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MagPolyMars2017
Magazine Poly | 2017-03-22 11:19:21
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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL MARS 2017 VOLUME 14 NUMÉRO 1 P R FRANÇOIS BERTRAND, NOUVEAU DIRECTEUR DE LA RECHERCHE, DE L’INNOVATION ET DES AFFAIRES INTERNATIONALES GRAND DOSSIER / UNE CARRIÈRE INTERNATIONALE : TÉMOIGNAGES D’INGÉNIEURS RECHERCHE / DEUX NOUVELLES CHAIRES À POLYTECHNIQUE LES P RS NADIA LAHRICHI ET ANDREA LODI, DEUX SPÉCIALISTES DU BIG DATA Poste publications no de convention 41074519.

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    POLY LE MAGAZINE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL MARS 2017 VOLUME 14 NUMÉRO 1 SOMMAIRE Vol 14, n° 1 - Mars 2017 Poly est publié trois fois par
an par le Service des communications et des relations publiques.
Il est distribué gratuitement aux diplômés, aux membres du personnel, aux étudiants et aux partenaires de Polytechnique. Édition Service des communications et des relations publiques Rédactrice en chef Chantal Cantin Comité éditorial Cléo Asher, Carl-Éric Aubin, Chantal Cantin,
Jean Choquette, Diane de Champlain, Catherine Florès, Lina Forest, Patrice- Guy Martin, Stéphanie Oscarson, Annie Touchette Recherche et coordination Catherine Florès Rédaction Catherine Florès, Virginie Ferland, Stéphanie Oscarson, Florence Scanvic Révision Stéphane Batigne, Chantal Lemieux, Johanne Raymond Photos Yves Beaulieu (couverture), Ferland photographie, Victor Diaz, Denis Bernier, Polytechnique Montréal Direction artistique et conception de la grille graphique Avion Rouge Ont collaboré à ce numéro L’Association des Diplômés de Polytechnique, la Fondation de Polytechnique et la Direction de la recherche et de l’innovation de Polytechnique Le genre masculin est utilisé sans discrimination dans le seul but d’alléger le texte. ISSN 1712-3852 Reproduction autorisée avec mention de la source. Abonnement gratuit : Magazine Poly Polytechnique Montréal Service des communications et des relations publiques C.P. 6079, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3A7 Tél. : 514 340-4915 communications@polymtl.ca ARTICLES 6 14 16 19 20 22 24 BULLETIN GRAND DOSSIER Carrière internationale : témoignages de diplômés RECHERCHE François Bertrand, nouveau directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales RECHERCHE 16 Protection des grands réseaux électriques 17 Technologies sans fil de l’avenir : au-delà de la 5G ENSEIGNEMENT Communauté de pratique sur l’apprentissage actif ENSEIGNEMENT 20 Liane Bernstein, lauréate de l’Ordre de la rose blanche 2016 21 Comité poly-Φ : poursuivre la promotion du génie féminin ENTREPRENEURIAT Du capital-risque pour les entreprises étudiantes en démarrage CARREFOUR PERFECTIONNEMENT POLYTECHNIQUE MONTRÉAL 24 La formation intensive se déploie en ligne 25 Formation en ligne sur la sécurité des courriels professionnels 26 / Ça bouge à Poly 28 / Association des Diplômés de Polytechnique 32 / Fondation de Polytechnique CERT I F IC AT I ON C a m p u s r d u e l a b

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    Forfait exclusif pour les diplômés de Polytechnique Toutes nos excuses aux mimes Fière partenaire Économisez jusqu’à 2 000 $* annuellement en adhérant au forfait adapté aux diplômés de Polytechnique. bnc.ca/ingenieur * Certaines conditions s’appliquent. Ce forfait est exclusif aux professions admissibles au forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Calculé sur une économie annuelle d’une valeur de 299 $ sur les transactions incluses dans le forfait Virtuose MD ; un rabais annuel de 810 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 6,0 % pour une marge de crédit personnelle moyenne de 13 500 $ (taux pouvant varier selon le dossier de crédit); un rabais annuel de 1 125 $ calculé sur une réduction pouvant atteindre jusqu’à 0,75 % pour une marge de crédit Tout-En-Un Banque Nationale MD volume moyen de 150 000 $ dans le forfait Ingénieurs et diplômés en génie. Vous devez être détenteur de la carte de crédit Platine, World ou World Elite MasterCard MD pour être éligible au forfait pour les ingénieurs et les diplômés en génie. Il se peut que l’économie potentielle ne représente pas l’économie nette que vous obtiendrez; elle varie selon votre situation financière. MD Virtuose et Tout-En-Un Banque Nationale sont des marques déposées de la Banque Nationale du Canada. MasterCard est une marque déposée de MasterCard International inc., utilisée sous licence. © 2017 Banque Nationale du Canada. Tous droits réservés. MC RÉALISONS VOS IDÉES est une marque de commerce de la Banque Nationale du Canada.

