sont les impacts sur la circulation automobile ? Voilà le genre de questions auxquelles tente de répondre le système Domino, mis au point par l’équipe du P r Benoit Robert au Centre risque & performance (CRP) de Polytechnique Montréal (polymtl.ca/crp) en collaboration avec des partenaires publics et privés. Domino est un système de gestion des interdépendances et d’analyse des effets domino constitué d’une base de données liée à un système d’information géographique. Le fonctionnement de l’outil repose sur une approche de gestion des risques basée sur les conséquences. L’outil vise à évaluer les propagations dans le temps des conséquences sur les réseaux d’une situation pouvant engendrer un effet domino sans, a priori, s’attarder aux causes ayant mené à cette situation. Domino permet notamment de modéliser et de visualiser l’impact qu’une panne dans un réseau pourrait provoquer chez un ou plusieurs autres ré- INFORMATIONS ANALYSÉES PAR LE SYSTÈME DOMINO DÉVELOPPÉ PAR L’ÉQUIPE DU P R BENOIT ROBERT Martin Trépanier travaille également avec la Société de transport de l’Outaouais (STO) depuis une dizaine d’années. La STO est considérée comme un innovateur dans ce domaine, consignant des données de positionnement, de cartes à puce, etc., dans son système depuis 2001. « Cela lui a permis d’implanter un algorithme de destination pour élaborer des modèles d’origine-destination avec leurs données », ce qui n’est pas courant, affirme le P r Trépanier. « Ils peuvent savoir où vont les usagers et revoir leurs tracés afin d’améliorer leur service. » 10 POLY / HIVER 2016 / Volume 13 / Numéro 1

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