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    ÉDITORIAL Changer le monde... de multiples façons ! ils sont partout... en europe, en asie, aux états-unis, et ailleurs. nos étudiants et nos diplômés sont des acteurs de l’innovation et du changement et s’illustrent un peu partout dans le monde. en ce mois du génie, découvrez le profil de quelques-uns de nos diplômés ayant vécu une étape de leur formation ou de leur carrière à l’international. à lire en pages 6 à 12. 2017 marque le 375 e anniversaire de Montréal et l’effervescence est palpable dans notre ville. L’intelligence artificielle et les investissements de firmes comme Google, Microsoft et autres sont sur toutes les lèvres. De plus, Montréal arrive en tête du classement des villes préférées par les étudiants internationaux établi par l’Institut Quacquarelli Symonds, devant Paris, Londres, Séoul et Melbourne. Du côté de la recherche, ça fourmille. Depuis la diffusion de notre dernier numéro en décembre dernier, nous avons inauguré la Chaire industrielle de recherche sur les technologies sans fil de l’avenir du P r Ke Wu. En collaboration avec l’entreprise Huawei, le programme de cette chaire pousse plus loin la recherche sur les réseaux mobiles de la 5G. Nous avons également souligné les travaux du P r Jean Mahseredjian, qui visent à protéger les grands réseaux électriques des perturbations transitoires avec sa chaire industrielle, en collaboration avec plusieurs entreprises québécoises et françaises : Hydro-Québec, RTE, EDF et OPAL-RT. Pour plus de détails sur ces recherches, voir pages 16 et 17. À l’heure où j’écris ses lignes, le P r Sylvain Martel reçoit le prix Coup de cœur du public pour la découverte de l’année décerné par le magazine Québec Science, pour ses recherches sur les nanorobots contre le cancer. Il a même été consacré « Seigneur des nanos » par Guy A. Lepage lors de son récent passage à l’émission Tout le monde en parle ! Toutes nos félicitations au P r Martel et à son équipe. Toute la société souhaite que le financement soit au rendez-vous pour la poursuite de leurs travaux de recherche. Ne manquez pas notre prochain numéro, car on y trouvera le bilan de notre directeur général, M. Christophe Guy, sur sa décennie à la barre de notre institution. Parmi les grandes réalisations concrétisées durant son mandat, figurent les deux projets majeurs soutenus par le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada : l’Institut TransMedTech, qui sera inauguré d’ici notre prochaine parution, et IVADO (Institut de valorisation des données), qui regroupe des professeurs et des chercheurs de HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l’Université de Montréal dans les domaines de la science des données, de l’optimisation et de l’intelligence artificielle. J’en profite pour rappeler que Polytechnique détient la seule Chaire d’excellence en recherche du Canada du campus. Consacrée à la science des données pour la prise de décision en temps réel, elle est dirigée le P r Andrea Lodi, une sommité mondiale du big data recrutée à l’Université de Bologne. Pour terminer, je souhaite la plus cordiale bienvenue au P r François Bertrand à la tête de la direction de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales. Vous pourrez lire son portrait en page 14. Souhaitons-nous un printemps hâtif et de belles éclosions de rêves et de projets innovants pour continuer à changer le monde. Chantal Cantin Rédactrice en chef MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1 / POLY 5

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    GRAND DOSSIER CARRIÈRE INTERNATIONALE : TÉMOIGNAGES DE DIPLÔMÉS PAR CATHERINE FLORÈS si une formation scientifique et technique de haut niveau demeure un bagage essentiel, la capacité d’adaptation et l’ouverture aux autres sont deux qualités primordiales que doit démontrer l’ingénieur qui souhaite déployer ses talents à l’international. L’OUVERTURE INTERNATIONALE DE LA FORMATION À POLYTECHNIQUE Polytechnique met en œuvre une panoplie de moyens afin d’encourager la mobilité internationale de ses étudiants : programme d’échanges, ententes de double diplomation, stages internationaux, orientation thématique « Projets internationaux », entre autres, sans compter les missions internationales réalisées par les comités étudiants tels que Poly-Monde ou le Comité international de projets outre-mer (CIPO). DÉVELOPPER SON « INTELLIGENCE CULTURELLE » GRÂCE À UN STAGE INTERNATIONAL « Un terme est apparu récemment dans la liste des compétences recherchées par les employeurs : l’intelligence culturelle », annonce Esther Caouette, coordonnatrice des stages internationaux au Service stages et emplois. « Cette intelligence entre en jeu dans la capacité d’un individu à faire face à la complexité d’un contexte culturel international et à y développer son leadership. C’est un enjeu pour les entreprises d’aujourd’hui dont les projets rassemblent des équipes multiculturelles, et ce, peu importe le pays où ils sont réalisés. » Selon une étude effectuée par Léger Marketing pour Universités Canada en 2014, 82 % des employeurs qui embauchent des diplômés possédant une expérience internationale et interculturelle affirment que ces employés rendent leur entreprise plus concurrentielle. Tenant compte de cette réalité, le Service stages et emplois développe depuis cinq ans un volet de stages internationaux. « Nous informons les étudiants sur les possibilités, nous les aidons à solliciter leurs contacts pour décrocher un stage à l’étranger, nous organisons des activités de réseautage. Nous assurons aussi un suivi de l’étudiant durant son stage », rapporte M me Caouette, qui est également chargée de solliciter les entreprises afin de trouver des stages à l’international pour les étudiants LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX, UN AVANT-GOÛT DE LA MOBILITÉ Plus de 160 étudiants de Polytechnique sont partis l’an dernier étudier durant un ou, deux trimestres, ou encore en double diplôme, dans un établissement partenaire hors du Canada. Les destinations les plus prisées de ces étudiants actuellement sont l’Europe et l’Asie, constate Marianne Lafrance, agente responsable du Programme d’échanges internationaux, mais il est possible de réaliser un échange sur pratiquement tous les continents. « Ces étudiants représentent des ambassadeurs pour Polytechnique. C’est pourquoi on ne les sélectionne pas uniquement sur leur dossier scolaire. Ils doivent montrer de solides capacités d’intégration et une motivation à la fois personnelle, scolaire et professionnelle. » « Ce qui ressort massivement des rapports que nous remettent les étudiants à la fin de leur séjour, c’est leur gain en indépendance et leur confiance accrue en leur capacité à surmonter des difficultés, indique M me Lafrance. Leur expérience leur fait mener une réflexion poussée sur leur futur rôle d’ingénieur, et ils reviennent avec de meilleures compétences interculturelles. » / 6 POLY / MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1

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    JEAN-PASCAL FOUCAULT, PO 90, GÉNIE CIVIL L’INGÉNIEUR QUI SE RÉINVENTE l’année 2004 représente un moment charnière dans la vie de jean-pascal foucault. jusque-là, ce titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise recherche en génie civil menait sa carrière dans le secteur public au québec. il s’était fait un nom dans le domaine de la gestion stratégique des parcs d’actifs depuis 1999 et avait écrit un livre sur le sujet avec le p r guy leclerc (son directeur de maîtrise à polytechnique). En novembre 2003, l’Association française des ingénieurs de maintenance invite M. Foucault à donner une conférence en France. C’est l’occasion d’exposer à un public français sa vision du cycle de vie des infrastructures, qui rejoint le concept d’économie circulaire. Parmi les personnes qui assistent à la conférence se trouvent une représentante de l’Université de technologie de Compiègne (UTC), Manuela Sechilariu, directrice du laboratoire AVENUES, ainsi qu’un responsable de la maintenance des Aéroports de Paris, Bernard Chamayou. La première lui propose spontanément un poste à l’UTC; le second, un mandat de consultant. « Je me suis donné la chance d’essayer, pendant trois mois. J’ai été surpris par l’accueil chaleureux que l’UTC m’a réservé. Mon approche pragmatique, en partie façonnée par ma formation à Polytechnique, bien que détonnant un peu dans le milieu universitaire français, rencontrait un grand intérêt en France », témoigne M. Foucault. Le coup d’essai se transforme alors en installation de longue durée, une expérience qui aiguise sa capacité d’adaptation. « S’adapter à une autre culture, c’est tout réapprendre. Cela demande à la fois humilité et confiance. Je pense que ce sont des qualités très présentes chez les ingénieurs formés au Québec, c’est pourquoi ils sont capables de s’intégrer dans tous les marchés de la planète. » Alors qu’il commence à enseigner à l’UTC, il se voit confier l’implantation de son modèle de gestion des parcs d’actifs à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. « Ce projet pilote d’envergure a mis en lumière le potentiel de développement du modèle. Le président de l’UTC m’a alors encouragé à lancer une startup. » Après quelques années d’incubation à l’UTC, l’entreprise, tbmaestro, déploie ses ailes en 2011 en France. Elle produit des outils d’aide à la décision visant à générer des modèles de gestion durable des actifs immobiliers et d’infrastructures urbaines et industrielles, qui intègrent une approche cycle de vie. Aujourd’hui, l’entreprise, qui a aussi ouvert des bureaux au Québec, enregistre une croissance annuelle de 34 %. M. Foucault en a confié les rênes à une directrice, en France, et à un directeur, au Québec, mais il conserve un rôle de conseiller scientifique et technique, tout en continuant à enseigner. Par ailleurs, il termine un doctorat en économie. « Enrichir en sciences humaines son bagage apporte une nouvelle dimension à la vision de l’ingénieur. J’ai eu envie de poursuivre la formalisation de ma pensée. Ce doctorat, dirigé par un économiste de renom, le P r Yann Moulier-Boutang, représente une nouvelle aventure intellectuelle. » M. Foucault attribue la réussite de son expérience internationale à une capacité de se réinventer et de maintenir intacte son aptitude au bonheur, qui lui permet de faire face aux aléas professionnels et personnels. « J’aborde la vie comme j’aborde l’innovation : pour moi, c’est comme être au milieu de l’océan sur un bateau qu’on a bricolé soi-même. Il n’y a pas de rivage visible, on doit tracer sa propre trajectoire. » / MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1 / POLY 7 >>>

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    GRAND DOSSIER CARRIÈRE INTERNATIONALE : TÉMOIGNAGES DE DIPLÔMÉS ANNE-MARIE GIGNAC, PO 93, GÉNIE CHIMIQUE UNE ÉTAPE ITALIENNE installée aux états-unis depuis 2000, anne-marie gignac a accepté il y a trois ans le poste que son employeur, schneider electric, lui proposait en italie. une occasion pour l’ingénieure devenue gestionnaire dès le début de sa carrière de démontrer ses qualités de chef dans un nouveau contexte culturel. « Je suis responsable de la stratégie, de l’offre, de la mise en marché, ainsi que de la R et D d’une entreprise italienne acquise par Schneider Electric. L’entreprise, qui produit des systèmes de refroidissement destinés aux centres de serveurs, est située en Vénétie », explique M me Gignac. Celle-ci a tenu à apprendre l’italien pour mieux s’intégrer localement. « Ce n’était pas une exigence du poste. Je gère une équipe à l’international, avec des employés en Chine et aux États-Unis, et les communications pourraient se faire exclusivement en anglais. Mais je pensais que c’était important pour gagner la confiance de l’équipe sur place. Ici, on dit qu’il vaut mieux parler un mauvais italien qu’un bon anglais. » Ses responsabilités sont particulièrement exigeantes, mais l’adaptation au mode de vie italien et aux relations sociales dans son entreprise s’est faite sans heurts pour M me Gignac. « En tant que Québécoise, j’ai trouvé assez facile de me transplanter en Italie, sans doute par affinités culturelles. Il faut dire que mon mari est d’origine italienne. Et puis le pays est un des meilleurs endroits pour vivre. Nous habitons dans les environs de Venise, c’est magnifique et on sait y profiter de la vie ! » C’est donc avec un petit pincement au cœur qu’elle songe à sa prochaine affectation qui l’amènera de nouveau aux États-Unis dans quelques mois. « Je vais travailler à Boston, une belle ville, et mes prochains défis professionnels vont être tout aussi passionnants qu’ici. « Mais les gens que je côtoie actuellement vont me manquer. Jamais je ne m’étais autant attachée à une équipe. C’est sûr, je vais laisser une part de mon cœur en Italie ! » Une mobilité professionnelle telle que la sienne est encouragée par son employeur, qui facilite l’installation de ses employés mutés dans un autre pays. « Parmi mes collègues, nombreux sont les "expatriés de carrière" tels que moi. C’est une réalité d’aujourd’hui dans les grands groupes comme Schneider Electric. Je crois d’ailleurs que les ingénieurs sont particulièrement aptes à réussir leurs expériences de vie et de travail au sein d’autres cultures, car ils sont curieux de nature et formés à être des acteurs de changement », estime M me Gignac. « Dans tous les cas, c’est une chance à saisir. L’expérience est irremplaçable et inoubliable. S’expatrier nous apprend à être moins inquiets face à l’avenir, en nous rendant plus flexibles et plus tolérants au risque. » / 8 POLY / MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1

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    PATRICK PELLETIER, PO 93, GÉNIE CIVIL VENDEUR D’AVIONS patrick pelletier n’est pas du genre à tourner le dos à une occasion d’évoluer même s’il doit pour cela sortir de sa zone de confort. « j’étais attiré par l’univers de l’aéronautique, mais lorsque j’étais jeune, je n’avais pas imaginé travailler dans ce domaine. ni même faire une carrière à l’international, d’ailleurs », commente ce diplômé en génie civil établi dans la région de toulouse, aujourd’hui responsable des ventes d’avions privés airbus sur les marchés d’europe de l’est et d’asie centrale. DIRE OUI À DE NOUVEAUX DÉFIS « L’année où j’ai obtenu mon baccalauréat, de grandes écoles de commerce françaises étaient venues à Polytechnique faire une présentation de leurs formations aux cycles supérieurs. Nous étions en 1993 et le marché de l’emploi dans le secteur du génie civil était morose. Je me suis dit : "Pourquoi pas ? Cela pourrait m’ouvrir des portes." C’est ainsi que je suis parti faire une maîtrise au Centre d’enseignement et de recherche appliqués au management (CERAM) à Sophia Antipolis, dans le sud de la France.. En 1996, je suis entré chez Accenture, où j’ai travaillé comme consultant informatique. En 2003, lorsque l’occasion de travailler chez Airbus s’est présentée, même s’il s’agissait d’un nouveau domaine pour moi, j’ai foncé. » Les responsabilités de M. Pelletier couvrent le processus de vente de A à Z des appareils, ce qui implique de diriger les différentes étapes de la campagne de vente, convaincre les clients et leurs décideurs, mais aussi de coordonner les interventions des experts dans les différentes phases de discussions, dont les études économiques et de performance de l’avion, la maintenance et l’aménagement intérieur. Il est heureux de pouvoir s’appuyer sur ses compétences d’ingénieur. « Un avion n’est pas un produit comme les autres, c’est hypertechnique. Il est important que je sache parler le même langage que les ingénieurs et les techniciens des divers services qui interviennent. De plus, mes études en génie m’ont formé à la gestion de projet et à la recherche de solutions pérennes pour répondre aux demandes des clients. Et ceux-ci peuvent se montrer très exigeants ! Il faut faire preuve de créativité et de flexibilité en composant avec de nombreuses contraintes techniques, ce que le génie nous enseigne à faire. » UNE VOCATION INTERNATIONALE SE CULTIVE M. Pelletier a parcouru le globe depuis qu’il travaille pour Airbus. Ne plus évoluer dans un milieu aussi international et multiculturel que celui de l’aéronautique lui serait aujourd’hui inconcevable. « Cela confère une grande ouverture d’esprit et une conscience aiguisée des enjeux culturels dans une négociation d’affaires. Par exemple, ce que l’on considère être pratique ou esthétique n’est pas universel », témoigne-t-il, et de relater en souriant l’anecdote d’un client qui tenait à ce que les boucles des ceintures de sécurité de son appareil soient en or pur. Pour s’initier à ces enjeux culturels, les étudiants en génie devraient saisir les occasions de réaliser des stages, des missions ou des échanges internationaux, pense-t-il. Il leur recommande aussi de s’interroger sur leurs motivations lorsqu’ils projettent de travailler à l’étranger. « Il faut savoir qu’on va être confronté à des risques, à de l’inconnu. Il convient de se demander quelles capacités et quels talents on va pouvoir mettre en œuvre. » / MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1 / POLY 9 >>>

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    GRAND DOSSIER CARRIÈRE INTERNATIONALE : TÉMOIGNAGES DE DIPLÔMÉS MICHÈLE LAMARRE, PO 82, GÉNIE CIVIL UNE ÉCRIVAINE EN HABITS D’INGÉNIEURE attachée à ses valeurs humanistes, michèle lamarre est parvenue à concilier une carrière passionnante d’ingénieure, une vie de famille bien remplie et de nombreux accomplissements intellectuels. son secret? une passion et une curiosité gardées intactes, ainsi que le sens des priorités. DÉPISTEUSE DES RISQUES POSÉS PAR LES CATASTROPHES NATURELLES Après ses études de baccalauréat en génie civil à Polytechnique (une voie toute naturelle quand on est la fille de Bernard Lamarre, une grande figure du génie civil québécois), M me Lamarre travaille en tant qu’ingénieure en structures dans l’entreprise de son père, Lavalin, à Toronto et au Guatemala. En 1984, elle part en Californie accomplir des études supérieures à la prestigieuse Université Stanford. « J’avais en tête de me spécialiser dans les structures de plateformes de forage, mais j’ai pris finalement une autre voie : le génie sismique. Je me suis découvert une passion pour les catastrophes naturelles ! » Son projet de thèse est consacré à la conception d’un outil de modélisation pour évaluer les risques sismiques sur tout le territoire californien. Son professeur crée l’entreprise Risk Management Solutions pour commercialiser l’outil. Michèle Lamarre préfère toutefois tenter sa chance à New York avec Brent, un Canadien rencontré à Stanford, où elle conçoit des ponts et des antennes radio chez Ammann & Whitney. « À New York, en tant qu’ingénieurs, nous manquions de défis stimulants; nous sommes donc revenus au Canada deux ans plus tard. » Le couple se marie et passe les quatre années suivantes au Québec. Mais M me Lamarre, qui fait du design de gratteciel à Lavalin, s’ennuie du génie sismique. Elle se réjouit de repartir en Californie où son mari, inventeur de technologies, souhaite commercialiser des brevets. Cette fois, elle rejoint l’équipe de Risk Management Solutions. « Nos outils de modélisation permettaient d’évaluer et de prévenir les dommages de nombreux risques naturels. La demande était forte sur le marché international. Comme on m’avait confié les fonctions de marketing et de développement commercial, j’ai énormément voyagé pendant plusieurs années. » UN NOUVEL ÉQUILIBRE ET UN NOUVEL HORIZON Sous le soleil californien, la dolce vita n’est pas de mise pour qui veut réussir professionnellement. « Dans cette région, créativité et esprit d’innovation vont de pair avec un sens féroce de la compétition. Pour réussir ici, il faut travailler avec acharnement, exceller, et le faire savoir ! » Le succès professionnel n’est pas tout pour M me Lamarre, qui s’appuie sur son solide sens de l’organisation afin de rester très présente auprès de ses enfants. « Lorsqu’ils atteignent l’âge d’entrer au collège, les jeunes Américains se retrouvent souvent éloignés de leur famille. Leur apprentissage de la vie se fait sans leurs parents. Ce n’est pas ce que je souhaitais pour mes enfants. Afin de leur donner le meilleur soutien possible, j’ai assumé de ne pas enchaîner les longues heures le soir au bureau, à la différence de mes jeunes collègues. » Bon sang ne saurait mentir, car son fils et sa fille étudient tous deux à Stanford aujourd’hui. Les années n’ont pas tari la soif de nouveaux horizons de Michèle Lamarre. Et c’est désormais l’écriture qui est son territoire d’exploration. En 2005, elle obtient une maîtrise en écriture créative et enseigne depuis dans ce domaine. Elle s’apprête à publier un recueil de nouvelles et un roman. / 10 POLY / MARS 2017 / Volume 14 / Numéro 1

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